DES HOMMES LE JOUU DE PAQUES
religion, c'est toujours la même chose : la division, la séparation, la dispersion. Mais nous, nous tous déjà unis dans la vérité, nous voici dans l'unité de l'amour de Jésus-Christ ; nous voici dans son cœur ! Ah ! demeurons là, mes chers frères, je vous en prie ; attachonsnous tous à ce cœur divin et humain tout ensemble. Ah ! il y a bien longtemps que je travaille à cette œuvre apostolique et traternelle : vous amener tous à ce centre divin du vrai christianisme. Car, remarquez-le bien, si je n'ai pas toujours porté sur mes lèvres une parole aussi directement et formellement chrétienne que Tambitionnait mon cœur d'apôtre, jamais pourtant, vous en êtes les témoins, je n'ai ni voulu ni cherché autre chose : le progrès par le christianisme ', c'est-à-dire par Jésus-Christ et en Jésus-Clirist Notre-Seignenr ; et telle fut toujours ma souveraine ambition : vous faire croître et croître encore, de toutes les manières, dans le Christ, qui est le principe et le terme de tout progrès : crescamus in illo per omnia , qui est caput Christus. Depuis dix-huit ans, je ne vous dis pas autre chose ; et je voudrais finir comme j'ai commencé. Ah! oui, je voudrais
VOUS faire embrasser tous Notre-Seigneur Jésus- Christ, mais de cet embrassement sympathique, de cet embrassement profond, de cet embrassement invincible auquel désormais rien ne vous puisse arracher.
Oui, mes frères, attacher vos intelligences à la pensée de notre Christ, attacher vos volontés à la souveraineté de notre Christ, attacher vos cœurs au cœur de notre Christ, et là, réaliser la grande unité chrétienne, le grand mot de saint Paul, muJti unum. siimiis in Christo : ce fut l'unique et la constante ambition de mon apostolat. Et. puisque vous y voilà tous, dans le cœur de Jésus-Christ, ah î je vous en conjure, demeurez là ; demeurez là tous ; demeurez là toujours au vrai centre de votre christianisme ; car il n'y en a pas d'autre ; et que là s'accomplisse dans toute sa perfection l'idéal de notre unité : coi' iinum et anima una !
Mais je veux faire à vos âmes et à votre cœur un autre appel encore; je veux vous dire: Non-seulement demeurez dans le cœur du Christ, pour être dans la vraie religion, c'est-à-dire dans la vraie communion des âmes avec Dieu ; laissez-moi ajouter : demeurez dans le cœur de
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l'Église, pour être avec elle et par elle dans le vrai christianisme. Il n'y a pas deux christianismes, il n'y en a qu'un : le christianisme catholique, apostolique et romain, le vrai christianisme, la sainte Éghse dont je vous ai parlé cette année et dans les conférences et dans la retraite elle-même.
Mettons là nos cœurs, dans le cœur d'une mère; reposons là nos intelligences, dans la pensée d'une mère ; abaissons là nos volontés, sous la parole d'une mère ; et réahsons ainsi la grande union catholi(]ue dans le cœur de la sainte Église catholique !
Ah ! que de choses icij'aurais eues à vous dire ! que de souvenirs à évoquer, quelle incomparable histoire à dérouler sous vos yeux, pour vous faire apprécier, comme il devrait l'être, le bienfait de notre unité cathoHque! Ici encore^ même sans sortir du christianisme, en dehors de l'Église, quel spectacle de séparation et de division est partout offert à vos regards! Comptez, si vous le pouvez, toutes les divisions, tous les fractionnements , toutes les pulvérisations. En dehors de nous, vraiment il n'y a que de la poussière, et sur cette poussière rien qui
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se soutienne. Mais voici Tunité : croire à TÉglise, c'est-à-dire reposer son intelligence sur la parole de TÉglise ; obéir à l'Église, c'està-dire soumettre sa volonté à l'autorité de l'Église ; respecter l'Église, c'est-à-dire environner de notre filiale vénération l'Église et toutes ses grandeurs; et par dessus tout aimer l'Église, reposer nos cœurs dans son cœur : voilà le secret de la grande unité catholique.
Mais, mes frères, je ne finirai pas sans vous dire qu'il y a un autre point qui nous doit unir encore, et nous unir d'une union plus visible, point éminemment central et unitaire, le cœur d'un père, le cœur du Saint-Père, le cœur de notre grand Pontife. Oui, tout ainsi qu'il n'y a pas de vraie religion ni de vraie communion des âmes en dehors du christianisme ; tout ainsi qu'il n'y a pas de véritable christianisme en dehors de l'Église; il n'y a pas de véritable Éghse ni de véritable unité catholique en dehors de Pierre, le centre, la base et le fondement de l'Église ; et c'est ici le lieu de vous rappeler cette parole devenue justement célèbre dans la catholicité : « Uhi Petrus, ibi Ecdesia. Là où est Pierre, là est l'Église. »