Devoirs du citoyen [microforme]
Il y a quatorze ans, dans un jour consacré comme celuici, à décerner la récompense au travail des élèves, les restes du vénérablo fondateur de ce Collége étsient transportés solennellement de l’église dont il avait été le pasteur, en cette institution que sa main généreuse a élevée. Un con-
cours immense venait en cette occasion rendre un glorieux.
hommage à la mémoire de ce bienfaiteur insigne de la jeunesse de son pays. Son éloge fut prononcé : on y rappela son zèle pour les âmes qui lui inspira la pensée d'établir une institution où put se recruter le clergé, alors surtout trop peu nombreux pour les besoins spirituels qui réclamaient son ministère. Il fut dit ensuite :
‘ Sans doute établir une pépinière pour le sacerdoce a été la principale intention de Messire Girouard dans la fonda tion du Collège ; celle-ci toutefois a eu une autre idée dans son objet. ............Il sentait Jes besoins de son pays ; il voyait ses compatriotes en danger de perdre leur nationalité ; il craignait qu’ils ne fussent absorbés au milieu des populations d'une autre origine, d’une autre croyancc religieuse, qui les envahissaient,en se développant dans le pays mème, ou en faisant irruption des frontières américaines, et
qu’ils ne fussent bientôt forcés d’abdiquer et leur langue, et
lear foi, et leur caractère distinctif comme peuple... Il sentait que le pays avait besoin de défenseurs, et que l'éducation seule pouvait relever sa race, et la soustraire à une infériorité dans laquelle on chorcherait
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longtemps encore peut-être à la maintenir..…..Dieu et le pays à servir par la fondation du Collége, voilà toute la ponsée de Messire Girouard."
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Souvent, il nous est dit : Ilen est parmi vous qui sont appelésau ministère des autels ; que ceux là soient fidèles à leur vocation ; qu'ilsse préparent à la sainte fonction d'étendre l'empire de Dieu aur les âmes Mais il nous est aussi répété : un grand nombre d’entre vous vivront dans la société laïque ; ils auront de graves devoirs à remplir ; lu patrie réclamera leurs services; qu'ils mettent à profit l'éducation qu'ils reçoivent, afin de pouvoir travailler eff cacement à ea prospérité et à sa gloire.
Pour nous méttre en état de nous acquitter de nos obligations socialés, un enseignement nous est donné sur les vertus que doit pratiquer le citoyen. C’est l’ensemble de ces leçons que nous venons vous exposer dans cette circonstance solennelle. Nos maîtres ont voulu les fixer dans notre esprit et notre cœur par cette sorte de répétition publique, et nous forcer à les observer par cette adhésion à leur doctrine, exprimée devant nos parents qui sauront
nous la rappeler, devant l'autorité ecclésiastique, gardienne
de toute morale, et devant ces membres distingués de la société civile dont l'exemple devra confirmer l’enseignement que nous avons réçu.
Nous venons considérer devant vous les qualités que doit avoir le citoyen appelé à servir la société dans les diverses charges dont il peut être revêtu. Pour que la patrie reçoive de lui des servives qui contribuent à sa prospérité, il lui faut une haute éducation, un travail assidu, une probité à toute épreuve, un généreux dévouement, une foi vive et ferme qui en fasse, au besoin, le défenseur des intérêts religieux. C’est la démonstration de cette assertion qui vu faire l’obiet des discours que vous allez entendre.
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Il est souvent répété dans ce sièele qui vante les progrès de la civilisation et des lumières, que l'éducation classiqué est peu utile à la société, que tout au. plus elle peut être le partage d’un petit nombre d'hommes, et que Îles études doiventse concentrer presque exclusivenient sur ce qui favorise l'industrie, et amène l'accroissement de la richesse.” C’est tout simplèment dire que dans l’homme l'esprit doit être immolé à la matière, et que les jouissances intellectnelles ne valent pas celles que les sens peuvent trouver dans les satisfactions que donne la fortune. Un éminent philosophé de ce sièclo a déäni l’homme ; une intelligerice servie par desorganés. A cette définition il faudrait substituer celle-ci : l’homme est un corps servi par l'intelligence ; c'est à dire qne la puissance spirituelle dans l'homme 4 pour fonction de chercher les moyens de procurer au corps ce qui lui serait le plus agréable, C’est là en effet, que se résout,en dernière analyse,la protestation si souvent élevée contre les études classiques. Nous ne saurions trop énesgiquement repousser üne assértion, quitend à abaisser l’homme au lieu de l’élever, et à faire rétrograder, dans un avenir plus ou moins prochain, la société vers l'ignorance et la barbarie.
Sans doute l'éducation classique ne saurait être générale; mais elle doit être le partage de céux qui, dans une société, occupent les rangs élevés, et cela à cause de l'illustration qu'elle jette sur eux et leur pays, et de: services plus efficaces qu'elle leur permet de rendre à leurs compatriotes.
L'intelligence est avide de savoir; toute connaissance qu'elle acquiert est une satisfaction pour elle; elle doit donc
jouir, à proportion de la science qu'elle possède. L'éduca-.
tion classique qui donne tant de notions variées, qui offre la solution à tant de questions que pose l'ignorance est, si on la suppose saine et bien dirigée, un élément puissant du bonheur de homme; elle ennoblit son intelligence en l'éle: vant au-dessus du commun des esprits ; elle agrandit le domaine de sa pensée ; elle élargit la sphère où s‘exerce son activité , elle lui ouvre de vastes horisons qui offrent à son
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regard une contemplation pleine d'agrément et d'utilité. Qui de nous voudrait renoncer aux connaissances qu'il « acquises, et regrette le labeur à l'aide duquel il s'en est enrichi ?
Les études classiques habituent à la réflexion, à l‘exorcico du jugement, dans cette attention soutenue,ce travail de comparaison, ces efforts do l'esprit pour se dégager des diflcultés qu'il rencontre, que demande la traduction des langues anciennes dont le génie ot la syntaxe sont si diffé. rents des langues modernes. L'esprit qui n'aura pas été livré, au temps de l'éducation, à ce rude labeur, ne sera pas généralement parlant, fortement trempé. Le talent naturel pout sans doute beaucoup par lui-même, mais il doit à l'étude une force plus puissante, une tendance plus élevée, wne direction propre à le préserver d‘égarements.
La connaissance de l'antiquité initie à cette littérature de la Grèce et de Rome qui, malgré la sphère étroite et souvent immorale où le paganisme la renfermait, offre à l'admiration des œuvres de génie et do goût, dignes d'être counues ct étudiées. Elle présente dans l'état social des peuples anciens une matière à de profondes réflexions pour l'homme politique, et elle donne une preuve éclatante de la nécessité de la révélation chrétienne. Enfin l'étude de la langue latine et de la langue grecque a le précieux avantage de faire comprendre l’admirable liturgie de l'Eglise et de. donner l'étymologie d’un grand nombre de mots de notre langue et de la nomenclature des sciences diverses.
L'histoire ancienne et moderne occupe une large part dans l'enseignement collégial. Source de connaissances aussi agréables qu‘utiles, bâse nécessaire de toutes les sciences sociales, leçons de préceptes ou d‘enseignements salutaires, matière feconde ouverte aux observations du philosophe, aux travaux du littérateur, aliment de la science et de l'art, l'histoire est l‘un des plus importants objets offerts à l'étude de l‘homme. Quiconque ne connait pas le passé, doit comprendre peu le présent et ne rien voir dans l'avenir. L'histoire répand partout uno vive lumière qui éclaire tous les domaines de la science, et se reflète sur les divers objets
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des connaissances humaines. Toute théorie sociale n‘a-t-elle pas nécessairement son criterium dans l'histoire ? La politique, la jurisprudence, la législation ne peuvent avoir un
guide plus sûr que l‘expérience des siècles passés, Il y a trois mille ans le plus sage des ‘hommes disait : Il n‘y a rien de nouveau sous le soleil. Qui est ce qui a été ? Ce qui sera Ml sub sole novum. Quid est quod. fuit ? ipsum quod futurum est. Oui à cetto période avancée de la vie de l‘humanité on peut dire que des faits semblables à ceux qui se produiront dans l'avenir ont eu lieu dans le passé. Duns.cette longue existence, le genre humain a éprouvé toutes les doctrines, mis en pratique toutes les théories ; il a essayé toutes les formes de gouvernement, et s‘il est susceptible d‘une amélioration morale, ce ne peut guère être par des éléments nouveaux. Mais l'expérience des doctrines diverses qu'il a subies doit lui “faire connaitre quelles sont celles qui donnent la force et la santé sociales et celles qui renferment un germe de destruction: de sorte que l'espérance d‘une vie plus heureuse se trouve pour lui précisément dans les leçons que lui donnent les jours d'un autre âge. L'histoire n‘est donc pas seulement la connaissance du passé, elle est encore jusqu'à un certain point celle de l‘avenir. Et quiconque aujourd'hui, philosophe, publieiste, législateur, a un enseignement, une théorie quelconque à présentor à la société, doit remonter, par l'histoire, le cours des siècles passés, et voir si leurs flots ont coulé troublés ou limpides sous l'influence de doctrines semblables.
A la science de l‘histoire il faut joindre le goùt de la grande et saine littérature, connaître les chefsd'œuvre qu‘on apprend à admirer au collège. Cette lecture agrandit les idées et donne de la noblesse et de l'élévation au sentiment. Combien d‘âmes auraient subi le joug des vices ignominieux, si l'amour des lettres, les dérobant à une dangereuse oisiveté ou à des compagnies grossières, ne leur eut donné une forte inclinafion vers tout ce qui est beau et tout ce qui est grand ! Etrien ne console dans les désenchantements de la vie, dans les mécomptes de la carriére politique comme ces-études calmes, pacifiques, qui exercent
l'activité de l'intelligence sans troubler son repos. La plupart des hommes d'Etat d‘Angleterro ont été remarquables par leurs connaissances classiques. Plusieurs d'entrée eux se.sont fait un nom par deë travaux donit les lettres ont été lobjet ; je nommerai entre autres Lord Derby,M. D'Isracli, et j'ajouterai M. Gladstone, malgré Mabus qu'il vient de faire de son talent d'écrivain.
T1 y a vingt-sept ans, la solennité de la distribution des prix dans ce Collége était présidé par le Gouverneur-Général des possessions britanniques sur ce continent, Lord Elgin, Une discussion sur la civilisation ancienne et la civilisation moderne comparées fut entendue ; des discours sur d'autres matières furent prononcés. Quant tout fut fini, le Gouverneur demanda la permission de monter sur le théâtre, et là, il fit, en français, un discours où touchant, avec beaucoup d'habileté et de délicatesse, les sujets qui avaient été traités, il fit paraître, dans une grande élégance de langage, de profondes connaissances en littérature classique, en histoire, en science sociale ; il montra aussi qu'il était au fait de l’apologétique chrétienne contemporaine en citant, avec adhésion, des parrles empruntées aux conférences du P. Lacordaire. Comme cet éclat littéraire, qui jaïlissait glorieusement sur luien ce moment, relevait l’homme d'Etat, occupant une si haute position ! T1 a donné le secrét de l’art et des connaissances que son discours exprimait, en redisant aux élèves ses longues études à Oxford, et les travaux auxquels il lui avait fallu se livrer pour sortir avec la palme du triomphe d’un examen de six heures sur les classiques latins et grecs.
Je ferai une autre observation. Dans notre état social et politique, il est un grand nombre de citoyens qui, à raison des charges qu’ils occupent, ou d’autres circonstances qui les y forcent, ont à parler en public. Et puis, beaucoup se croient appelés à écrire sur les journaux. Or, n'est-il pas à désirer que ceux à qui on impose, ou qui s'imposent ces fonctions, les remplissent de manière à se faire honneur à eux-mêmes et à leur pays ? On entend trop souvent uno parole qui n’est qu'une vaine déclamation, sans
aucune dignité, blessant même les régles élémentaires de la langue dont on se sert. Que d'écrits, communiqués aux fouilles périodiques, qui ne sont que l'expression de l'ignorance et de l'impéritie de leurs auteurs ? Notre gloire nationale pout souffrir de cette parole orale ou écrite, si peu digne d'attention et si peu propre à une influence salutaire. La culture habituelle des études classiques, la lecture assilue d'ouvrages sérieux éleveront la pensée, et donneront à: L, parole l’élégance ou du moins la correction qu'elle doit avoir.
Qui pourrait nier l'utilité des études philosophiques pour l’homme appelé «1x hautes fonctions sociales ? La logique produit la justesse de la raison ; il est utile de s’habituor à resserrer se pensées dans ‘les formules concises et précises, à les coordonner et à les développer d’ane manière régulière. Par ce noyen on sait surprendre aisément l'erreur: là où elle se glisse. Crâce à l'instruction philosophique qu'il aura reçue, l'esprit aura acquis cette qualité dont on regrette trop souvent l'absence, une forte dialectique. La science de la métaphysique, puisée à des sources pures, fait. voir les premiers principes des divers ordres des connaissances humaines ; elle donne la raison des choses ; elle met dans l'esprit des notions justes sur les plus hauts pro: blèmes qui peuvent occuper l'intelligence. Mèlée essentisement à la sphère surnaturelle, elle préserve des erreurs si fatales qui peuvent atteindre la religion. L'esprit qu'éllea éclairé, appuyé sur des vérités fondamentales, sait défendre au besoin les principes de l’ordre intellectuel et moral qui sont concernés dans toute question élevée.
Si des hauteurs de la métaphysique, on descend dans les. vastes champs de la science sociale, là aussi l'étude de là: philosophie apparaîtra digne du plus vif intérêt et devra: peut-être attirer une attention plus particulière, parcequ’elle semble d’une application plus pratique. Quel est le principe de la société, la bâse sur liquelle reposent ses lois, la raison de se soumettre aux devoirs quelle éxige, les droits que l'individu peut avoir à y reclamer ? Questions capitales dont notre siècle-a vu. la discussion, soutenue de-
. -dévoués de leur pataie ; et À cause de tout.cela son influence
"la force'et de la violence, ébranler le monde des plus pénir‘bles secousses, mais que la raicon aidée de l'expérience est “appelée à décider d’une manière pacifique, pour le plus
grand bonheur.des hommes. Tout sort des doctrines, les
lois, lesa:mœurs; les divisions qui déchirent la société, les : faits divers dontse composent les fastes du monde. Si de - terribles-effets sont dus à la diffusion des doctrines perni-
- -Cieuses, qui ne voit,dans un temps où un appel est fait à
la libre émission de toutes les opinions, qui ne voit de
. quelle importanee :ik-est à l’homme qui peut exercer une
influence quelconque par la parole ou par la plume, d'avoir fait une étude approfondie de la science sociale dont une haute philosophie donne l’enseignement sous la direction
« de la religion‘?
: Les amis du progrès matériel ne trouveront rien à dire - sans doute à l'égard des Mathématiques, de la Physique, de la Chimie? N'est-ce pas à la connaissance approfondie de
. ces sciences qu'est dù le mouvement matériel dent s‘ap- : plaudit notre siécle ? Or, dans les colléges il se donne,
vous le savez, un enseignement élevé et développé qui fait
.-connaitre les lois de la nature, les transformations que la
matière pout subir, et toutes les richesses que doit produire
. “une habile exploitation du monde physique.
Vous le voyez, de fortes.études feront les hommes de la
--patrie. L'esprit cultivé par les sciences et les lettres est plus élevé, plus fort, plus apte à toutes les fonctions intel- . lectuelles. Le citoyen instruit est plus préparé à remplir d’une manière honorable les charges sociales et les devoirs
qu‘impose la vie politique. Habitué aux considérations élevées, aux profondes reflexions, il aura une raison plus <lairvoyante, plus haute dans ses vues, plus vaste dans ses conceptions ; sa parole sera incomparablement plus habile, -son mérite personnel plus digre de considération, son patriotisme plue fortement excité par les motifs divers de servir son pays que lui présentera son instruction sous bien
- des rapports, spécialement par la gloire, qu'à l‘aide de l‘his-
toire, elle lui montrera attachée aux noms des défenseurs
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sera plus puissante, plus étendue plus salutaire. Croit-on que si les colléges canadiens avaient manqué, la patrie serait ce qu'elle est aujourd’hui ; que si ceux qui en ont défendu si heureusement les intérêts n'avaient eu qu'une éducation bornée, puisée à des institutions inférieures, leur parole eut eu la même force, leur action là même habileté, leur patriotisme le même dévouement ? Eh bien, la nationalité canadienne, elle a encore des dangers à courir, des questions vitales pour elle à discuter, de fortes luttes à soutenir. Elle vaincra si elle a des athlètes munis d‘armes trempées à une solide éducation ; qu‘on me permette de le dire, les colléges sont les arsenaux de la patrie.
Par ce que je viens d‘exprimer, on le voit, une forteéducation, aidera les hommes appelés aux fonctions publiques, à les mieux remplir. Le citoyen revêtu "de hautes charges dans le gouvernement, la magistrature, les corps législatifs, relevera sa dignité par les connaissances diverses dont son intelligence aura été orné, et qu'il saura exploiter dans l'occasion. Dans les rapports qu'il pourra avoir avec les étrangers de distinction qui visiteront le pays, il contribuera à l‘honneur national par la belle instruction qui se décélerera chez lui, et qui indiquera comme les lettres et les sciences sont cultivées parmi nous.
J'‘ajouterai maintenant que celui à qui son éducation permettra d'écrire, quoiqu'il ne remplisse aucun emploi social, rendra d‘importants services à la société dont il est membre, sl sait, suivant le précepte du poëte, mêler l‘utile à l‘agréable, instruire en même temps que plaire. ’ectorem delectando, pariterque monendo. Les lumières qu'il répand sur les questions religieuses, ou sociales qu'il traite, les faits glorieux des annales de son pays qu'il rappelle, les sentiments nobles et délicats qu'il excite dans le cœur, tout cela, de toute évidence, fait de lui un citoyen éminemment utile à sa patrie.
Et puis l'éclat des lettres n'est-il pas un des éléments de cette gloire dont il faut qu'un peuple vive? Qui consenti. rait à ce que sa patrie en fut privée ? (Grâce au développement qu'a pris l'éducation au milieu de nous, uue littérature
+anadienne se forme ; elle présente déjà des nomsdistingués ; elle deviondra glorieuse si elle est encouragée. Mais los auteurs demandent des appréciateurs ; il leur fut des lecteurs qui puissent rendre justice au mérite de leurs œuvres, et déterminer par leur a;-probation de nouveaux travaux de leurs parts qui tournem } la gloire de la ‘patrie. Evidemment une littérature n'est possible dans un pays, qu‘autant qu‘il s‘y trouve un nombre considérable d‘hommes qui aiment les lettres. Plus l'éducation répand de connaissances, plus le goût se forme, plus le talent est porté à s‘éveiller et à recevoir une impulsion qui lui permette de prendre tout son eS8Or’,
Sans doute la classe amie des lettres n'est toujours qu'une partie minime d‘un peuple : mais c'est elle qui, après tout, fait l'esprit de la nation, lui donne sa gloire et détermine ses destinées.
L'industrie mérité des encouragements dans un pays nouveau comme le nôtre ; les richesses de notre sol ont besoins d'être exploitées : le commerce est une source de prospérité qui doit couler plus largement encore, et surtout l‘agriculture réclame à grands cris des bras qui l‘exercent, des avis éclairés qui la dirigent, un dévouement qui se consacre à remuer la glèbe de la patrie, plutôt qu'à aller chercher sur une terre étrangère un peu d‘or qu‘on ne ramasse qu'avec un travail pénible et peu honorable, et qui n‘enrichit presque jamais.
À ces éléments de la prospérité nationale, il faut porter un intérêt puissant, et offrir une instruction qui puisse les développer. Au reste une éducation classique ne ferait que donner un plus grand honneur, une plus forte aptitude à leurs emplois, en même tomps qu‘un noble délassement à leurs travaux, aux citoyens qui se distinguent par leur habileté et lenrs succès dans l'industrie, le commerce #t l'exploitation du sol. C'est une erreur dé croire qu'une
instruction littéraire soit utile seulement aux classes dites .
professionnelles.
Mais qu'on n'oublie pas que dans tout corps, la tête est la partie principale, quec‘est d'elle que dépend toute la
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