‹ Devoirs et périls biologiques [microform]Chapitre 15 sur 135 · La finalité biologique individuelle · texte numérisé non relu

La finalité biologique individuelle

Des données de physiopathologie exposées dans le chapi- Ire précédent il est facile de déduire les devoirs biologiques du premier groupe, c'est-à-dire les devoirs relatifs au respect et à Tamour que nous avons de notre vie individuelle

propre.

J'ai dit, dons la première partie, que les devoirs biologiques résultent de la combinaison et de l'association des

idées-lois universelles de la conduite humaine (idées de

bien et de devoir obligatoire) avec les idées-lois plus particulières, découvertes et établies par la Biologie humaine. Dans le cas particulier, cette dernière idée-loi peut être

définie idée-loi de la finalité biologique individuelle.

L'instinct de conservation, l'amour et le respect de sa vie individuelle, que nous avons étudiés dans le chapitre précédent, constituent bien une idée-loi, une idée-force, une

tendance active de la vie individuelle à se conserver, à se défendre, à se développer et à s'accroître chez chaque individu.

Malapert rapproche la tendance de l'instinct et la définit

Grasset. — Devoirs et périls biol. 6

8i , DEVOIRS BIOLOGIQUES INDIVIDUELS

« une aptitude motrice en des mouvements latents » ou mieux « une disposition naturelle ou acquise a exercer certaines fonctions délinies, à produire certaines séries de phénomènes d'ordre biologique, biopsychologique et psychologique, tenant à la constitution organique et mentale de l'individu ». Parmi ces tendances, certaines sont « innées, primitives, des aptitudes que l'individu apporte avec lui à sa naissance » ; en tête de ces dernières, Paulhan place les

« tendances ayant pour tin l'individu : 1" se rapportant à la vie organique (besoin de boire, de manger, etc.); 2^ se rapportant à la conservation de l'espèce (appétit sexuel); 3« se rapportant à la vie mentale (exercice des sens, de

rintellîgence, etc.). »

De même, Ribot divise les tendances primitives, fondamentales, en trois classes : 1" tendances se rapportant à la vie de nutrition ; elles sont proprement biologiques et se

réfèrent à trois moments principaux : recevoir, assimiler, restituer (besoin de manger, déboire, de respirer; digestion, circulation, sécrétions, excrétions); 2« tendances se rapportant à la vie de relation ; elles forment la transition entre le

biologique pur et le psycbologique t^t se réfèrent soit à la motricité (besoin de se mouvoir), soit à l'exercice des divers sens ; 3° tendances proprement psychologiques, ayant pour

centre l'individu en tant qu'être conscient... Ribot en compte

sept fondamentales savoir : a. l'instinct de conservation sous sa forme défensive, se manifestant par l'émotion de la peur; ô. l'instinct de conservation sous la forme offensive,

se manifestant par l'émotion de la colère ; c. la sympathie

et rémotion tendre; e/. Tamour du jeu; e. la curiosité ; /*, Tamour de soi (au sens psychologique); y. Tappétit

sexuel,

Malaperl divise ces tendances en quatre classes, dont les

deux premières nous intéressent ici : « 1 . à la racine même de la vie sensible, nous rencontrons toute la série des tendances à peu près exclusivement physiologiques ou besoins

DEVOIRS BIOLOGIOUES INDIVIDUELS 33

physiques, - celles qui tendent à la conscrvation de Tindi-

vidu et de l'espèce, qui se manifestent sous forme de besoins de plaisirs et de douleurs organiques et que Ton pourrait

subdiviser en trois genres, diaprés la distinction des fonctions biologiques : nutrition, reproduction, relation — 2. une seconde classe comprendrait les inclinations d^un caractère plus expressément psychologique et qui gravitent

autour de T instinct général de conservation psychologique le besoin du bien-être, la tendance à exercer les diverses

fonctions mentales au profit de f'individu même. Ce sont des penchants moraux d'un caractère personnel. Elles trouvent

leurs racines dans les précédentes et, en se conmllquant en s'enrichissant, viennent s'épanouir dans des régions plus

élevées. » ^ f

Au fond (oui le monde est d'accord pour admettre /Yrf^'efoi (le fimhté Imlonique Uldwiduelk : chaque homn,e porte e„ lu. une idée .lirectrice ou une tendance active, qui oriente tous ses ac.es vers la conservation, la d(',fense, J'accroisse

-nent et la transnnssion de sa vie propre. Cette loi biolo-^i-

'|ue s'nnpose à l'homme conm.e à tous les dtres vivants connne un caractère inhérent à sa nature même; mais elle - s'nnpose à Ihomme de œtte manière que pour certaines fonctions (d.gesiive, respiratoire, nutritive). Pour d'autres tonctions, qui sont les plus importantes (fonctions psychiques supérieures), cette môme loi ne s'impose que d'une .nan.èrccontingenteetinconstanle, en passantpar la volonté ^u..onome. De plus, ces fonctions psychiques interviennent même dans les fonctions du premier groupe (fonctions «planchmques de digestion, respiration, nutrition) ; de sorte qu en diWinttive, dans toutes les parties de la vie Immaine la lo. de finalité biologique n'est pas obéie fatalement comme

•liez es autres êtres vivants ; elle se présente seulement à la volonté de l'homme comme une chose vraie et bonne

A.ns. présentée, cette idée-loi de finahié biologique indivi' 'l".-llc rencontre lidée-loi antérieure de bien et de devoir

g4 DEVOIRS BIOLOGIQUES INDIVIDUELS

Obligatoire; les deux idées-lois se combinent ets'associen.

rf„ respect, de t amour et de l'accrotssement de sa vie individuelle chez chaque individu humain.

En d'autres termes, tout honune do.t conserve, s v e

ne pas la détruire ni la diminuer ni la raccourcu- ; .1 do.l :Lr, la développe- et raccron-e au ;'o"'^';P- j;nhvsitiue et psychique; il doit u\ pioie^ti

r tous ^l .H Js- n„it. ,ui K-™»... I. n»".-., ûdevoi,- biolcsique i„divU,>,.l ». .-.un.. .I.n. le rf«,.«antixénique.

Page 1