‹ Dévotion à la Sainte Vierge, ou, Recueil des notes qui ont servi de bases aux différens sujets traités sur cette matière dans le cours des missions, retraites, etcChapitre 100 sur 133 · Livre III · texte numérisé non relu

Livre III

nous pas besoin que vous nous en donniez des preuves ! combien de fois ne nous arrive-t-il pas d'avoir tellement irrité le ciel contre nous par nos infidélités et nos ingratitudes sans nombre, que nous n'osons plus lever les yeux vers les montagnes éternelles , d'où nous devions attendre le salut ; ou s'il nous reste encore assez de confiance pour oser faire monter nos prières vers le trône du Dieu vivant , combien de fois n'ëprouvons-nous pas que nos prières ont été repoussëes , et sont redescendues sur nous , accompagnées de cet anathème terrible : « Que sa prière » serve encore à augmenter le nombre » de ses péchés : » Et oratio ejusjîat in peccatiim ( Ps. îo8 ).

2.° Hélas 1 oui» combien de fois n'avonsnous pas raison de dire pour nous ce que disait autrefois Jérémie parlant de lui-même, quelque juste , quelque saint qu'il put être : Lorsque je ferai entendre la voix de mes cris , lorsque je voudrai faire monter vers mon Dieu mes prières et mes supplications , dans sa juste indignation , le Tout -Puissant repoussera ma demande. Il a fermé avec des pierres carrées la voie par où je m'élevais jusques à lui ; il a renversé mes

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rentiers , et il ne m'a plus ëte possible d'ouvrir la bouclie ; il est à mon égard comme un ours prêt à se jetet sur sa proie , ou comme un lion qui l'attend dans un li^u caché. Ce Dieu si redoutable dans ses jugemens et si terrible dans ses vengeances , a semé sur mon chem n de nombreux obstacles que je ne saurais franchir ; il m'a renfermé dans une étroite prison ; il m'a brisé eiihn , et m'a laissé dans la désolation; pourrai-je tout dire l il a tendu son arc contre moi et m'a exposé à tous les traits de sa juste fureur ; il a décoché sur moi toutes les flèches de son carquois , il m'a rempli d'amertume et ma enivré d'absinthe. Dès-lors , la paix semble avoir été bannie pour toujours de mon ame ; j'ai perdu tout sentiment de jolt^ 5 et j'ai dit en moi-même : C'en est fait de moi ; l'espérance que j'avais dans le Seigneur a fui pour toujours : Et dixi : Periit finis meus et spes mea à Domino ( Tren. 3 ).

3.^ Et telle est la situation pénible ddus laquelle nous nous trouvons fréquemment pendant la vie , ô tendre Marie 1 ô la plus compatissante des Hières 1 mais alors , mais à chaque fôi^ ^ue nsus nous trouverons dans un

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