‹ Dévotion à la Sainte Vierge, ou, Recueil des notes qui ont servi de bases aux différens sujets traités sur cette matière dans le cours des missions, retraites, etcChapitre 108 sur 133 · Livre III · texte numérisé non relu

Livre III

trefois : malheur à moi ! parce que je suis impur et que j habite au milieu d'un peuple souillé : Vce milii ! quia vir poU lutus ego sum , et in medio poputi poUuta labia habentis ego habita ( Isaie 6 , 5 ).

Cependant] éprouve un sentiment de joie intérieure qui m'anime , c'est celui de l'espérance , de la douce et divine espérance ; soutenu, encouragé et Jfortifîé par ce sentiment , mes regards , en attendant ma délivrance , se porteront désormais toujours vers vous , ô Jérusalem , ô ma patrie ! vers vous , sainte cité , demeure permanente qui renfermez dans votre sein tous les objets de mes plus chères délices et ceux de mon plus tendre amour. Périssent mes jours, si jamais je consens à vous oublier, Jérusalem , ô ma mère ! que ma langue s'attache à mon palais et que ma droite se dessèche à mes côtés, si je cesse jamais de vous donner la pre-f mière place dans mon souvenir 1 oh! non, vous serez toujours le principe de ma joie ; si l«s enfants de Babylone viennent ra'engager à prendre part à leurs chants et à leurs fêtes , je leur répondrai : comment voulez-vous que je chante sur une terre étrangère l j'ai sus-

58 DévQîion à la S, Vierge, pendu les instrumens de mon alégresse aux arbres qui couvrent de leurs tristes ombres les rives du fleuve empesté; tant que je serai condamné à vivre sur cette terre étrangère , loin de me livrer à la joie , je ne veux plus cesser de remplir les échos des accens de ma douleur , ou si quelquefois la joie peut arriver jusqu'au centre de mon cœur , ce ne sera que par le souvenir de toi , ô chère Sion ; ce ne sera ( si nion Dieu dans sa bonté daigne me faire grâce ) , ce ne sera que dans la douce espérance de voir bientôt se briser les chaînes de ma captivité , pour prendre mon vol vers les coUmes éternelles où tu fais ton séjour , afin de goûter à jamais dans ton sein , avec tous les bienheureux , les délices de leternelle béatitude que lu possèdes.

Ainsi soit-il.

FIN

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