Je sais que le monde ne man
quera pas de se déchaîner contre vous ; j
il tournera votre piété en ridicule ; il |
traitera votre sagesse de folie ; il qua- !
Hfiera votre retenue de mélancolie , '
d'exagération ou de fanatisme : mais j
c'est précisément là ce qui doit faire \ votre gloire ; ce n'est même qu'à cette
condition qu'on peut vous regarder ;
comme foncièrement vertueuse : car il '
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est dit : « Nous sommes traités de fous » et d'insensés à cause de Jésus-Christ : » Nos stiilti propler Christum (Cor. 4»
10 ). Et autre part : « Si je voulais w encore plaire aux hommes , je ne w serais pas disciple de Jésus-Christ : » Si adhuc homimbiis placerem , Chris ti sen^us non essem ( GaL i , 10).
I.'* Concluez-vous donc de là, me direz - vous , concluez -vous , d'après tout ce que vous venez de dire , qu'à l'exemple de Marie je doive rompre avec toute espèce de société, et faire, comme elle , le vœu de virginité au Seigneur? Tout le monde est-il appelé à cet état de perfection ? Et si je n'y suis pas appelée, faut -il que j'aille m'ensevelir dans un désert , pour être ignorée de tous ?
Je sais , vous répondrai-je , que cet état de la plus haute perfection ne regarde en général qu'un petit nombre :
mais alors consultez un habile directeur , pour savoir de lui si vous n'y seriez pas appelée vous - même ; si l'Esprit Saint ne vous a rien inspiré là-dessus , ce qui serait pour vous
2 20 Dêi^otlon a la S, Vierge* \\w^ grâce àç^^ plus signalées ; car combien ne serait-il pas malheureux pour vous de manquer à une grâce si privilégiée , si elle vous était offerte? Et si vous n'êtes pas appelée à un élal de perfection aussi élevé , vous vous trompez encore , en prétendant que c'est vous faire oublier de tous , que de vous tenir éloignée du monde.
La vertu cachée fut toujours celle qui brilla avec le plus d éclat, et qui fixa, avec le plus d attention, les regards de tous les gens de bien ; je dis plus , les reg.n'ds et l'estime même du monde. iP Tous les jours 1 expérience nous apprend qii^, le monde, tout méchant qu il est , quand il s'agit d'apprécier le méiite, de former ài^t^ engagemens , et de donner sa confiance à quelqu'un , s adresse ])ar préférence à une personne qui fait état de le fuir , de mépriser S3S aniasemens frivoles et les occasions dangereuses qu il offre à chaque pas , pour s'appliquer à l'acquisilion à.Q.^ vertus solides.
5.° Cette objeclion est donc toute contre vous > loin de pouvoir la prendre en votre faveur ; tant est vrai cet oracle de TEsprit Suint, faisant parler celui qui s'est appliqué à ! étude de la
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sagesse poursuivre ses sentiers : « Tous >Sf les biens me sont venus avec elle :« Venerunt autem mihi omiiia hona pariter cum illâ,
4.*^ Combien d'exemples ne trouvezvous pas dans la vie des Saints , qui vous prouvent ce c[ue j'avance ' Combien de jeunes personnes qui, à l'exemple de Marie , s'étaient appliquées à la pratique des vertus solides , loin du monde et de ses plaisirs , furent recherchées avec une foi lune médiocre, par les personnes de la plus haute distinction. Les unes contractèrent des alliances honorables ; les autres les refusèrent , ne voulant point avoir d'autre époux que Jésus- Christ.
5.° Mais tout cela ne prouve-t-ilpas que, bien loin qu'il soit avantageux , lors même qu'on devrait prendre nu autre parti que celui du célibat, d'aller s'offrir en spectacle dans le monde , de participer à toutes ses fêtes , cela devient plutôt, selon le monde même , un obstacle qui empêche d'arriver au but qu'on se serait proposé d atteindre ; c'est-à-dire , un sujet d'iiumilialion et de mépris , qui force tout ce qu'il y a dhonnête dans le monde à détourner les yeux.
6.° << Tandis qu'une fille se lient ren- » fermée dans la maison paternelle , s> remarque Saint-Arsène , tous en pari> lent avec estime , et la recherchent ji> avec empressement; mais aussitôt i> qu'elle est répandue dans le monde , ï) chacun la juge à sa manière , et il » est rare qu'elle n'y perde beaucoup » de sa considération. >>
Arsène avait vécu long -temps à la cour de Théodose , avant que de se retirer au désert ; il était par conséquent bien dans le cas de porter làdessus un bon jugement.
y.° L'objection que vous vouliez faire, n'est donc qu'une illusion de votre part ; c'est donc avec vérité que je vous l'ai dit , à l'exemple du grand Saint dont je viens de vous citer les paroles , que la personne, que la vierge qui est douée de la véritable sagesse , et qui s'est fait, dans l'éloignement du monde, un trésor de mérite , et d'un mérite bien réel , est toujours recherchée avec jalousie, tant qu'elle se tient dans l'éloignement de ce monde lui-même.
Car cet oracle de l'Esprit Saint s'accomplira toujours : Celui qui aura cherché la véritable sagesse , et qui l'aura acquise , jouira de tous les
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vrais biens , tous les vrais biens venant toujours à la suite de la sagesse : Vénérant autem niihi omnia bona jya" riter cum illâ.
Marie , vous qui êtes appelée par excellence le siège de la véritable sagesse 5 achevez vous-même , je vous en conjure , de dessiller les yeux à tant de jeunes personnes que les faux préjugés du monde , que les illusions de l'esprit et les penchans dépravés du cœur tiennent encore dans un aussi fatal aveuglement. Faites par vos prières qu'elles voient enfin la lu-» mière; que , lorsqu'elles l'auront vue , lorsqu'elles auront compris combieix leur illusion était grossière , combien funeste était leur erreur , elles s'empressent de marcher sur vos traces.
Ainsi le monde se renouvellera ; ainsi verrons-nous refleurir les mœurs ^ et nous pourons alors, sans mentir à la vérité j faisant monter nos prières vers votre trône , pour réclamer votre protection en faveur des filles de la nouvelle Sion , les qualifier, avec Saint- Augustin, de sexe pieux , ou de sexe
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dévot ; oui , et ce sera même alors dans les sentimens de la joie la plus vive que nous vous le dirons avec le saint Docteur : O Marie ! intercédez pour le sexe dévot ! Intercède pro devoto femineo sexu*