‹ Diabète HyperchloruriqueChapitre 34 sur 40 · LS FREE · texte numérisé non relu

LS FREE

Du 23 mars au 12 mai 1902, le sujet, devant la persistance de ses hématuries, entre dans le service de M. Rochet. Devant la bizarrerie de son caractère, on s’abstient de lui pratiquer aucune intervention.

re 275

LT Le

Du 4 juin 1902 au 10 janvier 1903, il à été soigné dans le service de M: Rafñin, à l'hôpital Saint-Joseph. Voici le relevé de l’observation (Loup, th. méd., Lyon, 1904, p. 154). … Actuéllement, mictions cinq à six la nuit, le jour, tou-

tes les heures. Pas d'influence de marche ou de voiture. Douleur assez variable, parfois très intense.

Urines nettement hématiques depuis trois semaines, qui auraient été claires pendant les trois ou quatre jours qui ont précédé l’entrée à l’hôpital.

Au microscope, hématies très abondantes, peu ou pas de leucocytes, pas de cristaux.

1° Analyse des urines, par M. Mérieux, a donné un résultat négatif au point de vue de la tuberculose.

De même, une inoculation'a été sans résultat.

Quantité, 2.400; chlorure, 5 gr. 90 par litre; AREA, 1 gr. 02; acide urique, 0 gr. 16; urée, 16 gr. 20 ; albumine, 0 gr. 25; sucre, 0. Pas de cristaux.

Leucocytes abondants. Quelques cellules rénales. Pas de cylindres.

2° Une seconde analyse ne donne aucun résultat positif au point de vue de la tuberculose.

Deux cobayes inoculés et sacrifiés ensuite ont donné un

. résultat négatif.

Pas d'œufs de bilharzia.

Vessie douloureuse par irradiation. Capacité, 250 grammes.

Première cystoscopie. — I] sort du sang en petite quan-

tité par l’uretère droit et en grande quantité par l’uretère gauche. Il ne saurait y avoir de doute sur l’origine birénale de l’hématurie.

Deuxième cystoscopie. — Pas de calcul ni de tumeur dans

la vessie.

Reins (le 11 juin). — A droite, loge rénale semble vide.

La gauche ne se laisse pas bien déprimer.

LE Un autre palper, le 30 juin, donne les mêmes impressions que le premier examen; le rein gauche est gros.

Séparation, appareil de Luys (1). Le 29 octobre, c’est-à- “dire trois mois après l'opération, aussitôt après l’introduction, il sort du liquide clair à droite, et du liquide nettement sanglant à gauche, puis se produisent des contractions vésicales et sous leur. influence, il passe du sang à droite. : |

Les testicules, épididymes sont normaux.

Etat général. — Le malade est gras.

11 juin. — Le malade a eu de la fièvre pendant les premiers jours de son séjour. On attend que la température ait disparu pour le sonder. Hier, la température était normale; cathétérisme avec une Nélaton, pour examiner l’hémorragie. Aujourd'hui, le sang a diminué et disparaît ‘e soir. L’urine est trouble et d'aspect purulent.

Au microscope, nombreux leucocytes; peu d’hémauics ; pas de cristaux; pas de cylindres.

La température reparaît : 41°.

19 juin. — La température a disparu au bout de vingtquatre heures.

Depuis, absence de sang dans l’urine, qui est trouble e! acide.

ή juillet. — Injection de bleu de méthylène à midi 5 centigrammes. Elimination un peu retardée : une heure et demie après et très faible.

19 juillet. — Pas de sang dans les urines qui sont purulentes.

La loge rénale est moins vide à gauche qu’à droite.

23 juillet.— À midi, une nouvelle injection de bleu de méthylène donne une élimination excessivement faible soit de bleu, soit de chromogène. |

Les deux résultats d’épreuve du bleu sont surprenants si on les compare aux résultats des analyses d’urines, ou si

on observe que le malade ne présente aucun trouble urémique.

ED) ee

On décide l’intervention avec le diagnostic de pyélo-néphrite hémorragique.

27 juillet 1902. — Opération sur le rein ganche, désigné pour l'intervention, puisqu'on le sent au palper et que le cystoscope a montré qu'il saignait.

Incision oblique lombaire : adipose énorme.

Atmosphère celluleuse énorme, de sorte que la recherche du rein est difficile. On finit par l’amener à la plaie en pincant l’atmosphère. Décollement extra-capsulaire difficile au pôle supérieur à cause de la profondeur. En ce point, c'est la capsule qui se décolle, recouverte par du tissu de périnéphrite.

Enfin, le rein est extériorisé. Pince Doyen sur le pédicule.

Le rein à une consistance plutôt flasque, comme les reins hydro-néphrétique à épaisseur diminuée.

Semble plus long et un peu bosselé. En certains points, l'atmosphère celluleuse adhère.

Incision sur le bord convexe d’un pôle à l’autre.

Les calices sont un peu dilatés; il ne s’écoule pas de liquide ; les couches corticale et médullaire sont atrophiées.

Rein présentant l’aspect de néphrite interstitielle.

On en sectionne deux fragments, dont un est constitué par un nodule de couleur foncée. Pas de kystes.

A la partie postérieure du pôle inférieur, un petit noyau que l’on croit être un gravier, gros comme une lentille, dûr, criant sous la curette qui le fait disparaître. S'agit-il d’un noyau cicatriciel, ou d’un gravier ? Dans ce dernier cas, 1l se serait effrité sous la curette et on en aurait senti les fragments, d'autant plus que, étant récent, il aurait été petit.

Examen de la pièce (Mérieux).— Il s’agit d’un rein infectieux avec lésions glomérulaires ét canaliculaires. Les nodules sont des points de nécrose souvent sans structure. Pas de tuberculose.

Suture au Répin : 1° points au centre, un drain et une

APE" VAR mèche. En enlevant la pince, hémorragie qui s'arrête par la compression. Le rein est refoulé; trois compresses autour.

30 août. — Le rein est fistuleux, mais actuellement le doigt ne pénètre pas profondément. Il n’y a pas de sang dans les urines, sauf une seule fois où M. Rafin met le doigt dans le rein.

30 octobre. — Hématurie du 2 au 5 octobre, puis du 13 au 16, du 26 au 29; cette dernière très abondante. La quan-

tité d’urine dépasse chaque jour 3 litfes. |

Avant, le malade a souffert violemment de la région rénale gauche sans douleur vésicale. A droite, le malade aurait eu quelques sensations de pesanteur dans le rein droit depuis un mois.

Il est à noter que l’urine n’a pas été sanglante durant les deux mois qui ont suivi l'opération.

3 décembre. — Depuis le 2 novembre, plus d’hématurie, mais urines très troubles. Polyurie, 3 à 4 litres.

Plaie complètement cicatrisée. Un peu de ballottement rénal à gauche. .

6 décembre. — Le malade urine cinq ou six fois la nuit, urines troubles, purulentes, réaction acide. Capacité vésicale, 200 grammes. Lavage nitraté 25 p. 1.000.

10 janvier 1903. — Le malade est congédié par l’administration.

12 octobre. — À vu du sang dans son urine d’une façon constante jusqu’au 28 juin, depuis lors, un peu moins régulièrement.

Aujourd'hui, urines troubles, globules blancs et globules rouges, Ceux-C1 prédominant.

Mictions toutes les heures, nuit et jour, non douloureuses.

Etat général. — Toujours le même, c’est-à-dire assez bon:

Juillet 1903. — St... fait un séjour dans le service de M. Jaboulay. Aux dires imprécis du malade, il est probable

qu'on est intervenu pour réduire une éventration consécutive à la cystostomie.

Séjour au Perron (25 octobre 1905). — Il est admis à l’hospice du Perron, où ses hématuries persistent toujours.

10 novembre 1906. — Le malade présente en ce moment une hématurie assez foncée. Le sang examiné présente une grande quantité de globules rouges.

3 juin 1907. — Le malade présente, depuis deux jours, une nouvelle hématurie. Il a d’ailleurs présenté entre celleci et la dernière signalée trois ou quatre hématuries qui n’ont pas été notées. :

4 juin. — L’'hématurie paraît avoir cessé avant-hier. On examine à nouveau les urines. Celles-ci sont pâles, fréquemment troubles. Centrifugées, et examinées sans coloration et avec coloration au bleu de méthylène, on y constate un certain nombre de globules rouges, une quantité assez notable de globules blancs, qui nous apparaissent crénelés, entourés de petites vésicules.

10 juin. — Le malade accuse une pollakiurie énorme ; 1l urine très souvent la nuit, tous les trois quarts d’heures, dit-il.

3 décembre. — Urines claires. Le 4, hématurie très abondante. Du 5 au 14, hématurie. Le 15, urine peu colorée. Le 16, couleur rose sale. Le 17, jaune louche.

Pendant ce temps, le taux des urines est autour de 3 lit. 300.

31 décembre et 1* janvier 1908. — Légère hématurie.

2 au 25 janvier. — Urine non sanglante autour de 3 lit. 400.

23 janvier. — Légèrement teintée.

27 au 30 janvier. — Hématurie.

31 janvier. — Cessation brusque de l’hématurie.

1% au 3 février. — Urine non teintée.

4 février. — Hématurie brusque qui dure jusqu’au 9.

ms =

Mais alors que les trois premiers jours le sang est extrêmement abondant et les urines rouge vif, avec de gros caillots, elles sont à peine teintées le 8, et le 9 encore moins, pour redevenir non sanglantes le 10, mais troubles et purulentes.

La quantité d'urine, soigneusement mesurée durant toute cette période, est de 3 lit. 300 à 3 lit: 600.

6 février. — Expérience de dialyse (v. p. 89, exp. VI).

10 février. — En somme, depuis quelques mois, le malade à eu plusieurs hématuries. La dernière a duré quatre ou eiñq jours et s’est accompagnée de douleurs dans les reins, de coliques néphrétiques et a abouti à l’expulsion de longs filaments blanchâtres.

5 février. — Klévation de la température : 39°. La veille, le malade avait eu frissons, malaise général, douleurs lombaires, sensation de fièvre.

Le malade souffre beaucoup non pas en urinant les eaillots, mais avant, au moment du passage de ces caillots dans l’uretère.

Dans les urines du 6, on trouve des caiïllots allongés qui semblent de pseudo-parasites formés sans doute de fibrine et de sang.

7 février. — Hématurie beaucoup moindre, sans caillots.

10 février. — Les urines ne sont plus du tout hématuriques. Elles étaient à peine teintées les deux derniers jours. Dépôt purulent aujourd’hui, comme d’ordinaire.

La température oscille entre 38°5 et 40°5 du 5 au 9 février. Le pouls est à 100. Du 9 au 11, elle s’abaisse en lysis et redevient normale.

15 et 16 février. — 38° le soir. Auparavant, 1l ne semble pas y avoir eu de fièvre. La température prise du 20 au 25 oscille entre 37°2 et 37°5.

Cœur. — Arythmie, pulsations rapprochées assez fréquentes; pas de galop, pas de souffles.

Poumon. — Rien d’anormal, sauf à la base gauche, quel-

TO ES ques râles de congestion à la fin de l'inspiration. La respiration est un peu rude.

Pouls. — 96, large, mais de tension faible.

Appareil digestif. — Toujours bon ne régime ordinaire de la salle.

Boit 1 litre de lait ;

1/2 litre de vin ?

1 litre d’eau ;

1 limonade tous les huit jours;

3 potages par jour;

1 lit. 1/2 eau alcaline par haine 1/2 litre tisane queues de cerises.

Le malade dit boire relativement peu. Se rince très souvent la bouche parce qu’il a la sensation de bouche sèche ; boit cependant entre les repas plus qu’il ne l’avoue.

Jambes. — Pas d'œdème. Pigmentation noirâtre avec hypertrophie de la couche cornée aux plis articulaires d’extension (sorte d’ichthyose). Les mains sont très sèches. Le malade transpire très peu, même en été.

Analyses bactériologigque et chimique faites au Perron.

À. —— RECHERCHES BACTÉRIOLOGIQUES

M. Paul Courmont inocule deux cobayes, l’un avec du dépôt sanglant, l’autre avec du dépôt purulent d’une autre période. Ces animaux, autopsiés, n’ont pas montré de tuberculose.

La recherche du bacille de Koch dans les crachats a été négative.

Page 1