‹ Diagnostic bactériologique post mortem au point de vue médico-légal de certaines septicémies (Travail de l’Institut médico-légal)Chapitre 31 sur 40 · EXPERIMENTATION · texte numérisé non relu

EXPERIMENTATION

Techniques employées.

Dans la conduite de notre expérimentation, nous nous sommes basés sur les conclusions du Docteur Friedrich- Wilhem Strauch, dont nous avons déjà parlé (p. 35). Cet auteur, dans ses expériences, a isolé par orére décroissant de fréquence : des streptocoques, des pnewñocoques, des coli-bacilles et des staphylocoques. Nous avons limité nos recherches à ces seuls microbes en y ajoutant pourtant le bacille du charbon, car, ainsi que le dit le Professeur Balthazard dans son Manuel de médecine légale : « Les recherches spéciales de ce microbe réussissent souvent et donnent, quel que soit l’état de la putréfaction, des résultats démonstratifs. »

Comme animaux de laboratoire, nous avons utilisé le lapin, le cobaye, le rat blanc et la souris blanche, en tenant compte de ‘la réceptivité variable de ces animaux pour les divers microbes étudiés. L’inoculation a été faite, selon les cas, de deux façons différentes. Pour les uns, nous avons injecté directement sous la peau ou-dans la cavité abdominale de l’animal le liquide microbien ou supposé tel (sang, sérosité, pus) prélevé directement sur le cadavre. Pour les autres, nous avons inoculé une émulsion de microbes, prélevés sur une culture solide, dans une solution isotonique du sérum sanguin.

L’injection faite, l'animal était mis dans une cage séparée, et nourri comme par le passé. Quand l'animal mourait, l’au-

DEEP 7 Pavel

topsie était faite au maximum six heures après la mort. Dans certains Cas, nous nous sommes contentés d'ouvrir un simple volet sur les cavités thoracique et abdominale, juste suffi-

sant pour nous permettre de prélever du sang dans les diffé-

rents organes, avec une pipette eflilée et stérile. Sitôt le prélèvement fait, la brèche était refermée et l’animal mis dans un petit cercueil en bois spécialement construit pour cet usage. Puis le cercueil refermé était déposé dehors, dans une cour.

Pour les prélèvements ultérieurs, le cercueil ayant été ouvert, nous avons employé la même technique, en observant toutes les règles d’asepsie voulues, pour éviter une contamination microbienne secondaire du cadavre.

Les frottis ou étalements sur lames de verres étaient séchés et fixés à la flamme. Pour la coloration, nous avons employé ou essayé plusieurs méthodes : d’abord le bleu de méthylène à 1 p. 100, sur lequel nous n’insistons pas; puis la méthode de Gram, qui nous a donné les résultats les plus fidèles et les plus constants. Nous avons, pour certains microbes, essayé la méthode de Gram modifiée par Atkins, sur laquelle M. le Professeur agrégé Muratet a attiré notre attention. Nous indiquons ici cette méthode, non pas qu'elle soit plus fidèle que la méthode de Gram ordinaire, mais elle a sur cette dernière l’avantage de pouvoir être exécutée à la montre, et donne, par conséquent, des résultats identiques avec les divers expérimentateurs. Les colorations faites par cette méthode pourront donc être confiées à un aide consciencieux, même inexpérimenté, sans erreurs possibles de technique de sa part.

MÉTHODE DE COLORATION DE GRAM (modifiée par ATKINS.)

(Journal of bacteriology, mai 1920.)

I — Solution colorante (se conserve indéfiniment) :

Solution saturée de violet de gentiane dans l’alcool à 95°.. 1 partie. Solution aqueuse à 4 p. 100 de sulfate d’aniline...... 3 parties.

ls 60e

Le Solulion iodée :

lode anses Sander PR ANT 2 grammes.

Solution normale de- soude. :...... 10 centicubes. VAUT RAA ane RS LORE RUE 90 centicubes.

Dissoudre: l’iode dans la soude et ajouter l’eau.

IT. — Liquide décolorant : Alcool à 95 degrés.

Manuel opératoire :

a) Coloration : une minute; lavage rapide; b) Solution iodée : une minute, lavage rapide; c) Décoloration : deux minutes.

Pour la coloration des pneumocoques et celle plus délicate de leur capsule nous avons employé le procédé suivant, qui nous a donné les meilleurs résultats :

1° Colorer à la fuchsine phéniquée, trois minutes; laver à l’eau;

2° Solution d'acide acétique à 1 p. 100 pendant quarante secondes;

3° Laver, sécher, huile de cèdre.

Les microbes sont rouge vif; les capsules, rosées.

M. le Professeur agrégé Muratet nous a également indiqué un procédé d'investigation se rattachant il est vrai, à la fois, à l'anatomie pathologique et à la microbiologie. Bien que n'ayant pas beaucoup servi à notre expérimentation, nous tenons à le signaler ici, car il comporte de réels avantages.

Il s’agit d’une méthode spéciale d’imprégnation au nitrate d'argent permettant de mettre clairement en évidence les modifications anatomo-pathologiques d’un tissu et son envahissement microbien. De plus, les préparations obtenues se prêtent admirablement à la microphotographie.

Pc |: JR

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