I. — PARASITOLOGIE
Nous ne consacrerons pas un chapitre spécial à la parasitologie. Seule la bactériologie, sa partie de beaucoup la plus importante en clinique, fera Tobjet d'un exposé succinct mais systématique.
Les autres éléments de la parasitologie se trouveront exposés de façon fragmentaire dans les divers chapitres de cet ouvrage, par exemple les parasites intestinaux (amibes, cestodes et nématcdes, œufs) à l'occasion de l'examen des fèces, les insectes à l'occasion des prurits, etc. Ce plan nous a paru plus conforme à la pratique clinique. Nous renvoyons pour tous détails au Précis de parasitologie de Brumpt (Masson, édit.).
Toutefois il est nécessaire de grouper en une vue d'ensemble les éléments diagnostiques des maladies vermineuses.
On peut les diviser en :
Vers adulles parasii?s de-lliomme;
Vers larvaires parasites de Vhomme,
\. VERS ADULTES PARASITES DE L'HOMME. — Ils sont représentés
surtout :
1° Par des cestodes (tœnias solium et saginata), bothriocéphales ; 2° Par des nématodes divers : ascaris, oxyures, strongylus, etc.
Ces affections vermineuses n'ont pas de symptomatologie propre ; elles donnent surtout naissance à :
1° Des troubles gastro-intestinaux^ de la modalité des dyspepsies ;
2° Des troubles hépatiques de la modalité des coliques hépatiques, de l'ictère intermittent, dos cirrhoses au début ;
3° Des troubles nerveux :
Crises convulsives épileptiformes, hystériformes, choréiformes ;
Méningismc vermineux ;
Troubles bulbaires : arythmies, palpitations, dyspnée, aphonie ;
i62 TECHNIQUES MÉDICALES GÉNÉRALES
Troubles divers des organes des sens.
40 Des troubles généraux au type de l'anémie et de la dénutrition. En présence d'accidents de ce genre, on doit donc toujours penser aux iiflerlions vertnineuses, surtout chez les enfants. Le diagnostic de l' helminthiase intestinale se fera
par :
1° L'examen macroscopique et microscopique des fèces (voir Examen des fèces) ; recherche des œuf» et des para-
2" L'examen du sang :
a) Examen quantitatif : anùnie ;
II] Examen qualitatif : éosinophilie très nette (normalement, au plus, 3 à 4 p. 100 d'cosinophiles) ; chez les porteurs de cestodes on a obs^ei-vé jusqu'à 11 p. 100 (Achard et Lœper), et même 34 p. 100 (Leichtenstein).
II. VERS LARVAIRES PARASITES DE L'HOMME. — iiQuatre espèces de Isenias {T. soliam, T. echinococcus, T. mulUlocularis. T. cœnurus) ; deux espèces de Bothriocéphalidès [Sparganum Mansoni, S. proUfer) peuvent vivre à l'état larvaire dans l'organisme de l'homme.
" On donne le nom de cyslicercose ou ladrerie à la maladie occasionnte pur le développement accidentel des lar\'es de Tœnia solium (Cyslicercas cellulosie], celui d' é:hinococcose ou de maladie hgdalique a (.elle occasionnée par l'évolution des Tœnias e:kino(.oceus dans I organisme humain ; enfin celui de cœnurose à la très rare infection de l'homme causée par la larve du T. ccrnurus. n (Brumpt.)
-Nous ne nous occuperons ici, pour en réumer les éléments diagnostiques, que do 1 échinocoeeose ou maladie hijdalique, de beaucoup la plus fréquente.
Échinocoeeose. Maladie hydatlque. — Seule I éctiinococcose uniloculaire nous retiendra ici. C'est en elTet la seule observée dans nos ré-
Fig. 408.
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coccui. Grosf
15 fois.
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1111tq111.11 c m les (m nie de
thicn avec de nombreux P'ons.
lœin (Liiinooocciquesiii- L'infection de l'homme ou des mammifères
m,ni'(Bnin';p'f """"'"'''" " 1'""'" '^■'"^« l'ingestion des œu/s. Les emluynnH hexîicanthes, mis en liberté par la digislion, Iraveriient la paroi de l'estomac ou de l'inteslin, pénètrent dans les vaisseaux sanguins ou lymphatiques d'où ils se rendent dans les organes. Ils s'y gi-effent, provoquant dans les tissus où ils se fixent une réinliiin iiillaminalfiire mal limitée que l'on désigne sous le nom de membrane adventice. En réalité cette membrane n'existe pas à proprement j>arler, car il est impossible de lu détacher des tissus qui l'ont formée. C'est à l'ensemble formé par cette réaction et le parasite que
PARASITOLOGIE
l'on donne le nom <lc kysie hydatique. Son (évolution est Irès lente, il faut des mois ou des aimées à l'embryon pour constituer l'énorme larve pourvue de m'ilii'rs de têtes qui forme le kyste hydatique.
L'écliinococose est transmise A l'homme et aux animaux domestiques
l'ig. 410. — Cycle Évolutif de la maladie hydatique.
par le cliicn qui hélicrge le tfenia adulte et dissémine les œufs avec ses excréments.
Ces œufs tombent sur des substances alimentaires : tierbages, légumet^, fruits, eaux de boisson, et sont ingérés avec elles. R. Blanchard a bien mis en roliet le cycle évolutif constitué par deux migrations : une d'aller du chien au ruminant ou à l'homme ; l'autre de retour du ruminant au chien (|ui dévore les viscères infestés.
Les kystes hydatiquea se rencontrent le plus habituellement et pad orrire de [réqiienee au xiiveau du foie, du péritoine, des poumons, dlf l'appareil génital de la (emme, des reins, de la rate, du rervcau, et tout i
rig. 411. — Trois liyilalideB grosseur naturelle [il'B]irèa Deguy el Guillauinin].
faitexceptionnellementdu coeur, des vaisseaux, des muscles, de la Tnoell»9 épinière.
fl) D'une [a<;on générale ils peuvent donner naissance à quatre grandes m calégories de symptômes cliniques :
Plg. 412. — liivi-r» c)i:tjimU ub^e^vé3 duiis un kysle li>ila(i'|\ie du Fuiu ; létes tli: t«enia& J invagin^s cl ilèvagiinës, crochets, crialeux du cholestfruie. — Grossisseroenl 3'" (d'après Deguy el GuUlaumin).
1" Existence d'une tumeur fluctuante présentant ou non le frémissement | hydatique ;
2" Manifestations fonctionnelles (hépatiques, puimonaires, etc.), en rap-jV port avec l'organe envahi ;
3° Phénomènes de compression, subordonnés aux connexions anato--| miques de la tumeur hydatique ;
4° Parfois des poussées récidivantes d'urticaire.
Parfois ces éléments purement cliniques sont par eux-mêmes suffisante pour permettre un diagnostic ferme. Parfois ils manquent totalement â
PARASITOLOGIE 365
le kyste resté entièrement latent, ignoré du malade, méconnu du médecin, est une trouvaille d'autopsie.
b] Ajoutons dfiux autres éléments diagnostiques :
]o L'éosinopkilie conslanle;
2" l'imperméabilité des kystes hydaiiques aux rayons X, d'où la formation sur l'écran radioscopique d'une ombre parfois caractéristique.
La ponction exploratrice, jadis assez souvent pratiquée, doit être franchement déconseillée, une ponction, même aseptique, étant très souvent
Cuticule sLri
M™b,.rà'S'w,i.. ,«*^^^^^^\ 1 ..n ,.v.t..,„u™i..
illon v.>aiculalre
infectante du [ait de la bile chargée de colibacilles presque nécessairement inocuke.
Terminons enfin par l'exposé succinct de deux méthodes récentes de diagnostic, de séro-diagnnstic.
]'> Préci[>ilo-diayrw»lic. — Fleig et Lisbonne ont montré que le mélange àpartieségalesdcliiiuidehydatique et de sérum de sujets atteints d'échinococcose donnait un précipité à 37°. Mais le résultat n'est, positif que flans un tiers îles cas d'échinococcose et, objection plus grave, le précipité peut parfois se produire avec le sérum de sujets sains.
En sorte qu'on doit donner la préférence à la méthode suivante, plus sûre :
S" Déi'iation du aimplément (Wcinbcrg et Paron). — Elle est basée sur le princi|H' de hi déviation du complément (réaction de Bordct^-Gengou), qu'on trouvera lo.iguemcnt expo.sée à propos de la réaction dite deWas-
366 TECHNIQUES MÉDICALES GÊNÊIiALES
il faut pour y procéder :
i" Comme antigène, du liquide hydatique de mouton facile à ae ppo
2" Du sfrum du malade obtenu par ponction veineuse, piqàre ou \ touse scaririOe ;
3° Du complément de cobaye (sérum), frais ou sec (après doseiccatio^^ dans le vidp) ;
4° Du sérum hémolytique de mouton (a nti- mouton), qui se c<; très bien à sec ou en petits tul>es termes i\ la llamnH' ;
vésicule proliRerp.
Membrane prollgère inucMèe].
Cuticule («taatia«e elanliiïU).
&«Olex.
jo Des glubuliïs rouges de mouton ;
0*» De l'eau salée physiologique ii 9 p. 1 (XXl.
Dans le procédé rapide on utilise le sérum de malade non chauiïé et o se passe du complément de cobaye :
1" Le mélange liquide bydatique + gérum suspect non chaulTc -!-■ eau physiologique est eliaufTé à 37° pendant une heure ;
2" On ajoute alors les jtlobulcs itiugea de mouton sensibilisée
On a le résultat en une heure et demie :
S'il y a hémolyse, le résultat est considéré comme négatif;
S'il n'y a pas hémolyse (les globules rouges restant intacts), le résuit est considéré comme positif : il y a kyste hydatique.
Toutefois le résultat n'est valable que si l'on a vérifié, au pi^ que 2 centimètres cubes de sérum suspect renferment assez de o
PARASITOLOGIE 307
ment pour hémolyser 1 centimètre cube d'émiilsion de globules rouges sensibilisés.
D'autre part, en cas de résultat négatif, il faut contrôler le résultat par le procédé leni, plus long mais plus sûr.
Dans le procédé lent, on utilise du complément titré de cobaye et on vérifie, au préalable, si Tantigène et les sérums employés dans la réaction ne fixent pas spontanément et isolément le complément du sérum du cobaye.
On pratique alors comme suit : 1*^ chaufTer le sérum suspect une demiheure à 55*^ pour y détruire le complément ; 2*^ chaufTer le mélange : liquide hydatique + sérum suspect chaufTé + complément (sérum de cobaye) + eau physiologique, une heure à 37<> ; 3*^ ajouter des globules sensil>ilisés de mouton et laisser encore une demi-heure à l*étuve à S?**.
S'il y a kyste hydatique: l*le sérum suspect renferme des anticorps ; le complément du cobaye est fixé au cours de l'opération ; 2® f/ ^^ p^^/ produire V^hémolyse au cours de l'opération ; 3<* les globules rouges restent intacts, le liquide reste clair.
S'il n'y a pas kyste fiydatique : 1" le sérum suspect ne renferme pas d'anticorps, le complément de cobaye n'est pas fixé au cours de l'opération ; 2*^ restant libre, il produit l'hémolyse au cours de l'opération ; 3^ les globules rouges sont détruits , le liquide se feinte en rose.