V. Examen chimique
Réaction
Rapport du poids des substances sèches nu poids des substances fraîches
Utilisation de graisses:
Poids des graisses
excrétées p. 100
Graisses neutre'^
Acides gras
Savons
Recherche des iiig-
ments biliaires
Recherche du sang. . . . {
Neutre.
78 p. 100 eau.
22 p. 100 substances sèches.
\'l. Examen bactériologique et parasi'
tologique.
(\'oir Baclériolvgie.)
Instrument pour prélever les selles. - - « L'oxamen microscopique
des selles au point de vue des anifs d'helminthes et des protozoaires entre de plus en plus dans la pratique médicale. Il est probable qu'après la guerre cette méthode d'inves livrât ion s'imposera encore davantage, en raison du jrrand nombre de troupes coloniales (jui auront passé par la France et semé, avec leurs déjections, de nouvelles maladies parasitaires.
(' Tous ceux qui ont fait des recherches de ce j^enre savent à queHes difûcultés on se heurte dans la clientèle lorsqu'on demande aux malades d'envoyer un échanlillon de leurs selles: relus des malades, vases mal joints, envoi de (luantités énormes de matières alor^ qu'il suffît d'une petite parcelle grosse comme un pois, prélevée au moyen d'une allumette et placée dans une simple boîte en fer-blanc (boîte à vaseline vide, par exemple). Les excréments envoyés de la sorte présentent deux inconvénients. D*abord on
n'y constatera jamais ou, presque jamais la présence d'œufs d'oxyures. Les oxyures, en effet, ne pondent pas, comme les ascaris, les tricocéphales, les ankyloglomes, etc., leurs œufs dans la contenu intestinal, tout au plus en dépo^cnt-jls quelques-uns parfois dans le mucus rectal. Ensuite il se passe forcément un temps plus ou moins long avant que le médecin n'examine les matières envoyées à son domicile, et les protozoaires, tels que les amibes, trichomonas, larablia, etc., ont alors perdu leurs mouvements ou se sont desséchés, et on ne les reconnallra que difficilement.
" Pour toutes ce& raisons le praticien aura tout avantage à prélever directement de l'anus un peu de matière fécale ou de mucus et à l'étaler aussitôt sous le microscope. Non seulement il est renseigné séance tenante, mais il sera à même de découvrir tous les éléments qu'il recherche. Toute la procédure, d'ailleurs, ne demande que cinq à six minutes.
o On a imaginé différents instruments pour faire ce prélèvement. Pour ma part je me sers depuis plusieurs années d'un bâtonnet de verre de 7 millimètres de diamètre et 15 centiméfres de long, qui porte latéralement à 3 millimèlres de son exlrémilé inférieure un petit renfoncement, lequel permet presque toujours de ramener un peu d'excrémenla ou de mucosités du rectum. Lorsqu'on fait celte petite opération au lit du malade, et qu'on veut emporter h domicile les matières prélevées, on n'a qu'à passer le bâionnet dans une éprouveltc munie d'un bouchon de liégc percé au milieu.
" Après examen il suffira de plonger l'instrument pendaiiL quelques heures dans une solution de lysol [1-2 p. 100) pour qu'il soit désinfecté. Pour plus de sûreté on le fera bouillir dans de l'eau de soude.
■ Il ne faut jamais graisser l'instrument avant de l'introduire dans le rectum, mais simplement l'humecter. La graisse complique l'examen microscopique.
» Six lifttounels et deux éprouvrtlei suffisent en général pour les besoins de la pralique. (D' nifT, de Strasbourg.)
Is
FiR. 3Î.
Analyse
:opro logique
(d'oprèsRift).
MODES DE PRÉLÈVEMENT. — I. Analyse qualItiUtva simple. —
Quand on ne cherche qu'a établir la présence dans les sellée rie certains éléments, dans un cas pathologique doterminé (par exemple : recherche de sang, d'renfa de parasites, d'amibe?, etc.), on prend une selle quelconque.
On peut pr'îlever directement de l'anus un peu de matières fécales, à l'aide de l'instrument décrit ri-dessus. H ne faut jamais frraisser l'instrument, ce qui complique l'examen microscopique, mais simplement l'humecter.
II. Analyse qualitative et quantitative. — a) Rt:p.\s d'épreuvi^. -— Repas logiquement conipog6 dans le but de mettre en jeu l'aclivité Spéciale des différentes glandes intestinales.
On peut modifier les proportions r-uivant les ex'gences du c is particulier. Mais il e;l. nécessaire, dans tous les cas, de peser exactement les divers aliments que l'on donne, de façon que, si l'on a recours à l'e.xamen clii-
mique des fèces, le médecin puisse calculer approximativement, d'après les tables générales, telles que celles de Balland, la quantité d'aliments simples contenus dans les aliments compostas et les comparer ensuite aux excréta.
Repas d'épreuve de René Gaultier.
Pain blanc 100 grammes.
Viande de bœuf 60 —
Beurre 20 à 30 —
Lait 300 à 500 —
Pommes de terre 100 —
La viande doit être préparée sur le gril et saignante.
Les pommes de terre sont cuites à Teau, écrasées en purée et accommodées au beurre et au lait. Le reste du lait sert de boisson.
Les 30 grammes de beurre représentent 25 grammes de matière grasse, 500 grammes de lait représentent 18 grammes de beurre. En évaluant le reste à 4 grammes pour la viande, le pain et les pommes de terre, on voit que la quantité de graisse ingérée dans ce repas est d'environ 47 grammes.
h) Procédé de délimitation des fèces.
Poudre de charbon 0«» ,20.
Pour un cachet n» 3.
Prendre un cachet au commencement, un cachet au milieu et un à la fm du repas d'épreuve.
On peut, pendant les deux jours précédant l'épreuve, mettre le malade au régime lacté ; le repas d'épreuve est pris le matin du troisième jour; six heures après, on reprend le régime lacté pour vingt-quatre heures. De cette façon les selles noires correspondant au repas tranchent mieux sur les selles d'avant ou d'après, qui sont grises.
Noter l'heure du repas, pour apprécier la durée de la traversée digestive.
c) Façon de recueillir les matières. — On recueille la totalité des matières colorées en noir, sans souillure d'urine, c'est-à-dire en priant le malade d'uriner avant la défécation.
On fera noter le moment d'apparition de la première selle noire et de la dernière.
On dépose les matières dans un vase hermétiquement clos et on les porte au laboratoire.
EXAMEN MACROSCOPIQUE. ~ a) Selles normales de nourrisson au
sein.
Nombre : 1 à 3. Aspect : homogène.
Consistance : demi-molle. Couleur : jaune d'or.
b) Selles normales d'enfant élevé au lait stérilisé. iNombre : 1 à 2.
Aspect : pâte molle, pas très bien liée, souvent parsemée de petits grumeaux de caséine.
Couleur : jaune pâle, un peu grisâtre.
c) Restes de nourriture, — Il est facile de reconnaître des débris de végétaux, de tendons, etc.
Dans les cas de stéarrhée^ les selles sont pâteuses, argileuses, et décolorées, parsemées de petites boulettes de graisse blanches, grosses comme un pois ou une noisette ; ou, si elles sont diarrhéiques, elles présentent une couche huileuse à leur surface.
d) Recherche des calculs, — Mettre les matières sur un tamis et, sous un mince filet d Vau coulant sur le tamis, étaler les matières avec une baguette de verre.
EXAMEN MICROSCOPIQUE. — L*examen microscopique des fèces est des [»lus simples, à la portée de tout praticien.
Technique. — Prélever, avec un fil de platine, des parcelles de matières fécales, en prenant les parties centrales, et les porter sur des lames. Suivant leur consistance, on les dilue ou non avec un peu d'eau distillée, on recouvre d'une lamelle, on aplatit bien, pour avoir des préparations minces.
Cet examen, à Tétat frais, sans coloration, permet de reconnaître tous les éléments.
Si Tun opère sur les selles correspondant à un repas d'épreuve, on pourra, avec un peu d'habitude, se faire une idée suffisamment nette, en clinique, de l'excrétion de tel ou tel aliment (graisses, fibres musculaires, hydrates de carbone, etc.), d'après le nombre des fibres musculaires, de cristaux d'acides gras, etc., trouvé par champ de microscope.
Pour faciliter la différenciation de certains éléments, on pourra, dans certains cas, avoir recours à divers réactifs colorants que nous signalerons au fur et à mesure.
1. Cellules végétales. — Grains d'amidon, — a) Grains d'amidon cru. — On observe :
Soit des grains non attaqués par les sucs digestifs, grains bien formée avec leur stratification particulière autour d'un point situé le plus souvent à l'une des extrémités.
Soit des grains plus ternes, avec cassures, stratification moins nette.
b) Amidon cuit, — Aspect de colle d'amidon, collée aux débris de cellules, reconnaissable aux réactions microchimiques par l'iode.
ColoraUon par le réacUf de Lugol.
Iode 1 gramme.
lodiire de potassium 2 grammes.
Eau GO —
Mettre une goutte de réactif sur le bord de la lamelle, et attendre quç le réactif pénètre par capillarité entre lame et lamelle.
Coloration do raniidon :
En bleu si l'amidon est ri peine digérô.
En rouge s'il est à moitié digéré (érythrodextrine).
En jaune s'il est sncrhariflé.
Insuffisance amylolyiique, — Ouand on constatera des granules d'amidon presque entiers, ou des débris de pain blanc, en assezyrande ahohdancf, on sei^a en présence d'un é^at anornuil, surtout d'une aliéralion de rinlettin (jn'le.
Insuffisance gastrique. — Le suc gastrique est le seul suc digestif capable de dissocier les unes des autres les cellules végétales, en dissolvant la pectine. La constatation, dans les selles, d'amas de cellules larges et rondes bourrées ou non d'amidon indique une hypoacidité du suc gastrique.
2. Fibres muscllaires. — a) -l t'état frais. —■ Keconnaissables à leur coloration jaunâtre, à leui double striation longitudinale et transversale.
Trois aspects suivant le degré de digestion :
Les unes, à peine î>ttaquées par les sucs digestifs, sont longues et présentent une striation transversale et longitudinale très nette.
D'autres, plus petites, ont l'aspect de blocs, plus ou moins arrondis, avec striation transversale et longitudinale encore visible.
Les autres sont de petits fragments, les uns bien striés, les autres sans stries, et de formes des plus variées, ovales, rondes, rectangulaires. L'absence de noy«niix est aussi un signe de digestion avancée.
b) Coloration. — Étaler une parcelle de matières sur lame ; laisser sécher. Verser de l'alcool ou du chloroforme pour faire dissoudre rhydrobilirubine qui imprègne les fi})res musculaires. Laisser évaporer, colorer avx*c une solution faible d'éosine aqueuse.
La constatation d'une quantité notable de fibres musculaires indique un étal patbolotrique et surtout un amoindrissement de la fonction pancréatique.
3. Grains jaunks di: Nothnagki.. — Petits grains de la grosseur d'une tête d'épingle qu'on trouve dans les selles ; sont considérés par Nothnagel comme dQi> grains de mucus et par Schmidt et Strassburger comme des débris de fibres musculaires à un état de digestion trè«* avancée.
4. Tissu con.jonctif. — a) .1 iétal frais. — Filaments incolores de longueur indéterminée, isolés ou réunis en amas, à contours plus nets que les filaments de mucus, ondulés. Parfois on aperçoit sur ces filaments des taches jaune orangé, i-eprésentant les restes des insertions musculaires.
1)) Coloration. — Se colorent [)ar Téosine de façon moins intense que les fibres musculaires.
La présence en abondance de reste*> de tissu conjonctif, après ingestion de viande crwe, indique un trouble stomacal accusé.
7). EiBRDs ÉLASTIQUE^. — Filaments plus gros que ceux du tissu conjonctif, à bords nets et parallèles, bifurques, anastomosés en réseaux, enroulés sur eux-mêmes, plus ou moins ondulés.
La iirésence en abondance des fibres élastiques indiiiue une insuffisance , We sécrétion des sucs gastriques et inleslinaiix.
fi. GhAissEs. — A. Analyse quantitative- — Réactif acétique bouillanl. — Acide acétique officinal à 33 p. 100. ■On ôtalc un fragment de selle sur une lame; on y ajoute une goutte h- fie réactif ; on chaulTe jusqu à ehn\ t'iition; on recouvre dune lamelle «t on examine de suite
Toutes les graisses sont tran^foimécs en gouttes ou en lacs dt G JV et on peut juger de leur quanlité
B. Analyse qualitative
OliAISSES NEUTRES — a) A l'flal frais: gouttelettes isolée ou réunies en lacs à contour-, irr( guliers,
b) Réactif : solution d acide o= mique à 20 p. 100. Colore les grusse'neutres en noir, plus ou moins sui vant leurnature.
ACIDES GRAS. — a) A fétal frais: crLsUiux aciculés, lancéolés, aiguilles en :im:is ;
b) Réactif de Jacobsohn: mstlre IV & V gouttes (le In solution de tuchsini'
Fig 33 — ÉlÉmenU ngurÉs des fèces [d'après Deguy et Guillaumin).
1, poil vÉgéUI; 2, cellules végélnles isolées et en amas ; 3, débris de vaisseaux spirales ; 4, fibres musculaires ; 5, fibres élastiques; 6, globules Uo graisse et aiguilles d'acides gras; 7, i
phénlquëe de Ziehl dans un tube h de phosphate ammoiiiaco- magnésien ; essai plein d'eau distillée, ce mii 9, crUUux de oholestérine ; 10, crlsUux donne •■ foncé.
On Ét:]Ie un peu de la selle sur une lame ; on ajoute II gouttes de réactit, on recouvre d'une lamelle.
Les graisses neutres sont incolores sous forme de gouttelettes ou de lacs.
Les acides gras sont rouges.
Les savons gras sont roses,
SAVONS. — il) A Vétat frais: masses arrondies ayant quelque ressemblance avec des œuts de parasites.
b) Réactif de Jacohsotin : colore les savons en rose.
7, DÉBHis VÉGÉTAUX. — Poîls, vsisdeaux, fibres, pellicules et membranes épidermiques dont l'aspect microscopique varie suivant la provenance,
8. Cristaux. — Cristaux de jifiosphate ammoniac o-magnésien. — ■ Forme en couvercle de cercueil ; leur présence en abondance indique une putréfaction intestinale intense.
Criilaux de cholexlérine. — Lamelles rectangulaires obliques, souvent superposées, avec cassure aux angles et côtés en gradins. Leur présence indique des perturbations digestivea accentuées dans les parties supé-
rJeures de Tintestin grêle avec augmentation du péristaltisme intestinal.
Cristaux d'hémaioîdine, — Tablettes rhombiques ou fines aiguilles groupées de teinte rouge-brique.
Leur présence indique une hémorragie intestinal*.
Cristaux d*oxaiate de chaux, — On s'assure de leur nature, en faisant glisser entre lame et lamelle, d'abord de Tacide acétique qui ne les dissout pas (les cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien se dissoudraient), puis de Tacide chlorhydrique qui les dissout, ou de l'acide sulfurique qui laisse à leur place des cristaux de gypse caractéristiques.
La constatation de ces cristaux dans les cellules végétales indique une insuffisance gastrique.
ANALYSE CHIMIQUE. — lo Réaction. - Technique. — Diluer des matières fraîches avec de l'eau distillée ; les essayer au moyen de papier de tournesol bleu et rose.
Réaction normale : neutre.
2» Rapport du poids des substances sèches au poids des substances fraîches. — Technique. — On prélève une petite quantité de matières fraîches, que l'en pèse dans une capsule dont on connaît la tare, ce qui fait connaître le poids de matières fraîches.
On porte dans une étuve au hain-marie à 96® environ. Quand on jugt* la dessiccation terminée, on pèse la capsule ; on la reporte à l'étuve, puis on la pèse à nouveau, jusqu'à ce que, à la suite de deux pesées succe-^sives, on trouve le même poids. Par différence on obtient le poids d<8 matières sèches.
Rapport normal : G8 p. 100 d'eau et 22 p. 100 de matières sèches.
3° Dosage des graisses. — Il n'est pratiqué que dans un laboratoire muni d'une hotte pour entraîner les produits volatils k odeur désagréal>le.
Inslrumentalion nécessaire. — Étuve de d'Arsonval à 100<>. Balances, capsules tarées, mortiers, filtres, appareil de Soxhlet.
Prclêvrmenl. — Prélever différentes parties de la masse des matières et faire un mélange de ces parties.
Technique. — On prend environ 100 grammes de ce mélange, que Ton sèche, que l'on broie et que l'on triture avec du sable fin dans un mortier. A l'aide de l'appareil de Soxhlet, de cette matière sèche on épuise la graisse par l'éther qui dissout les graisses neutres et les acides gras dont on connaîtra le poids total par pesée après évaporation. Cet extrait éthéré est redissous dans l'éther, et dans cette solution on dose les acides gras, avec une solution alcoolique décinormale de potasse en présence de la phénolphtaléine, chaque centimètre cube de cette solution correspondant à 08r,0284 d'acide stéarique ; par différence on obtient les graisses neutres. Le résidu des fèces est traité par l'acide chlorhydrique dilué, lequel dissout les savons ; de la masse desséchée on extrait de nouveau avec l'éther les acides gras de ces savons ainsi mis en liberté. Comme précédemment, on les do?e par la solution de potasse.
Uiilisation normale des graisses. — a) L'utilisation normale pour 100 des graisses, o/est-à-dire le rapport entre la quantité des graisses ingérées et celle excrétée, autrement dit la quantité de graisse absorbée, est de 95 â 96 /). 100,
b) Si Ton considère les 4 à 5 p. 100 de graisse non absorbée, on établira les rapports dans lesquels sont les diverses parties de ces graisses excrétées :
Ce qui revient à dire que 75 p. 100 de ces graisses excrétées oni été dédoublées.
\^ Recherche des pi^^ments biliaires. — Réaction de Triboulet. — Réaction simple dont on peut tirer d'importantes déductions cliniques.
Technique. — Il faut avoir quelques tubes à essai et la solution suivante :
Eau distillée 100 cent, cubes.
Sublimé Si'.SD
Acide acétique* 1 cent. cube.
On prend d'une selle fraîchement émise, gros comme une noisette. On délaie dans un tube à essai renfermant 10 à 15 centimètres cubes d'eau; on ajoute VIII à X gouttes de la solution de sublimé acétique et on laisse reposer le tube.
Cet examen doit être fait au jour le jour.
Résultais. — En quinze minutes dans les cas accentués, en moins d'une heure dans la majorité des cas, on obtient une coloration définitive, conservable pendant des semaines, et la séparation en deux couches.
Suivant le degré de transformation naturelle des pigments dans les voies biliaires, suivant l'action complémentaire favorable, ou nulle au contraire du tractus digestif, on obtient, avec le réactif, des colorations variables du dépôt et du liquide; et, soit un trouble, soit un état clair transparent de ce liquide.
1° Colorations. — Répondant à des variations très nombreuses du pigment biliaire, les couleurs obtenues peuvent être ramenées à quatre types principaux.
I. Rose, rouge, lilas, violacé (présence de stercobiline) : état bilio-iiiteslinal normal.
II. Vert : bilirubine oxydée, très franche, quand la couleur est très verte ; atténuée quand la couleur est gris-vert, blanc-vert, etc.
m. Jaune, jaune vert : quasi-biliverdine jaune pâle, terne : état grave, du plus mauvais augure.
IV. Rlanc, blanc-gris, blanc-vert, etc.: acholie pigmentaire : pronostic fatal.
2® Trouble du liquide. — Le liquide qui surmonte le dépôt peut être
71 EXAMEy DU TUBE DIGESTIF
ou tout h fait clair, ou tout à fait trouhic, ou seulement à demi clair et trouble.
Ce trouble appartient à (lu mucus intestinal dilué dû à un phénomène physiologique normal.
L*état clair ne se trouve que dans les cas anormaux, par exemple chez les enfants athrepsiques.
r>o Recherche du san^. — Procédé de Weber. — Ce procédé est très sensible.
In^lrumenlalion. — Un verre à expérience, une baguette de verre, quelques tubes à essai.
Liquidps. — Acide acétique ^rlncial on cristallisable.
f^th^r.
Eau oxyprénée fraîche ou essence de térébenthine ozonisée.
Tr»inture de gaïac fraîche ; on a en réserve quelques grammes de racine de gaïac râpée. Au moment de faire la réaction, on en met une pincée dans 2 à 3 centimètres cubes d'alcool : en (luebjues minutes Talcool est teinté en jaune et la teinture est prêle.
Technique. — Mettre dans un verre à (expérience quelques grammes de matières fécales. On délaye dans un peu d'eau. On ajoute à ce liquide une égale quantité d'acide acétique glacial ou cristallisable et Ton mélange soigneusement avec une baguette de verre.
On ajoute alors environ la même ({uantité d'éther que Ton avait mis d'acide acétique. On agite de nouveau, puis on laisse repo.er un moment. L'éther vient à la surface. On décante 2 à 3 centimètres cubes de la couche d'éther dans un tube à essai.
On ajoute VIII à X gouttes de teinture de gaïac et de l'eau oxygénée ou de Tessence de térébenthine vieille, goutte à goutte, en agilanl le lube.
liésulidls. — Si la réaction est négative, la couleur ne change pas. Si elle est positive, le liquide prend une teinte bleue. C(^tte teinte est passagère.
Causes d'erreur. — Les matières ne doivent pas contenir d'hémoglobine alimentaire.
Aussi faut-il (|ue le malade soit soumis, pendant trois jours, avant la récolte des fèce^, au régime lacto-végél arien.
EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE. — Bacille de la dysenterie. — Se
trouve dans les selles surtout au début de la maladie, dans les cinq ou six premiers jours. Dans les cas chroniques on le trouve au moment des poussées aiguës.
Technique, — Un fragment de glaires, après avoir été lavé plusieurs fois dans de l'eau stérilisée, est ensemencé successivement par frottement sur plusieui*s plaques de gélatine ou de gélose lactosée toumesolée.
Aspect des cultures. — Les colonies restent bleues, ont un centre un I)eu surélevé, des bords irréguliers, translucides.
.1 Vexamen microscopique^ c'est un liàtonnet très mobile, ayant à peu près le même aspect que le colibacille, se décolorant par le Qram.
Vibrion cliolérique (bacille virgule). — Rechercher ù la surface des selles un petit flocon blanchâtre, dit grain riziformc.
Aspect microscopique. — On en détache un fragment, on en fait un frottis sur deux lames dont l'une est colorée par le bleu phéniqué de KOhnc, recouverte d'une lamelle sans être sochée; l'autre est traitée par la méthode de Gram : ils se décolorent par le Gram.
Fig. 34. — Froginent de selle Je dysenterie Fig. 35. -
bacillaire (SUt frais) (Dopter). nâlonnels trap.
1, leucocylcs (très nombreux) ; 2, héma- Rule, en S qiielqueti
lies ; 3, cellules épithéllales desquamécs.
On voit des bactéries incurvées, souvent disposées à autres.
Vibrion cliolirique.
i fllamenleux, pliiii
î file les unes des
Cultures. — Préparer u cubes du mélange suivant :
tube de culture renfermant 10 centimètre
ivcc un grain rizîtorme. On porte à Téluvc à 37°. Au bout de sept h huit heures on voit à la surface un léger voile qui contient de nombreux vibrions.
Amibes. — La recherche des amibes est importante dans les cas de dysenterie aiguë, car la constatation dans les selles d'amibes dysentériques confirme le diagnostic ; mais elle est peut-être plus importante dans les cas frustes d'amibiase chronique ; dans ces cas, on trouve non plus des amibes vivantes, mais leur forme kystique. H y a grand intérêt à dépister ]ea tsemeursd'amibes ii,\es tsemeurs de kystes n si dangereux pour la société.
A. Recherche des amibes. — l*' Prélèoemenl des matières. — Au lit même du malade, dès l'émission, on prélève, dans les selles, avec un fil de platine, un peu de mucus sanguinolent.
On pcul aussi, grAco k la rectoiicopic, faire un prélèvement direct sur les ulcérations rectales.
On porte ce mucus sur une lame chaulTëe au préalable. Si les matiènt sont solides, on en dilue une parcelle sur ia lame dans une goutte de sérum physiologique tiédie. On recouvre d'une lamelle et on aplatit bien ; on fait l'examen rapidement.
2" Hêarliralion des mouvements amibiens. — Les pseudopodes constituant un caractorc pn-cit-ux pour le diagnostic, il y a intérêt, ai les amilies sont immobiles, à réiictivcr leurs mouvement».
Pouriflu, on utilise un insufflaleur de dentiste dont la tige, préalable- ment chauffée dans un bec Bun-
sen, permet de diriger un jet d'air t'haud sur la (ace supérieure dt ta lame; pendant ce temps, l'œil de l'observateur ne quitte pas l'oculaire.
3^ Aspect microscopique à PiM frais. — L'amibe pathogène [Enlamseba dysenierix ou Ais/o/j/fiM) ^c reconnaît h ses grandes dimensions qui dépassent celles des leucocytes qui l'entourent, à ses pseudopodes, à la distinction très netU <<n(re son ecloplasma trit rifringttd <'f son endoplaama bourré de ^ofiiiles ronges, h son noyau central petit, peu distinct, à sa mobiliti fnt grande.
i" Coloration. — Déposer sur les bords de la lamelle une goutte de suinlioii aqueuse de iileii de méthylène i\ 1/100.
Ton.-: les éléments autres que les amiiies se colorent en bleu, les amibef se détachent en clair et ce n'est que plus lard ([u'elles meurent et se colorent.
5" Diagiwslic. — VF.niamœba coli, hûte non pathogène de l'intestin, a un gros noyau subcentral, très visible', elle ne contient jamais de ylolmlei rouges, a un ectoplasme i/ui ne se distingue pas de Vendoplaume, a uw mobilité très faible.
B. I'<t:cHKni':uK dks kystks. — I" Tectiniiiue. — L'élimination de» kystes peut être augmentée, par la production d'une entérite artificidlt, au moyen soit d'une purgation saline, soit d'un lavement purgatif.
Les kystes restent intacts pendant au moins deux jours. Mais ils se conservent plus longtemjis si on dilue les matières dans une solution dt formol A 5 p. 100.
2" Herherrlte des kystes à l'étal frais. — l'it-lever imc petite parcelle de niuliéres férales avec un fil de plutine, la <iéposer sur une lame, la diluer
l, BiniheB avec l'irtoiilosmc el l'endopla»me; 2, cpIlllle^• ^pitliélioles desquamées 3, héiiialics ; 4, ([lobules blancs rare (Dopler).
au besoin dans une goutte de sérum physiologique, et comprimer fortement entre lame et lamelle.
Les kystes se présentent, à un faible grossissement, comme de petites
^T.Vv
ci^V.--»"
Echc/Ie en ^
Fig. 37. — Les principaux éléments contenus dans les selles de malades atteints
d'amibiase chronique (d'après Ravaut).
(Toutes ces fip^ures sont dessinées d'après nature, t la chambre claire à l'état frais, entre lame et lamelle et au même grossissement.)
1, Enlamœba dysenleriœ à la phase Tetragena avec vacuoles ; 2, E. coli avec vacuoles. A côté de chacune de ces deux espèces, qu'il est souvent difiicile de bien déterminer à l'état frais, se voient les noyaux imprégnés à l'hématoxyline ferrique ; 3, petite forme amibienne que Ton rencontre souvent dans l'amibiase chronique ; 4, 5 et 6, kystes ô*Enlamœba dysenleriœ {de 10 à 14 (i) : 4, kystes à 2 noyaux avec chromidium ; 5, kystes mûrs à 4 noyaux ; 6, kystes en voie de dégénérescence ; 7, 8 et 9, kystes d'Enlamœba coli (de 16 à 25 pi) : 7, kystes à 2 noyaux avec faux chromidium ; 8, kystes à 4 noyaux ; 9, kystes à 8 noyaux; 10, Lamblia {Giardia) inleslinalis ; 11, Telramilus Mesnili ; 12, Trichomonas inleslinalis ; 13, 14 et 15, kystes de Lamblia avec petits noyaux et flagelles vus par transparence ; 16, kyste de flagellé ; 17, 18 et 19, Blaslocyslis hominis ; 20, globule de graisse ; 21, globule rouge ; 22, leucocyte polynucléaire ; 23, leucocyte éosinophile.
sphères réfringentes, de couleur grise, analogues à des taches de bougie. Avec Tobjectif à immersion homogène, en ayant soin de diaphragmer convenablement, on distingue l'enveloppe du kyste avec un double contour et, à l'intérieur, des noyaux au nombre de un à quatre, ne dépassant jamais quatre [caractère important).
Le protoplasma contient en outre, très souvent, des agglomérations, (^n forme de gros hâlonnets^ d'une sul)stance réfringente décrite sous le nom de chromidium (autre caractère important).
Enfin les dimensions des kystes constituent un caractère essentiel On peut dessiner les kystes à la chambre claire et on évalue leurs dimensions au moyen d'une échelle construite d'après des globules rouge». Les kystes de VAmseba dijsenleriœ mesurent en général 10 jjl de diamètre et ne dépassent jamais 14,5 [jl.
3° Coloration, — On peut faire des colorations vitales avec le réactif suivanl :
Iode 0«',50
lodure de potassium 1 gramme.
Kau distillée 50 grammes.
Il suffit d'en déposer une goutte sur une lame, de diluer dans cette goutte une parcelle de matières. On aplatit entre lame et lamelle assez fortement. Les granulations qui limitent les noyaux deviennent très apparentes.
40 Diagnostic. — a) Kystes de lAmœba coli. — Dimensions : 16 à 25ul, jamais moins de 16 ^l. Nombre de noyaux : 1 à 8.
Pseudo-chromidium qui peut se présenter sous forme d'amas irréguliers, ou de longs filaments flexueux, mais jamais sous l'aspect de bâtonnets nets.
1)) Kystes d'Amasba Limax. — Présence d'une volumineuse vacuole qui se teinte en hrun-acajou par l'iode.
c) Blastocystis hominis. — La paroi présente dans son épaisseur 1 à 2 noyaux. Le protoplasme ne contient ni noyaux, ni granulations.
d) Kystes de Lamblia intestinalis. — Dimensions : 10 à 15 jjl de long sur 8 à 9 [JL de large. Ils peuvent pn''senter parfois de très petits noyaux qui n'ont jamais ta bordure yranuteuse des noyaux des kystes amibiens. Ils sont surtout caractérisés par la présence de tignes flexneuses en forme <ï arabesques (llagoUes).
e) Kystes de Tetramitus Mesnili. Extrêmement petits, ne dépassant I^as 7 a.
VALEUR DIAGNOSTIQUE DE LA PRÉSENCE DE PROTOZOAIRES DAMS LES SELLES. — La présence en grande quantité, dans les selles, de protozoaires, Amœbn roli^ de flagellés t(îls que Trictiomonas inlesiinalisi Tetramitus liominis, Lamblia intestinalis, etc., indique une hypoacidité, une insulfisance du suc gastrique, qui, normalement, tue les germes de ces parasites.
RECHERCHE DES ŒUFS DE PARASITES. — L'examen des fèces pralicfué en vue de déceler la présence de vers dans l'intestin a une très nVlIe importance (jue beaucoup de praticiens ne soupçonnent même pas. Affirmer l'existence de telle ou telle c^spéct; de parasites intestinaux, c'est souvent donner rexi)lication de troul)les digestifs rebelles, de troubles
nerveux Inexp)ical>les, d'accidents réflexes parfois inquiétants {Ascaris lambricoides). d'états anémiques dont la gravité peut taire croire à une anémie pernicieuse et qui guérissent rapidement après l'expulsion du parasite {Bolhriocephale), d'hémorragies intestinales [Ankijloslome), etc. Dans des cas mo sérieux, c'est la j tificalion de Vi ministration santonine, n aussi innocente qu'on le croit généralement et qu'il faut n'employer qu'à bon escient.
Technique de recherche. — 1" Délayer 10 à '20 grammes de matières
fécales [obtenues, de préférence, par purgation) avec une égale quantité d'aldéhyde formique (formol) à 2 p. 100 ;
2" Laisser reposer et sédimenter durant deux à trois heures dans un verre de laboratoire ;
3° Prélever un peu du dépôt à l'aide d'une pipette à large ouverture ;
4° Placer une goutte de ce dépôt sur une lame ; ajouter une goutte de solution :
50 giainme».
'. lamelle ; mettre sur la platine
pour éclaircir les œufs ; recouvrir d'il du microscope (objectif 4 ou 6).
I. Tricocépbale. — l" Forme caniclèrisliquc en burillet, en citron.
2" Couleur: jaune brunâtre. Aux deux pôles une dépression existe, surmontée d'une sorte de relief paie, translucide.
3" Dimensions : 57 à 61 ji de long sur 25 à '2& fi de laige.
!1. Oxyure vermiculaire. — Forme «symétrique. L'embryon se dessine souvent trè:; nol à l'intérieur de la coque.
Dimensions : r)9 à 61 (i de long sur 27 à 33 |i de large.
III. Ankyloslome daodénal. — Coloralion blanchâtre, reflet brillant, arijcnté. Fréquemment, à l'intérieur de la coque brillante et comme nucréo, on reconnaît les éléments constitutifs de l'embryon sous forme de gros éléments cellulaires nucléés.
Dimen;.ions : 62 à 60 n de long sur 42 à 47 ii de large.
IV. BolbriocépbalB. — Forme irrégulièrement arrondie. Ligne de rupture qui est loin de former le clapet des descriptions classiques.
Dimeniions: longueur 57à 71 et même 78 [i, largeur 42,8 à 47 et même 59,5 11.
V. Ascaris lombricoidos. — Enveloppe boursoullée, comme tomcnteuse.
du couk'ur ordiiiuin-munt jaune bniiiâlre. A l'ialériisur de la coque rugueux- (.'t fort épaisse, se reconnaît souvent l'embryon déjà formé.
Dimensions : lon^rucur do 6ô à gri n ; largeur de -10 à 57 )i.
VI. Bilbarsia bmmatobium. — Énormes, ovitorme;, munis presque tous d'un éperon latéral. Dans les selles, ces CEUfs se montrent presque toujours rompus et évacués.
Dimensions : l.Ti à IdO |i de long sur 55 à 66 )i de large.
Causes d'erreur dans la recherche des œufs. — a) Butits d'air. — Généralement multiples et de volume très variable, nettement arrondies avec un centre incolore, au contour noir, épais.
h) Spores de truffes. —Ovales, sont en général noires (parfois seulement brunâtres), hénssi^s de piquants, aussi grosses à peu près que les œuf» d'Ascaris.
c) Crawls de pollen de conifères. — Formés de trois parties ovaîaires, l'une médiane, les deux autres latérales : ces dernières sont des vésicults pleines d'air.