NOTIONS ANATOMIQUES
Traçons rapidement l’anatomie de la région qui va nous occuper.
On désigne sous le nom de bourses une espèce de sac membraneux dans lequel sont contenus les testicules, et qui est situé à la partie antérieure et inférieure du tronc, entre les deux cuisses, audessous de la verge et en avant du périnée. Le sac est formé par cinq tuniques de structure diverse, et qui portent différents noms ; ce sont, en procédant de dehors en dedans : 1° le scrotum, 2° le dartos, 3° la tunique érythroïde , 4° la tunique fibreuse, 5° la tunique vaginale. Il y a bien encore une sixième enveloppe ; mais , comme elle fait partie intégrante de la glande testiculaire , nous la décrirons en même temps que cet organe.
Scrotum. C’est l’enveloppe la plus extérieure des bourses; elle est commune aux deux testicules : flasque et pendante chez les vieillards et les individus affaiblis, elle est au contraire courte, serrée, et immédiatement appliquée sur les testicules, chez les sujets jeunes et vigoureux. Elle présente les caractères généraux de la peau, sauf qu’elle est plus fine et plus foncée en couleur : sur sa face externe, on distingue un raphé médian qui la divise en deux parties, de bas en haut et d’arrière en avant. Ce raphé se continue sur le périnée jusqu’à l’anus. Une petite quantité de poils fins et parsemés çà et là s’y montrent à l’époque de la puberté. Le scrotum est extensible, et semble céder une partie de son tissu à la verge , dans le moment d’érection. La face interne du scrotum est unie à la tunique, qui lui est immédiatement sous-jacente, par du tissu cellulaire très-serré, à travers lequel circulent un grand nombre de vaisseaux.
Dartos . Cette tunique était regardée autrefois comme enveloppant les deux testicules; mais il a été reconnu qu’elle forme deux sacs bien distincts, dont l’adossement des parois sur la ligne médiane constitue une cloison qui empêche qu’un côté du dartos étant insufflé avec un tube, l’autre moitié reçoive la moindre bulle d’air. Le dartos s’insère en haut sur un des bords de la symphyse du pubis; en arrière, il se perd dans le tissu cellulaire du périnée; en avant , il se plonge sous la peau de la verge jusqu’au prépuce ; sur les côtés, il se change en tissu adipeux jusqu’à la cuisse. Quelques auteurs ont considéré cette tunique comme formée par un tissu musculaire, à cause probablement des filaments noueux et rougeâtres qu’on y distingue. Aujourd’hui ce tissu est regardé comme un tissu contractile, et on l’appelle tissu dartoïque ; on en rencontre sur le mamelon , au vagin , etc. etc.
Tunique érythroïde ou musculaire. Elle est constituée par les fibres du crémaster, qui est lui-même le résultat de l’épanouissement des
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fibres du muscle petit oblique de l’abdomen. C’est à cette tunique et au crémaster qu’il faut rapporter le mouvement d’ascension brusque dont jouissent les testicules ; tandis que le mouvement vermiculaire est dû à la contraction du dartos.
Tunique fibreuse commune. Cette membrane est mince , transparente, et offre peu de résistance; on l’appelle commune, parce qu’elle forme à la fois une gaine au cordon et au testicule. Parvenue à l’anneau, elle se divise en deux lames : l’une qui s’attache au pourtour de l’anneau, l’autre qui se continue sur le cordon, dans le canal inguinal , où il est impossible de la suivre. La plupart des anatomistes la regardent comme un prolongement du fascia transversales , entraîné par le testicule au moment de sa descente.
Tunique vaginale. Celle-ci appartient à la classe des séreuses , et jouit , comme elles , du triste privilège d’être sujette aux hydropisies. Elle forme un sac sans ouverture , et une face de ce sac est adossée à la tunique fibreuse : c’est le feuillet pariétal. L’autre est accolée sur le testicule , qu’elle enveloppe de toutes parts , excepté à la partie postérieure, où il est recouvert par l’épididyme ; c’est le feuillet viscéral. Ce dernier organe est aussi recouvert par elle vers sa partie externe seulement. La tunique vaginale est formée par le péritoine , dont elle se sépare , au moment de la descente des testicules chez le fœtus. Lorsque cette séparation ne s’est pas effectuée à temps, il se forme un épanchement séreux que l’on appelle hydrocèle congéniale. Enfin la tunique vaginale remplit auprès du testicule le rôle commun aux séreuses, à l’égard des viscères, et ici elle a de plus pour usage de permettre le glissement facile du testicule, et de le mettre ainsi à l’abri des chocs fréquents auxquels l’expose sa situation.
Testicules. Les testicules sont deux corps glanduleux destinés à sécréter le sperme ; ils sont suspendus dans les bourses par le cordon
spermatique et enveloppés par les membranes que nous venons de décrire. Le cordon est formé par le canal déférent, par l’artère et les veines spermatique, par des vaisseaux lymphatiques, par le plexus nerveux spermatiques, par une branche nerveuse qui émane du génito-crural. Toutes ces parties sont unies entre elles par un tissu cellulaire très-lâche et enveloppées par la gaine fibreuse qui lui est commune avec le testicule ; l’inégalité de longueur du cordon fait que le testicule gauche descend plus bas que le droit. Le nombre des testicules est généralement de deux ; leur volume est variable , leur forme est celle d’un ovoïde aplati sur les côtés ; ils offrent à étudier deux parties : le testicule proprement dit et Y épididyme. Le testicule proprement dit comprend: l°Une tunique blanche, nacrée . épaisse , très-résistante , analogue à la membrane sclérotique de l’œil ; par sa face externe elle est unie avec le feuillet réfléchi de la tunique vaginale ; par sa face interne elle est en rapport avec le tissu propre du testicule : c’est la tunique fibreuse albuginée.
2° Un tissu propre , qui se présente sous l’aspect d’une pulpe molle et jaunâtre sillonnée par une multitude de petites colonnes qui la divisent en lobules. Ces espèces de cloisons incomplètes ne sont que des vaisseaux très-fins , très-déliés , qui se détachent de la face interne de la tunique albuginée pour s’enfoncer dans cette substance. Les filaments qui forment les lobules dont je viens de parler ne seraient, d’après Haller et Monro , que des conduits séminifères qui, se réunissant, s’anastomosent au moment où ils sont parvenus au corps d’Hygmore, et constituent des tubes plus gros qui se rendent, en dernière analyse, à l’épididvme, où ils ne forment plus qu’un canal.
L 'épididyme est le commencement du conduit excréteur du sperme ; il est formé en entier par le canal né des conduits seminifères , replié un grand nombre de fois sur lui-même , obîong et vermiforme ; il est placé comme le cimier d’un casque sur le bord supérieur du testicule. On lui reconnaît trois parties : la tête , 1 e corps et la queue. Le corps ou partie moyenne est détaché du testicule par le feuillet re-
fléchi de la tunique vaginale; la tête occupe le point supérieur du testicule; la queue, arrivée à la partie inférieure, se replie en haut pour se continuer avec le canal déférent, qui , de flexueux d’abord, devient droit bientôt et fait partie du cordon spermatique.
* Migration des testicules.
Depuis le moment où les testicules sont bien distincts des autres organes dans la vie intra-utérine , c’est-à-dire depuis deux mois et demi jusqu’à l’époque de la puperté, ils subissent dans leur évolution bien des changements de forme, de volume et de position. C’est ce changement de position que je vais examiner.
Haller est le premier qui a entrepris l’étude de ce fait physiologique, mais ses recherches ont été complétées parHunter.
Chez le fœtus de trois mois , les testicules sont situés de chaque côté de la colonne vertébrale derrière le péritoine , devant les psoas, au-dessous des reins; à six mois, on les trouve dans la fosse iliaque. D’après Hunier, il serait dans le scrotum dès le huitième mois ; Haller, au contraire, prétend qu’il n’y est jamais avant la naissance. On sait aujourd’hui que c’est la première opinion qui est admise. Au-dessous du testicule, se trouve un corps aussi volumineux que lui, qu’on appelle gubernaculum lestis , et sur lequel, en disséquant, on trouve trois couches de tissus : le péritoine , le tissu dartoïque et le crémaster , composé de plusieurs faisceaux de fibres qui, partant de ce corps ovoïde, vont s’insérer au bas , à la face postérieure de l’arcade fémorale; c’est ce crémaster, véritable muscle du testicule , qui, en se rétractant, force le gubernaculum à descendre, et alors voici ce qui se passe. Le péritoine qui recouvre la partie supérieure s’enfonce sur lui-même , se replie comme un doigt de gant, pour aller s’adosser à la partie qui recouvre l’extrémité inférieure de ce même gubernaculum et former un godet dans lequel le testicule se loge comme un gland de chêne dans son chaton. C’est ce godet ou ce canal, comme on voudra l’appeler , qui constituera plus tard la
tunique vaginale. Comme nous le savons , celle-ci n’est autre chose qu’une portion de péritoine qui s’est séparée de la séreuse abdominale, pour former elle-même une nouvelle cavité close. Lorsque cette séparation ne se fait pas , ce qui arrive quelquefois , on a alors des hydrocèles et des hernies congéniales. La partie de cette tumeur qui occupe l’intérieur du canal inguinal se change en tissu cellulaire habituellement. Lorsque , cette oblitération, suivant Hunter, ne se fait qu’à ses deux extrémités, du côté de la poche scrotale et du côté de l’abdomen, et que la portion intermédiaire reste creuse, on a alors une hydrocèle enkystées du cordon. Enfin le testicule peut ne pas descendre dans le scrotum; est-ce à 'dire pour cela qu’il soit privé des caractères propres à la fécondation ? Hunter dit que oui , Richard Owen dit que non. Il y a des faits qui viennent à l’appui de la première opinion , des histoires d’individus qui , n’ayant pas de testicule dans le scrotum , ont eu des enfants. A l’appui de fa seconde je me garderai de toucher à cette question.