CHAPITRE II
Considérations anatomiques
L'anatomie des voies labyrinthiques comprend : 1° un appareil de perception ; 2 un appareil de transmission.
19 Appareil de perception. — En arrière du limacon (organe de l'audition) se trouve le vestibule, point de départ de la sensation d'espace. Cette sensation se décompose ainsi: la sensation d’attitude et la sensation de variation des attitudes ; pour ces deux fonctions, l’une statique, l’autre dynamique, cortains auteurs supposent que le vestibule Se divise en-deux:-utricule et.saccule d'une part, canaux semi-circulaires d'autre part.
A la paroi postérieure de chacune de ces deux vésicules se trouve la saillie des macules vestibulaires (anciennement appelées faches auditives) où se terminent les branches utriculaires et sacculaires du nerf vestibulaire. Ces macules sont Iégère-
or
ment excavées au centre et, portent à leur surface les otoconies ou poussières auditives, dont Ja position, variable suivant les diverses situations de la téte, permet d'apprécier lattitude du corps: c'est l'appareil otolithique organe de la fonction statique. ;
En arrière du vestibule, dans lequel il débouche, se trouve un appareil bien différencié du précédent, et qui n’enregistre que les variations d’attitude : c’est l'appareil semi-circulaire, organe de la fonction dynamique.
Les trois canaux semi-circulaires membraneux s'ouvrent par leurs deux extrémités dans lutricule. Var
Une'de’: cesrextrémités est dilaiée :rc'estfam: poule du eanal: le reste du canal est plus étroit et s'ouvre dans lutricule par lorifice non ampullaire: lun appartient au canal horizontal, l’autre es! commun aux canaux supérieur et postérieur. À
Au niveau de chaque ampoule l'épithélium s’épaissit en une saillie formée de cellules eylindriques ciliées constituant la crête ampullaire (anciennement appelée Crètes acoustiques). Gette crête est placée transversalement par rapport à l’axe du canal.
C’est là que se terminent les fibres du nerf vestibulaire par engaïnement de cellules ciliées, dont la sensibilité spéciale est excitée et ébranlée par les mouvements endolymphatiques.
I est intéressant de noter la direction exacte
des canaux: ils sont disposés dans trois plans perpendiculaires Fun à lautre : l'un est presque horizontal et externe; des deux autres, qui sont verticaux, l'antérieur est perpendiculaire, le postérieur parallèle à l'axe du rocher: or, cet axe étant dirigé obliquement en avant et en dedans, il s'en suit que les deux canaux verticaux sont obliques par rapport aux plans sagittal et frontal et qu'il faut définitivement renoncer aux termes de canal frontal et de canal sagittal pour adopter ceux de canal antérieur ou supérieur et de canal postérieur ou inférieur.
Comme conséquence de ce qui précéde, le canal antérieur d'un côté et le canal postérieur du côté opposé sont situés dans des plans paralléles"Cenrait doit être noté, car il à une “grande importance au point de vue de la physiopathologie du vestibule. Le vestibule membraneux n'occupe ques les deuxmtersedumrestibules osseux. étuil baigne dans Ja périlymphe qui communique avec les espaces sous arachnoïdiens, ce qui justifie le terme de «méningite circonscrite » que lon donne parfois aux labvyrinthites. A Flintérieur du système membraneux se trouve lendolsmphe, Hquide semblable au liquide céphalo-rachidien.
C'est Ewald qui à démontré que la crête ampullaire est sensible aux déplacements de Fendolvmphe dans les deux directions : à savoir du canal vers ampoule et de ampoule vers le canal et que ces déplacements donnent lieu à des mouvements de réaction dans le sens où se meut le liquide : il
a démontré en outre que, Œune facon générale,
les ampoules d'un mème labyrinthe (droit où gauche) sont plus sensibles aux déplacements endolymphatiques qui ont lieu dans une direction opposée au coté de ce labyrinthe. À l'heure actuelle, toute là théorie du sens de lespace repose sur Fébranlement de cette terminaison nerveuse par le flux endolvm-
phatique.
20 Appareil de transmission. — Connexions nerveuses. — L'infiux nerveux parti des crêtes ampul-
laires va suivre le chemin des voies labyrinthiques : le nerf de la VII paire prend naissance au fond du conduit auditif interne par deux branches bien distinctes : le nerf cochléaire, formé par des fibres émanant du ganglion de Corti (Himacon) et le nerf vestibulaire formé de fibres émanant du ganglion de Scarpa (vestibule et canaux semi-circulaires).
C’est du moins l'opinion de Cannieu, contrairement à celle de Bonnier, Politzer, Van Gehuchten, qui pensent, au contraire, que là branche vestibulaire innerve lutricule et les deux ampoules supé- rieure ct horizontale, tandis que la saccule et: lampoule postérieure seraient innervées par un rameau dela branche cochléaire. Le. tronc nerveux ainsi constitué pénètre dans Faxe cérébro-spinal au niveau du sillon qui sépare la protubérance du bulbe ; il S'y divise en une racine externe où cochléaire et une racine interne ou vestibulaire : celle-ci se bifurque en branches descendantes qui se terminent surtout dans le noyau de Deiters et dans
les cellules du novau dorsal et en branchés às-
Lx LC) RE
cendantes qui forment principalement 16 noyau de Bechterew.
Telle est la voie centripète que Van Gehuchten arrète aux noyaux du bulbe et que Bonnier prolonge jusqu’au cortex, jusqu'à la pariétale ascendante.
Pour le premier, en effet, le vertige est inconsclent, la sensation de déséquilibre, (sensation musculaire d'effort) est purement réflexe, tandis que pour le second, l'excitation périphérique est réellement percue et identifiée.
Le noyau de Deiters donne naissance à des fibres nerveuses descendantes (faisceau vestibulo-Spinal) qui pénètre dans le cordon: antéro-latéral de la moëlle; du noyau de Bechterew partent des fibres qui entrent dans la composition du faisceau longitudinal postérieur et se terminent aux divers noyaux d'origine des nerfs moteurs oculaires.
En outre de ces fibres homo-latérales, les masses grises de Deiters et de Bechterew donnent encore naissance à un certain nombre de fibres hétéro-laférales qui traversent le raphé pour se rendre par le faisceau longitudinal postérieur du côté opposé, vers le haut, aux noyaux moteurs du mésencéphale et vers le.bas aux noyaux moteurs du bulbe et de Ia moëlle,
Lermoyez compare le couple des globes oculaires à un attelage de deux chevaux dont les guides, représentées par les fibres vestibulo-oculosnotrices, sont tenues par les deux mains du conducteur, qui
sont iciles canaux semi-circulaires droit et gauche. Quand Ia main droite agit, l’attelage incline à droite, et les deux veux présentent du nvstagmus droit: l'inverse se produit quand là main gauche intervient (V. fig: 1 et 2).
De «plus Tes noyaux -deMerminalsonedumnernt vestibulaire sônt en. Connexion directe avec le cervelet par un faisceau de fibres qui se termine dans les noyaux du toit (Vermis).
En résumé, il v a lieu de retenir de l'exposé qui précède queslemnerte vestibulaire” est eparemses noyaux de terminaison (Deiters, Bechterew, etc.), CDYCONNENIONL
1° Avec les noyaux moteurs du mésencéphale (novaux oculo-moteurs homo et hétérolatéraux):
2° Avec les noyaux moteurs de Ia moëlle (homo et hétéro-latéraux):
3° Avec le cervelet:
4° Avec le cerveau (d’après Bonnier).
On comprend donc que lexcitation ou la destruction de Fappareil vestibulaire du labyrinthe entraine des troubles de déséquilibration, un syndrome cérébellcux, et, du côté des globes oculaires, des mouvements réflexes que nous étudierons,
CAFAYP MIRE
Symptômes Différentiels
Les symptômes différentiels qui nous permettront de distinguer la labvyrinthite de labcès cérébelleux, peuvent être divisés en trois groupes :