MODIFICATIONS DANS LA QUANTITÉ DES URINES
Anurie. Oligurie. — L’anurie est la cessation totale des fonctions de sécrétion du rein. Le malade atteint d’anurie ne pisse plus, sa vessie est souvent vide. Les anuries peuvent être mécaniques, ou occasionnées par des lésions d’origine rénale. Elles peuvent être aussi d’origine réflexe, ou d’origine nerveuse.
Choléra. — Toutes les néphrites infectieuses peuvent donner lieu à de l'anurie. Parmi ces anuries d’origine rénale, il n’en est pas de plus frappante et de plus caractérisée que celle des cholériques. Dans l’attaque aiguë du choléra asialique, lorsque les selles et les vomissements riziformes se sont établis, lorsque les crampes se sont manifestées, lorsque le faciès du malade a pris son apparence grippée caractéristique, lorsque la voix commence à si1 casser, apparaît un nouveau symptôme, significatif entre tous et qui marche parallèlement avec l’apparilion de l’algidité : c’est l’anurie.
fl y a suppression presque totale des urines. Un peut cependant, dans la plupart des cas, en obtenir encore quelques gouttes avec la sonde, surtout si l'on s’en sert connue d’une pipette et qu’on la relire en bouchant le pavillon avec le doigt. Par ce moyen, même lorsque le cathétérisme n’a rien donné, la sonde une fois retirée de l'urètre laisse s’écouler quelques gouttes d’urine qui peuvent être recueillies et examinées. L’action du poison cholérique sur l’épithélium sécréteur du rein, qu'il mortifie, l’action que ce poison exerce sur le cœur, à la façon d’un vrai poison cardiaque, semblable à la digitale ou à la nicotine, en affaiblissant la contraction systolique et la
pression artérielle, en particulier dans l’artère rénale, enfin la spoliation d’eau produite dans l'organisme par la diarrhée et les vomissements sont les trois facteurs de l’anurie cholérique.
Celte anurie dure pendant toute la période algide, jusqu’à la mort ou jusqu'au moment de l’amélioration de l’état général, (j n i est précisément jugée par la crise urinaire, et le retour
des urines.
Accès algide. — On observe de l’anurie dans l'accès algide et dans l’accès cholériforme.
Fièvre bilieuse hémoglobinurique . — La sécrétion urinaire est généralement diminuée dans la lièvre bilieuse hémoglobinurique, dans laquelle il peut même y avoir une suppression complète des urines.
Fièvre jaune. — Dans la fièvre jaune, l’anurie est beaucoup moins fréquente et moins précoce que dans le choléra, d’après Dutroulau. Cet auteur ne l’a constatée que rarement, le plus souvent peu de temps avant la mort ; il la considère « comme un symptôme ultime qui se rencontre dans beaucoup de maladies graves ». Cependant, dans certaines épidémies, l’anurie a été assez fréquente pour qu'on en ait fait un symptôme caractéristique de l'allèction. Lorsqu'elle est précoce, elle constitue un signe des plus fâcheux, sinon mortel.
Typhus exanthématique. — Dans le typhus exanthématique, il y a parfois anurie dans les cas graves, mais, plus communément, la quantité d'urines émise augmente pendant les dernières périodes (Murchison).
Insolation. — Dans le coup de chaleur, les urines sont supprimées ou très rares.
Fièvre récurrente , peste. — Dans certaines épidémies de peste, on a observé exceptionnellement de la dysuric et même de l’anurie aux approches de la mort. 11 en est de même dans Je typhus récurrent.
Béribéri. — il y a en général de l'oligurie dans le béribéri. Dans la forme hydropique, l'urine peut même être