SCLÉROSE
Lèpre. — La sclérose cutanée s’observe clans la lèpre. L'induration et l'épaississement de la peau se rencontrent plutôt dans celle affection dans la forme tuberculeuse. Les placards indurés, véritables lépromes en nappe, peuvent subir des surpigmenlations et des dépigmentations: ils peuvent occuper de très larges surfaces et couvrir la presque totalité du corps; ils ne doivent pas être confondus avec les macules. Ils sont légèrement surélevés et renferment presque toujours des bacilles de Hansen eh grande quantité.
Éléphantiasis des Arabes. — Dans l'éléphantiasis des Arabes, la sclérose marque le stade final de l’évolution des lésions cutanées. La peau distendue se réorganise, mais les libres élastiques qui ont disparu sont remplacées par du tissu fibreux qui donne une consistance dure de carapace au tégument devenu adhérent aux tissus sous-jacents.
Aïnhum. — La sclérose cutanée s’observe aussi dans l’aïnbum, dont Corro et Manson font une sclérodermie circulaire.
Nous devons aussi signaler, parmi les scléroses cutanées, les hyperkératoses plantaires et palmaires souvent accompagnées de lissures que I on rencontre dans la lèpre, dans le tokélau, le pian et les caralés.
Hyperkératoses et chéloïdes. — Ces hyperkératoses se
rencontrent également on do. hors de toulo espèce do cause pathologique au niveau dos coudes, dos genoux, ou dans la région Irochantérienne; elles sont, dues au frottement des téguments contre des objets durs, chez les indigènes qui couchent ou s’accoudent presque nus sur le sol.
La peau chez les noirs semble d’ailleurs être très sujette à produire ces hyperkératoses, qu’on rencontre très souvent aussi sous la forme de véritables végétations développées sur des cicatrices provenant de plaies très insignifiantes; les cicatrices de clous ou de pustules vaccinales sont ainsi très souvent recouvertes chez eux de chéloïdes dures et sclérosées. Les tatouages se recouvrent souvent aussi de ces végétations cutanées dont certaines peuplades arrivent même à provoquer la formation par irritation des plaies ou des dessins de tatouages, tellement la race semble prédisposée iï leur formation.