‹ Diagnostic et séméologie des maladies tropicalesChapitre 172 sur 194 · P K AU · texte numérisé non relu

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polit poinl rouge ou noirâtre, par où s’est produit l'écoulement sanguin. D'autres fois, il peutse produire une ulcération avec suintement d'un liquide, jaunâtre. Les tumeurs se réduisent pet it à petil, soit spontanément, soit à la suite d’hémorragies ou d'ulcération, ou enfin à la suite de transformation cornée, et elles tombent alors sous forme de lamelles épidermiques.

Les tumeurs molaires pédiculées tombent souvent par suite de rupture par ulcération du pédicule.

La durée de l’éruption, qui se produit par poussées successives, est de quatre à six mois, mais elle peut atteindre deux ans.

Les verrugas siègent de préférence à la face et aux membres, mais on peut les rencontrer, quoique rarement, et toujours en très petit nombre, sur le tronc. Elles peuvent se retrouver sur toutes les muqueuses et dans le tissu conjonctif de tous les organes, foie, rate, reins, poumons. Les éruptions internes sont toujours très graves.

Les verrugas naissent en général dans l'inférieur du derme : cependant les grosses fumeurs mulaires naissent souvent dans le tissu cellulaire sous-cutané et se font jour au travers de la peau. Au point de vue bactériologique, elles ont été examinées en 1 81)8 par Nicolle et par Letulle, qui, tous deux, ont signalé la présence dans leur intérieur d'un bacille acido-résistant très voisin du bacille de Koch.

Papillomes. — Pian. — Dans le pian, après les symptômes prodromiques, fièvre irrégulière et troubles divers : céphalées, douleurs articulaires et, osléocopes, macules ac bromiques, prurigineuses, la lésion caractéristique se produit sous forme d'un bouton ressemblant à un furoncle. Ce furoncle se vide, le fond de l'ulcération prolifère, poussant des prolongements papillomafeux qui donnent à la lésion l'aspect d'une framboise, d'où le nom de frumbœsia. La lésion s'étend par la périphérie, «die peut se cicatriser en son centre et 1 on a alors d«‘S éléments circinés qui peuvent, en se coupant les uns b*s autres, former «les dessins variés.

Tous ces éléments sont généralement recouverts de, concrétions crustacées. Ils peuvent se rencontrer sur tous les points du corps et particulièrement au niveau des orifices naturels

ou dans les plis de flexion, mais ils respectent toujours les muqueuses.

A la paume des mains ou à la plante clés pieds il se produit de l'Iivperkératosc accompagnée de fissures, et les éléments du pian qui cherchent à se faire jour au travers d'une épaisse couche cornée sont très douloureux ; il est souvent nécessaire d’abraser cette assise cornée pour leur livrer passage.

La durée de croissance des papillomes pianiquesesl de trois semaines environ ; ils restent stalionnaires le même temps, puis entrent en régression et se ilessèchenl ; des lâches achromiques ou hyperchromiques leur succèdent .

Fig. 95. — Un élément pianique (d'après Jeanselme).

Mycétomes. — Pied de Madura. — Ces tumeurs naissent en général à la plante du pied sous forme de granulations dures. Elles grossissent lentement, puis s’ouvrent en donnant issue à un liquide légèrement purulent, sirupeux, contenant en suspension des grains jaunes, des grains rouges ou des grains noirs ressemblant à des grains de poudre. Les plaies formées n'ont aucune tendance à la cicatrisation, et l'affection gagne en profondeur par suite de la production de nouvelles granulations ; il se forme ainsi dans l'épaisseur de la peau du tissu sous-cutané, du tissu musculaire et même du I issu osseux complètement ramolli, des sinus et des trajets fistuleux, qui laissent sourdre un pus spécial, renfermant des grains jaunes, rouges ou noirs. Le pied est généralement très enflé et. c o m p 1 è le m e n t déformé.

Dans les grains jaunes que renferme le pus ou dans des coupes de peau, l’examen microscopique démontre la présence

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d’un mycélium ramilié non cloisonne bien é| udié par Vincent et qui a été désigné sous le nom de Streptollirix Madura \

Ce mycélium présente, au centre du grain jaune, un aspect l'entré; à la périphérie il prend une disposition radiée.)

Le Streptollirix Madura; cultive sur les infusions végétales, les pommes de terre et les carottes.

Dans les grains noirs, Bouffard, Drumpl et Cliabaneix ont trouvé un mycélium cloisonné et ramifié beaucoup plus large que le précédent et que Laveran a nommé Streptollirix mycetomi.

Le Streptollirix mycetomi n’a pas pu jusqu’à ce jour être cultivé d’une façon certaine.

Dans la variété à grains rouges, le parasite n’a pas encore

été déterminé.

SYSTÈME PILEU

Lèpre. — Les poils, ainsi que nous l’avons vu, tombent, dans la lèpre dans les territoires envahis par les lésions lépreuses. La chute de la barbe, de la moustache, des cils et des sourcils, donne alors au malade un aspect glabre que certains auteurs ont comparé à la physionomie d’un eunuque. Par contre, il n’y a jamais d’alopécie du cuir chevelu, lequel n’est jamais atteint par les lésions lépreuses.

Caratés. — Dans les caratés, les poils cessent de pousser dans les régions envahies, mais les barbes bien développées résistent et protègent la peau qu’elles recouvrent. Les cheveux restent indemnes.

Piedra de Colombie. — Les cheveux sont par contre atteints dans une autre affection des mêmes régions, la piedra. Dans cette maladie, les cheveux présentent en de très nombreux points de leur longueur de petits renflements durs invisibles à l’œil nu, mais très sensibles au toucher. Ils sont parfaitement sentis lorsqu’on fait glisser le cheveu entre le pouce et l’index. Ils déterminent un crépitement lorsqu on

SEMKIOLOC.IE J) liS MALADIES THOPICALES.

passe le peigne dans les cheveux. Au niveau de ces renflements on distingue au microscope (Yoy. Technifjue de l’examen de la peau) des spores polyédriques analogues à celles des trichophylons, mais deux lois plus volumineuses. Le cheveu ne tombe pas et il n’y a pas d’alopécie. L’affection cède d’ailleurs rapidement au savonnage et aux soins de propreté.

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