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SENSIBILITÉ TACTILE

Les troubles de la sensibilité ont été étudiés au chapitre Système nerveux , auquel nous renvoyons le lecteur.

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Les méthodes de technique bactériologique que nous avons indiquées au cours de ce livre nécessitent une installation telle qu’on la trouve dans les centres scientifiques. Or, le médecin exerçant dans les colonies n’aura pas toujours un laboratoire, avec le gaz, à sa disposition. Dans bon nombre de cas, il pourra lui manquer les instruments commodes à l’aide desquels on stérilise, ou même les produits chimiques qui servent à la fabrication des milieux usuels.

Nous allons brièvement indiquer comment on peut, dans certains cas, combler ces lacunes, et suppléer à l’absence d’une installation de laboratoire (‘I au manque de certains produits.

Stérilisation par la chaleur sèche.

Lorsqu’on n’a pas de gaz à sa disposition, on emploiera un combustible quelconque pour stériliser au four Pasteur. 11 suffira de démonter la couronne de gaz et de monter le four sur quelques briques, de façon à faire une place suffisante pour le foyer. On pourra également employer le fourneau à pétrole Primus. Ce fourneau ne fume pas et chauffe l'rès bien ; on n’oubliera pas de se munir d’aiguilles destinées à le déboucher, de becs de rechange et de clés de démontage.

Pour le travail du verre, on emploiera des appareils analogues brûlant de l’essence minérale, que l’on voit quelquefois entre les mains des plombiers et qui sont connus dans le commerce sous Maladies tropicales. 34

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le nom de lampe de soudeur ou lampe Ætna. On se procurera également, pour ces appareils des aiguilles a déboucher, des clés de démontage et des becs de rechange.

La lampe Ætna est très commode pour étirer des pipettes, souffler des boules ou fermer des tubes à essais. Elle a en outre un grand avantage, c’est qu’elle ne s’éteint pus facilement et qu’on peut, même en plein air, avec cet appareil, passer a la flamme une pipette avant de s’en servir ou chauffer un fer destiné à brûler la surface d’un organe à l’intérieur duquel on veut aller chercher aseptiquement un germe infectieux quelconque.

Si l’on veut faire de la verrerie fine et des soudures, il est nécessaire d’avoir une table d’émailleur et un chalumeau monté sur un des appareils que nous indiquons plus loin.

Si l’on veut stériliser de la verrerie et que l’on n’ait pas de four Pasteur à sa disposition, on pourra, ainsi que l’ont indiqué Nicolle et Remlinger, se servir d’un four de boulanger, après que le pain en a été retiré. On laissera les objets à stériliser jusqu’à ce que le coton qui bouche les tubes à essais ou les ballons soit légèrement roussi. Les boîtes de Pétri pourront être stérilisées de même, en plaçant à côté d’elles un tube à essai bouché de coton qui servira de témoin.

Cette stérilisation n’est applicable qu’à la verrerie bien sèche, et ne contenant aucun liquide. On peut aussi très simplement et assez rapidement stériliser une grande quantité de tubes à essais en les passant dans la flamme d’un bec à pétrole du genre lampe Ætna ou d’un éolipyle si on possède un appareil de ce genre.

Stérilisation par la chaleur humide.

Pour stériliser avec un autoclave Chamberland, lorsqu’on n’a pas de gaz à sa disposition, il faudra faire fabriquer un cercle en fer, remplaçant la chemise de tôle qui entoure ordinairement la chaudière. Ce cercle, dans lequel s’emboîtera l’autoclave, sera porté par trois pieds qui devront élever le four de la chaudière de 50 à 60 centimètres au-dessus de la terre, de façon à laisser la place pour le combustible et la flamme. Il faudra, bien entendu, démonter la couronne de becs de gaz qui chauffe l’autoclave. A défaut de trépied, on pourra placer l’autoclave sur un petit bâti en briques ou en pierres. Les fourneaux à pétrole Primus donnent également dans ce cas de bons résultats.

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Si l’on n’a pas d’autoclave à sa disposition, on emploiera le chauffage discontinu, qui consiste à porter à 100° au bain-marie le liquide à stériliser quatre jours de suite pendant un quart d’heure.

Milieux de culture. — Pour faire un bon milieu de culture, si l’on manque de peptone, on pourra faire un très bon bouillon peptonisé avec la panse de porc (bouillon de panse de porc de Martin) ; c’est un des meilleurs milieux liquides que l’on connaisse; il se prépare de la façon suivante :

A. i° Prendre un estomac de porc bien frais (on fera bien de l’envoyer chercher au moment où l’on abat les animaux et de s’en servir immédiatement), le vider, mais ne pas le laver.

2° Le hacher très fin et le placer dans de l’eau acidulée dans les proportions suivantes :

Hachis d’estomac de porc 200 grammes.

Acide chlorhydrique pur 10 —

Eau à 50° 1000 —

3° Maintenir la température à 50° au moyen d’une petite lampe pendant douze heures. Au bout de ce temps, la totalité des fragments du hachis doit être digérée et dissoute.

4° Filtrer sur un linge.

B. i° Mettre à macérer à froid 500 grammes de viande finement hachée et soigneusement dégraissée dans un litre d’eau.

2° Au bout de six à douze heures, filtrer et exprimer au travers d’un linge.

Si la viande a une tendance à s’altérer par suite de la chaleur, on peut la couper en petits morceaux et la faire bouillir dans les proportions indiquées plus haut.

G. JL° Mélanger A et B par parties égales.

2° Chauffer à 100° pour coaguler l’albumine.

3° Alcaliniser avec une solution de soude, de bicarbonate ou de carbonate de soude, et laisser bouillir quinze minutes après alca- ✓ linisation pour précipiter les phosphates.

4° Vérifier l’alcalinisation au papier de tournesol.

5° Passer sur un filtre préalablement mouillé et répartir dans les tubes ou les ballons stérilisés.

Le bouillon, ainsi préparé, quoique bouilli, n’est pas stérile ; pour le stériliser, en l’absence d’un autoclave, on emploie la stérilisation discontinue ainsi qu’il est indiqué plus haut.

On peut aussi employer une solution d’extrait de viande de Liebig à 1 p. 100. Ce bouillon Liebig est très employé en Aile-

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magne dans la fabrication des milieux de culture; il donne d'assez bons résultats.

On peut préparer des milieux solides par les mêmes procédés. Pour faire de la gélatine, on ajoute au bouillon peptonisô 10 p. 100 de gélatine blanche, pure, coupée en petits morceaux, — on porte à 100°, — on alcalinise, — on colle avec un blanc d’œuf (on ajoute un blanc d’œuf dans le liquide refroidi au-dessous de 60" et on porte de nouveau à 100°), — on filtre sur papier épais Chardin, — on distribue dans les vases stériles et on stérilise par chauffag-e discontinu.

Dans les pays chauds, la gélatine, qui fond à 22°, est un milieu peu pratique; aussi a-t-on conseillé de la remplacer par un milieu solidifié au moyen d’un mélange de gélatine et de gélose. Ce milieu a l'inconvénient d’indiquer très imparfaitement la liquéfaction que certains microbes produisent sur la gélatine; nous préférons augmenter la quantité de gélatine et faire un milieu à 30 p. 100 de gélatine qui reste solide jusque vers 35°. C’est au moyen de ce milieu qu’ont été faites toutes les analyses des eaux des sources de Tananarive.

Pour préparer la gélose, on ajoute 1,5 p. 100 d’agar au bouillon peptonisé. On fera bien de laver soigneusement l’agar et de le mettre à tremper dans l’eau avant de s’en servir.

On fait fondre à 100°, on vérifie l’alcalinisation et on filtre sur papier Chardin.

Lorsqu’on veut éviter une filtration, ou si l’on n’a pas de papier Chardin, on peut laisser refroidir lentement la gélose, dans un récipient quelconque ou, mieux, dans un verre conique ; les impuretés tombent au fond. Lorsque la gélose a fait prise, on la sort très facilement de son récipient et on coupe avec un couteau la partie trouble qui renferme le dépôt. Le reste est fondu de nouveau, distribué dans des tubes stériles et stérilisé par chauffage discontinu.

Le bouillon ordinaire, pour la culture des mucédinées et des champignons parasites, peut être avantageusement remplacé parle glucose-malto-peptone (le maltopeptone est un produit qui se trouve dans le commerce; c’est un extrait de touraillons) :

Glucose 100 grammes.

Maltopeptone 10 —

lia u 1 litre.

Si l’on n’a ni glucose ni maltopeptone à sa disposition, on pourra faire un moût de bière de riz de la façon suivante : on broie

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le riz non décortiqué dans un moulin à café ou, mieux, dans un moulin à g'raine de lin des pharmacies :

Riz non décortiqué broyé 200 grammes.

Eau : ! 1000 —

Acide sulfurique 10 —

Dans une marmite émaillée ou en cuivre (celles de fer ou de fonte doivent être proscrites) on met le riz, puis l’eau et l’acide. On porte à 100° et on laisse bouillir, jusqu’à ce qu’une goutte du liquide, portée sur le fond d’une assiette ou d’un morceau de porcelaine blanche, ne donne plus de couleur violette par l’addition d’une goutte de lugol (solution iodo-iodurée). On neutralise avec la chaux jusqu’à réaction neutre ou faiblement alcaline, sauf pour les moisissures, pour lesquelles on ne neutralisera pas complètement.

On filtre et on stérilise. On peut ajouter de la gélose si l’on veut faire un milieu solide.

Étuves.

Chauffage des étuves. — Dans la plupart des régions tropicales, à moins que l'on ne se trouve à de grandes altitudes, la température, toujours élevée et relativement constante, est très suffisante pour permettre le développement rapide de tous les microbes, sauf de ceux, d'ailleurs rares, qui sont Lrès exigeants à ce point de vue et ne poussent qu’à des températures déterminées (bacille de Koch). Il suffira dans la plupart des cas, dans Jes pays chauds, de garantir les cultures contre les refroidissements nocturnes en les tenant dans des armoires fermées et dans des pièces autant que possible bien closes.

Cependant, si, pour des recherches spéciales, on pensait devoir installer une étuve à cultures, — et nous estimons que l’on n’en a besoin sous les tropiques, en dehors des pays d’altitude, que dans les cas particuliers où l’on désire obtenir une température très fixe, — on ne devra pas, à notre avis, adopter les étuves à pétrole. Ces appareils sont en e (le t assez irréguliers, les mèches charbonnent, les lampes s’éloignent, les crémaillères s’usent très vile, et les appareils sont rapidement hors d’usage. Faute de mieux, ils pourraient néanmoins rendre des services.

On aura avantage à adopter les étuves à gaz munies des régulateurs bimétalliques de Roux. Ces régulateurs sont solides et permettent d’obtenir un réglage de température très parfait, à un dixième de degré près.

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L’étuve de Roux est un très bon appareil de laboratoire; cependant les grands modèles, seuls, donnent de bons résultats, parce que la masse qu’ils représentent est suffisante pour ne pas être trop brusquement influencée par les variations extérieures de la température. Les petits modèles se règlent mal, parce qu’ils n’ont pas assez de volume ; néanmoins, si l’on possède un de ces appareils, on pourra diminuer sa sensibilité aux variations extérieures et s’en servir en plaçant à son intérieur un vase rempli d’une certaine quantité d’eau (5. à 10 litres). Cette eau sert de régulateur accessoire, et remplit en la circonstance le même office que le volant d’une machine à vapeur : elle s’échauffe et se refroidit moins vile que l’air et, lorsque la température de l’étuve baisse, elle cède de sa chaleur à l’atmosphère qu’elle réchauffe.

Le procédé que nous venons d’indiquer peut permettre d’utiliser une étuve que l’on n'arriverait pas à régler sans cela. Cependant l’eau que l’on introduit dans l’étuve — et il en faut une certaine quantité — tient une place dont il serait souvent très utile de pouvoir disposer; aussi préférons-nous employer, lorsqu’il s’agit de petites étuves, des étuves à doubles paroisque l’on remplit d’eau, du genre de celle de Babès, munies d’un régulateur de Roux.

Ainsi que nous l’avons démontré plus haut, une étuve n’est indispensable dans les pays chauds que lorsqu'elle peut donner des températures très fixes; les seules étuves qui se règlent convenablement sont des étuves au gaz; les étuves devront donc être chauffées au gaz, et dans la plupart de nos colonies on devra faire son gaz soi-même.

Certains laboratoires ont été montés avec l’acétylène ; or l’acétylène préparé en petite quantité avec du carbure de calcium, lorsqu’il n'est pas épuré par des appareils spéciaux qu'il n’est pas facile d’introduire dans les laboratoires, a l’inconvénient de dégagerdes odeurs insupportables.

Les appareils qui nous ont donné les meilleurs résultats sont les carburateurs. Dans ces appareils, un courant d’air passe sur des lames de feutre imbibées d’essence volatile de pétrole et entraîne des vapeurs qui brûlent à la sortie dans des becs, à la façon du gaz de houille. Parmi les nombreux modèles que l'on trouve dans le commerce, les meilleurs à notre avis sont les deux modèles de Paignot et Demouchv, adoptés dans un grand nombre de laboratoires coloniaux. Le premier de ces modèles donne du gaz sous pression que l’on peut utiliser comme le gaz de houille. Le second donne du gaz sans pression; il est très

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pratique pour de petites installations et peut rendre des services d’autant plus grands, aux colonies, qu’il est très portatif et que son prix de revient est très modique.

Il a l’inconvénient de ne pouvoir servir à alimenter que des becs à flamme blanche, qui utilisent du gaz sans pression (becs des étuves); il ne peut pas, en conséquence, être employé pour alimenter des becs du genre Bunsen, dans lesquels la pression entraîne une certaine quantité d’air ; nous pensons cependant qu’il pourrait servir à alimenter un chalumeau.

Lorsque les carburateurs ont un débit inégal, que les becs brûlent avec bruit ou s’éteignent sans cause, cela lient à ce qu’ils ont besoin d’être nettoyés. La gazoline qu’ils contiennent s’est chargée d’huiles lourdes, sa densité a beaucoup augmenté et elle n’est plus bonne pour la carburation : elle sera remplacée et l’appareil sera nettoyé.

La gazoline que l’on devra employer devra être d’une densité de 05° à 66°, 68° au maximum ; les gazolines employées pour les automobiles ne donnent, à de rares exceptions près, que de mauvais résultats dans les carburateurs destinés aux laboratoires.

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