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DIAGNOSTIC DE LA FIÈVRE DE MALTE

La lièvre de Malte (fièvre méditerranéenne) est une affection fébrile, déterminée par un microcoque (Micrococcus tneli- ■ tensis ) qui se trouve dans la rate et non dans le sang périphérique des malades. Elle esL caractérisée par une série d’accès de fièvre suivis de rémissions, par l’augmentation du volume delà rate, par un pseudo-rhumatisme, des sueurs profuses et, comme complication fréquente, des épididymites et des névralgies.

La distribution géographique de cette maladie est probablement beaucoup plus étendue qu’on ne le croit.

Diagnostic différentiel. — Sa grande similitude clinique uvec la lièvre typhoïde l’a fait vraisemblablement méconnaître dans bon nombre de cas. Le début, s’annonçant par de la lassitude, des malaises, des maux de tète, par la perte de l’appétit, est de tous points semblable à celui delà dolhiénenlliérie. Aussi sera-t-il bien souvent difficile d’éviter une erreur de diagnostic, jusqu’il ce que le séro-diagnoslic soit venu donner un résultat positif ou négatif.

L’absence de lâches rosées lenticulaires et la diarrhée sont à noter. Plus tard, la marche caractéristique de la température (fièvre ondulante), les sueurs, l’apparition de douleurs articulaires feront pensera la lièvre de Malte. 11 en est de même des orchites, des névralgies et de l’amélioration de l’état général du malade pendant les rémissions.

La fièvre récurrente se distinguera de la fièvre de Malte par

l’ascension soudaine de la température el sa chute également brusque, ladurée relativement courte des accès, l’absence de pseudo-rliumatisme et d’orchites.

Dans la typhobacillose ou tuberculose aiguë à forme typhoïde, existe le même début insidieux, caractérisé par un malaise général, de la perte d’appétit, de l'insomnie avec quelques petits frissons passagers. La fièvre au début est peu élevée, continue, ou rémittente, atteignant 38°, 5 ou 39°, 5. La rate est également augmentée de volume. Mais dans la typhobacillose la dyspnée domine la scène. La toux s’observe le plus souvent, tenace et pénible, souvent par quintes. L’amaigrissement du malade est rapide et précoce.

L’abcès du foie, avec son début insidieux, peut laisser le diagnostic en suspens. En effet, le foie est souvent augmenté de volume dans la fièvre de Malte. La marche de la température, avec ses ondulations caractéristiques et surtout l'apparition des complications spéciales à celte dernière affection, parfois sa longue durée avec ses rémissions plus ou moins régulières, la feront reconnaître.

La bronchopneumonie et la bronchite capillaire sont - <les complications fréquentés de la fièvre de Malte, qu’on pourrait confondre avec une pneumonie (Hughes).

La fièvre méditerranéenne peut être encore prise pour d’autres affections tropicales, dans lesquelles la marche de la température affecte une forme rémittente, et avec certaines formes de paludisme en particulier. Dans ce dernier cas, l'examen microscopique du sanget la constatation de l’efficacité ou de la non-efficacité de la quinine lèveraient les doutes.

Mais c’est surtout par le séro-diagnostic que l'on arrive à différencier la fièvre de Malte des autres affections fébriles qui peuvent la simuler.

Le sang des malades atteints de fièvre de Malte agglutine les cultures de Micrococcus nielitensis dès le cinquième jour de la maladie. 11 conserve cette propriété pendant trois ans. On trouvera les détails de la technique du séro-diagnostic de la fièvre de Malte page 24 2.

Diagnostic bactéi'iologique de la fièvre de Malte

(Micrococcus nielitensis).

Le diagnostic bactériologique de la fièvre de Malle se fait par l’examen du sang retiré par ponction de la rate. L’agent infectieux s’y montre sous forme de petits microcoques ronds ou légèrement ovalaires souvent disposés par deux ou quelquefois par quatre éléments. Ils sont doués d une faible motilité et ont le plus souvent un seul cil (rarement de deux à quatre). D’après Carbone (1), le Micrococcus nielitensis est pathogène par injection intraveineuse chez le lapin, et par injection intrapéritonéale chez les cobayes qui meurent en 12 à 30 jours; il occasionne chez les cobayes une vaginalile purulente bilatérale avec tuméfaction notable.

(1) Carbone, Archive cli Scienze mediche, 2e fasc., p. 273, 1 904.

dos testicules ; la sérosité péritonéale ne renferme pas de bacilles, tandis que le foie, la rate, la moelle osseuse et le pus de la vaginale, ensemencés, donnent lieu à un développement, abondant du Micrococcus melitensis sur gélose. Voici un tableau résumant brièvement les principales propriétés du M icrococcvs melitensis.

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