DIAGNOSTIC DE L’ANKYLOSTOMIASE
duodenalis . On la rencontre dans les zones tempérées, où elle sévit presque exclusivement dans certains corps de métiers [mineurs, briquetiers). Elle est tellement commune dans les pays chauds qu'il est indispensable d’en rappeler les principaux traits (1).
Elle débute par des troubles dyspeptiques, une sensation de gène ou de douleur à l’épigastre accompagnée d’augmentation ou de perle d’appétit ou quelquefois de perversion du goût ( géophagie ). On observe de la constipation, de l’irrégularité dans les selles. Ces dernières contiennent rarement du sang ou des mucosités; on y retrouve des cristaux de Charcot- Leyden. 11 y a souvent aussi un léger état fébrile avec température peu élevée; quelquefois, au contraire, il y a légère hypothermie.
A mesure que la maladie progresse se manifestent les signes d'une anémie à marche rapide caractérisée chez les blancs par une teinte particulière, jaune et livide, des téguments. On ne remarque ni amaigrissement, ni diminution de poids, mais il se produit des œdèmes. On observe des étourdissements, des troubles des organes des sens et de l’affaiblissement intellectuel. Dans certains cas, on peut percevoir des souilles artériels.
Le nombre des hématies peut être réduit à moins de un million par millimètre cube; le taux hémoglobiniquo ne varie pas, il y a de l’éosinophilie. La maladie peut être très rapide (quelques mois), ou durer plusieurs années; c’est la constatai ion, au microscope, de la présence du parasite dans les selles qui permettra de faire le diagnostic (Voy. page 34G).
Diagnostic différentiel. — On devra, dans les pays chauds, chaque fois que l’on se trouve en présence d’une anémie à
(1) On a attribué la cause de la rareté do l’ankylostomiase en Europe, en dehors des mines, à la température qui serait insuffisante pour faire éclore les œufs du parasite. — Ces œufs demanderaient pour se développer une température d’au moins 18°, condition qui se trouve constamment réalisée dans les mines et dans les pays chauds.
marche rapide, non imputable au paludisme ou «à d'autres cachexies endémiques, penser à l'ankylostomiase. Et môme, en présence d’infections sanguines, on devra, d'une façon systématique, examiner les selles de fous les anémiques, car l’ankylostomiase, surtoul fréquente chez les indigènes, coexiste la plupart du temps chez eux’avec d’autres affections, que l’on a souvent attribuées par erreur à la présence de l’uncinaire dans l'intestin. C’est ce qui s’est passé en particulier pour le kala-azar.
La constatation d’une éosinophilie, au cours d’un examen du sang, devra toujours faire pensera l’uneinariose ou à un autre parasite du genre nématode.