‹ Diagnostic et séméologie des maladies tropicalesChapitre 78 sur 194 · GC · texte numérisé non relu

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[roubles de sensibilité permettra, dans une région où l'affection est endémique, de faire facilement le diagnostic. On devra également toujours pratiquer l'examen bactériologique, qui démontrera si l’on a affaire à une mycose ou à la lèpre.

Cet examen bactériologique rendra les plus grands services pour le diagnostic des variétés blanches ou des achromies régressives des caratés d’avec le vitiligo, et d’avec d’autres achromies fréquentes dans les races colorées, et non encore complètement déterminées. Ce diagnostic est d’autant plus difficilé que la variété blanche des caratés, comme le vitiligo. n’est jamais prurigineuse; cependant, les taches de caratés s’observent principalement autour des articulations et dans les régions exposées aux cbocs et aux frottements, cl le siège des lésions pourra fournir un bon signe de diagnostic.

Les plaques achromiques qui précèdent le pian sont consécutives à des symptômes généraux qui ne peuvent passer inaperçus (>1 permettent de faire immédiatement le diagnostic d’avec les caratés.

Enfin, la disposition particulière des squames d’un élément de tokélau, que l’on a très heureusement comparé à une cocarde, distinguera les lésions des caratés de celles du tokélau.

4 I . DIAGNOSTIC DU TOKELAU (T I N E A IMBRICATA)

Ce tic affection cutanée sévit dans l’Extrême-Orient : on la rencontre en Chine, en Indo-Cbine, en Malaisie cl dans les îles du Pacifique jusqu’à Tahiti.

C’est une maladie apyrétique, une simple mycose cutanée. Elle débute par une petite tache brunâtre, qui s’étend et se couvre de squames; les squames sont implantées par la base à la périphérie, la partie libre tournée vers le centre du cercle qu’elles forment.

La base est bordée d’un liséré rouge ou sanguinolent ; le

DIAGNOSTIC DU TOKELAU

cercle s’élargit cl il se forme en son centre une nouvelle tache, puis un nouveau cercle.

A la suite du deuxième cercle, on en voil naître un Iroi-

Fig. 33. — Tokélau, d’après Bonnai'y.

sième, et ainsi de suite : c’est ce qu’on appelle un système de lokelan. Dans ces systèmes, les écailles sont disposées à la manière des tuiles d'un toit, d'où le nom de line a imbricala (teigne imbriquée) que Manson a donné à l 'all’ecl ion .

Les cercles peuvent s’entrecouper et donner lieu à des dessins variés. La surface sous-jacente est dépigmentée.

Le lokelau peul envahir loui le corps : il y a hyperkéralose palmaire et plantaire, et les ongles sont inlillrés, squameux et soulevés par des couches mycéliennes sous-jacentes. Les lésions du lokelau sont accompagnées d’un prurit très intense. Lorsque les squames tombent, elles laissent à leur place des plaques achromiqucs ou hyperchromiques.

Dans les squames, on retrouve un mycélium aspergillaire (A spergil lus lepidophyton T ri bon dea u) .

L’affection ne semble pas guérir naturellement. L’acide ehrysophanique semble donner dè très bons résultats, et Jeanselme a conseillé son emploi sous forme de traumaticine.

Diagnostic différentiel. — Le tokélau peut être difficilement confondu avec d’autres dermatoses, par suite des caractères bien tranchés qu’il présente. L’ichtyose, qui pourrait lui ressembler, est une affection congénitale et non contagieuse. L'herpès circiné ne présente pas de squames aussi développées, ni d’anneaux concentriques aussi nombreux et aussi réguliers. Les squames des caratés n’ont pas non plus les mêmes dispositions régulières.

Et, dans tous les cas, l’examen bactériologique des squames et la mise en évidence du mycélium cloisonné à éléments cuboïdes, et surtout des fructifications aspergillaires, tellesque les ont vues Tribondeau, Jeanselmc et Wehmer (Yoy. Signes lires de l’examen de la peau), permettront de faire le diagnostic.

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