TROIE
bouillon simple et dans le bouillon additionné de bile fraîche de chien (1). Dans notre cas, l’examen du pus, fait à deux reprises par notre collègue Thiercelin, resta négatif. Enfin il y a quelques jours, M. Tuffier citait à la Société de chirurgie deux observations d’abcès du foie dont le contenu fut stérile, et il concluait que cette stérilité est secondaire (12 octobre).
De ce qui précède on peut dire que les microbes font souvent défaut dans les abcès dysentériques : ils existent peut-être à certaines périodes et disparaissent ensuite par la longue durée du processus, ou bien ils sont encore inconnus et impossibles à démontrer par les méthodes actuelles. L'action bactéricide de la bile qui ferait aseptique l’abcès du foie n’est rien moins que certaine, depuis que les recherches de Dupré et de Létienne ont montréla mulliplicité microbienne des infections biliaires. Si donc la bile, excellent milieu de culture, ne rend pas ces abcès aseptiques, c’est peut-être la cellule qui par une action chimique encore inconnue fait disparaître les microbes pathogènes, ou atténue leur virulence (Chauffard) (2).
Cette absence de micro-organismes, quelle qu’en soit la cause, est importante en clinique et thérapeutique chirurgicales, et peut expliquer l’innocuité de la méthode de Little dans les vastes abcès du foie, parfois anciens, souvent adhérents, presque toujours sans microbes,
C'est l’excuse de cette longue étude du pus, dont la connaissance est ulile au diagnostic différentiel, au pronostic et au traitement.
Tels sont les éléments indispensables du diagnostic des abcès du foie.
Certes l’abcès typique est facile à reconnaître et ne
1. Arnaud et d'Astros. Congrès de Marseille pour l’avancement des sciences, 1891, et Revue de médecine, avril 1892.
2. Chauffard. Traité de médecine, L. IIT, pe 800. Ce serait une action analogue à celle du foie sur les poisons.
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peut être confondu avec une autre maladie. Mais il n°y a pas toujours cetle nelteté de symptômes et cette uniformité de caractères qui allirent rapidement l'attention. Il en est qui restent inaperçus, dont le diagnostic ne peut être fait, ni l'existence assez assurée pour qu’on se permette une intervention. « La science contient sur ce point assez d'erreurs de diegnostic, commises par les hommes les plus expérimentés pour qu’on ne soit pas surpris un jour d'en augmenter la liste » (Gallard) (4).
C'est que tantôt certains signes du début sont insidieux, el l'apparition du pus dans la plèvre, les vomissements, les selles ou les urines dévoilent brusquement la suppuration hépatique : tantôt l’abcès est une surprise d’autopsie, ou bien on s’imagine trouver un abcès qui n'existe pas, ou encore la prédominance de tel symptôme donne le change et fait croire à une affection d'organe voisin.
Quelles sont donc les causes d'erreur de diagnostic ?
S'il est parfois difficile de reconnaître une suppuration du foie, c’est que plusieurs maladies d'organes voisins peuvent simuler un abcès du foie et être confondues avec lui; c’est qu’il y a souvent analogie de symptômes entre l’abcès du foie et d’autres affections de cet organe ou de ses annexes (périloine qui l'enveloppe ou vésicule biliaire) ; c’est qu’enfin une maladie concomitante peut faire illusion et masquer un abcès hépatique qui évoluait sans caractères propres ni commémoratifs.
J'ai essayé de classer toutes ces maladies qui simulent plus ou moins l’hépalite suppurée, suivant que prédominent tels ow lels sympiômes, capables d’induire en erreur, et j'étudierai successivement les cas où l’on observe dans les abcès du foie les mêmes accidents que dans certaines affections d’organes voisins ou dans quelques maladies générales, ceux ensuite où l’abcès peut simuler une autre maladie du foie ou des annexes ; ceux enfin oùil n'y a