PRÉFACE
Les affections oculaires tiennent une grande place dans la pathologie, d'autant que, dans ces dernières années, leur domaine s'est considérablement étendu, et que leur étude est devenue nécessaire, non seulement aux oplilhalmologistes, mais aussi à tous les médecins en général.
Pour bien connaître ces maladies, on ne peut pas se contenter d'une simple exposition de leur symptomatologie, mais il faut encore, et surtout, chercher à développer le diagnostic différentiel, dont la connaissance permettra d'assigner à chacune des lésions oculaires le rôle qui lui incombe relativement à la constitution de l'organisme tout entier.
Le diagnostic des affections oculaires a atteint un degré de précision qui dépasse, on peut bien le dire, celui des autres branches de la médecine. 11 le doit aux méthodes d'exploration, aussi variées qu'exactes, auxquelles l'œil se prête merveilleusement et qui ont été mises en pratique pendant ce dernier quart de siècle.
On pourrait être tenté, d'après cela, de croire que le toucher, la palpation, l'examen ophthalmoscopique, la chromatoscopie, la réfraction, l'examen de l'acuité visuelle et du champ périphérique , sont des moyens d'investigation tellement infaillibles, que rien ne peut leur échapper.
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Néanmoins, le diagnostic des maladies des yeux n'est pas exempt de difficultés, il exige surtout de la part du praticien une très grande sagacité pour découvrir les causes qui leur ont donné naissance.
Cela tient d'abord à ce que l'œil se compose de tissus variés, qui peuvent subir des atteintes, soit isolément, soit simultanément, et sous l'influence d'une seule cause ou de plusieurs à la fois. De plus, les membranes de l'œil ont entre elles des rapports très intiuies, elles sont souvent alimentées par les mêmes vaisseaux, innervées par les mêmes nerfs; il n'est donc pas surprenant que leurs altérations ne restent pas toujours limitées à la partie primitivement atteinte, mais envahissent de proche en proche les membranes voisines, créant ainsi des complications qui sont souvent plus graves que la maladie elle-même, et dont il importe au plus haut point de reconnaître la nature et la filiation morbides. Enfin, les affections oculaires sont souvent sous la dépendance des diathèses, ou bien elles sont amenées par des altérations du cerveau, du cœur, des reins, de l'utérus, etc.
Reconnaître ces diiférentes causes d'après l'état des membranes de l'œil, tel est le but que nous nous sommes proposé d'atteindre, en donnant les plus grands développements à l'étude des phénomènes qui sont propres à éclairer le diagnostic.
La thérapeutique découle du diagnostic précis : en le connaissant, on évitera facilement de grosses erreurs dans la prescription du traitement. C'est pourquoi nous avons cru utile de réunir dans cet ouvrage ces deux branches capitales de l'ophthalmologie, et de leur consacrer tous les développements que méritait l'importance des questions que nous avions à approfondir.
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