‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 10 sur 355 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA TOPOGRAPHIE DU CŒUR · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA TOPOGRAPHIE DU CŒUR

Tout médecin qui veut faire le diagnostic d'une maladie, de manière à satisfaire aux exigences de la clinique moderne et surtout de la clinique française, doit résoudre successivement les quatre problèmes suivants :

i" Reconnaître les symptômes;

2» Reconnaître l'affection;

3° Reconnaître la maladie;

4° Reconnaître l'individualité du malade.

Au temps de Galien, le diagnostic se bornait aux symptômes, il consistait à reconnaître les manifestations morbides, qu'on classait en trois catégories : les troubles fonctionnels (ac^?b /«sa); les altérations dans les produits des organes (ea;c;-e^onm viti'a); enfm les altérations dans la forme et l'apparence des organes {qualitalum externarum mutatwnes).

L'école anatomopathologiste a fait un pas déplus, elle a exigé qu'on déterminât les organes malades et le processus pathologique ; c'est le second diagnostic, celui de l'affection, mais elle s'est arrêtée là.

L'école vilaliste a été plus loin, elle a voulu qu'on recherchât la maladie dont cette afl'ection est la manifestation, et celte exigence a été surtout reconnue légitime pour les maladies chroniques.

c. PAOL. MAI.. OU cazvH. .,

8 TOPOGRAPHIE DU COKUR,

Celle rccliei-che esl surlout nécessaire dans les maladies du cœur, qui sont ordinairemenl des manifeslations du rhumalisme, de la goulle, de la syphilis ou de l'alcoolisme.

Enfin l'école contemporaine, ou tout simplement l'école du bon sens, exige qu'on aille plus loin encore et qu'on détermine les conditions individuelles du malade : son tempérament, sa constitution, ses idiosyncrasies, son passé pathologique, son milieu hygiénique, etc. Ce n'est qu'à partir de ce moment que le diagnostic est Completel permet de résoudre les deux problèmes définitifs : le pronostic et le traitement,

A chaque époque de la médecine, quoi qu'on en dise, les cliniciens ont demandé à l'anatomie, à la physiologie et aux sciences auxiliaires tout ce que ces sciences pouvaient leur donner. Je ne manquerai pas à ce devoir et je demanderai aux progrès contemporains des sciences médicales tout ce qu'ils peuvent nous fournir de connaissances et d'instruments; or, toutes les méthodes qui permettent de s'éclairer dans l'étude des maladies du cœur sont des méthodes nouvelles, elles exigent donc d'être exposées avec le plus grand soin pour qu'on puisse en tirer parti dans la clinique.

Pour donner à cette étude clinique des maladies du cœur, une base solide, je dois reprendre ici l'étude des conditions anatomiques de l'organe principal et de ses dépendances, pour montrer la corrélation intime, immédiate, qui existe entre les connaissances anatomiques servant de point de repère et l'étude des symptômes des différentes maladies du cœur.

L'affection d'un organe et de ses fonctions n'étant qu'une déviation du type normal, il faut bien, pour juger ces déviations, connaître à fond le type normal non seulement à l'état parfait, mais encore avec toutes les variétés du type normal.

Il me paraît donc nécessaire, au début de chacun des chapitres de la pathologie cardiaque, de rappeler d'une manière exacte et précise les points de repère anatomiques et physiologiques qui doivent guider le médecin.

SITUATION DU COKUR.

TOPOGRAPBIE CARDIAQUE GKN'liUALE.

La région cardiaque, comprenant le cœur, rorigine des gros vaisseaux el la séreuse péricardique, est tout entière comprise dans le sac fibreux du péricarde.

Ce sac fibreux, dont les limites sont très précises, forme, au milieu du thorax de l'homme, une cage de forme pyramidale à trois faces, d'une fixité aussi absolue que possible. Le sac péricardique est, après le bassin, la région la moins mobile du corps humain.

Cette pyi-amide triangulaire est fixée, par sa base, au centre aponévrotique du diaphragme et indirectement à la colonne vertébrale par l'intermédiaire de cordons tendineux.

Le sommet de celte pyramide est fixé de même au squelette, c'est-à-dire à la colonne vertébrale, à l'os hyoïde et au sternum, par des fibres aponévrotiques très solides. Tous ces ligaments n'ayant qu'une extensibilité très réduite, cette loge fibreuse forme, au milieu du thorax, une région aussi fixe que possible. Cette stabilité et cette protection étaient nécessaires pour un organe aussi important que le cœur, puisqu'il est le seul organe qui ne se repose jamais.

Situation. — Fixons d'abord la position exacte du sac péricardique.

l.e sac péricardique est situé dans la poitrine, sur la ligne médiane, dont il occupe presque toute la hauteur. Il est placé entre les deux poumons et les deux plèvres.

En arrière, il est en rapport avec le médiastin postérieur, c'està-dire qu'il est séparé de la colonne vertébrale par du tissu conjonclif contenant la trachée, l'aorte descendante, les artères et veines intercostales, la grande veine azygos, le canal thoracique, des ganglions lymphatiques, l'œsophage, les deux nerfs pneumogastriques et les deux cordons du grand nerf sympathique.

En avant, le sac péricardique n'est séparé du sternum que par du tissu conjonclif el le bord antérieur des deux plèvres.

Forme. — Le sac péricardique a très exactement la forme d'une pyramide triangulaire dont le sommet est situé sur la ligne

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