‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 12 sur 355 · ATTACHES DU PÉRICARDE · texte numérisé non relu

ATTACHES DU PÉRICARDE

au-devant et à gauche de l'aorte. II naît du péricarde au niveau de la crosse et va s'implanter sur la partie moyenne et latérale gauche de la troisième vertèbre cervicale et se confondre avec le ligament intervertébral. Ce ligament regarde donc en avant et à gauche, il a 3 centimètres en hauteur et 2 en largeur. Son bord interne, ou droit, correspond à l'origine de l'artère sous-clavière gauche et son bord externe, ou gauche, est recouvert par la plèvre gauche.

2° Le second ligament supérieur du péricarde est la pseudoaponévrose cervico-péricardique de M. Richet, qui se confond avec l'aponévrose moyenne du cou et va s'insérer à l'os hyoïde (l).

Le troisième ligament supérieur, qui fixe le péricarde au squelette, se porte en avant et a été décrit d'abord par Luschka sous le nom de ligament sterno-péricardique (2), puis par MM. Lannelongue et Le Dentu, sous le nom de ligament costo-péricardique (3).

On voit donc par là que le sac aponévrotique du péricarde est fixé solidement au squelette et que c'est sur ces ligaments que les vaisseaux qui émanent du cœur ou qui s'y rendent prennent leurs points d'appui, et il ne faut pas dire, comme on l'entend quelquefois, que le sac péricardique est^fixé aux vaisseaux.

La base du sac aponévrotique est fixée au centre phrénique, qu'elle déborde de 3 centimètres en avant vers la gauche, à l'état normal, et souvent beaucoup plus dans les cas d'hypertrophie. Par l'intermédiaire du diaphragme, ce sac aponévrotique va se fixer, en arrière à la colonne vertébrale, sur les trois premières vertèbres lombaires par le pilier droit, et à la seconde et à la troisième vertèbre lombaire par le pilier gauche.

En avant les fibres vont se lixer àla partie postérieure de l'ap-, pendice xiphoïde.

Mais il est important de rectifier ici une erreur physiologique. On dit généralement dans les traités classiques que le diaphragme s'abaisse dans l'inspiration. C'est là une erreur. Si le diaphragme

(1) Richet, Traité d'anatomie médico-chirurgicale.

(2) Lu3chka,:^?ia/ow2e des Menschen, [. Tubingen, 1863.

(3) Lannelongue et Le Denlu, Archives de physiologie, I, p. 448, 1868.

^> TOPOCiRAPHIE DU COEUR.

s'abaissait à chaque inspiration, le cœur, qui repose absolument sur le centre phréniquc, devrait descendre à chaque inspiration tout comme le corps thyroïde suit les mouvements de la trachée ; or, il n'en est rien. Je dirai plus : non seulement le diaphragme ne s'abaisse- pas au niveau du centre phrénique, mais il ne s'abaisse même pas sur les côtés au niveau de sa partie musculaire, sans quoi la pointe du coèur, et surtout la pointe des cœurs hypertrophiés, s'abaisserait à chaque inspiration.

11 y a, du reste, d'autres phénomènes qui prouvent ce que j'avance. Dans l'inspiration, la poussée abdominale produite par la contraction du diaphragme ne se faifpas verticalement vers la région hypogastrique, mais, au contraire, dans la région épigastrique ; il n'y a rien de plus facile à constater. Si la résultante des pressions diaphragmaliques se fait en avant et à l'épigastre, c'est que les fibres du diaphragme en se raccourcissant ramènent les insertions costales vers le centre en les élevant légèrement; ce sont ensuite les muscles intercostaux externes qui, en élevant les côtes, élargissent la cavité thoracique, comme l'a montré M, le professeur Sappey (1). (Voir la figure 1,)

Si l'on veut bien se rendre compte de ce fait, il suffit d'obser ver un enfant rachitique dont les côtes supérieures sont dilatées et les côtes inférieures refoulées par le gonflement de l'estomac, alors que la poitrine paraît étranglée par les insertions diaphragmatiques-et que le tronc prend ainsi la forme d'un violon.

Les expériences sur les animaux ne peuvent pas servir pour cette détermination, parce que l'homme est le seul être de la création dont le cœur repose sur le diaphragme par suite de sa station bipède.

■ Pour compléter ce jeu de la respiration, il faut se rappeler que les muscles intercostaux externes sont inspirateurs et les muscles intercostaux internes sont expirateurs. L'obliquité des fibres des premiers est telle, qu'ils vont en (în de compte se fixer à la colonne cervicale, et celle des premiers, qui est en sens inverse, va les fixer finalement à la colonne lombaire.

Cette théorie, défendue par Hamberger contre Haller, est évidente pour moi comme pour M. Béclard.

(1) Sappey, Traitd d'anatomie descriptive, 3° édit.. t. Il, p. 237, 1870.

PIXITK DU PÉRICARDE. 1

11 résulte de toutes ces données anatomiques que, comme je le disais au commencement de ce chapitre, le sac aponévrotique du péricarde, qui enferme la région cardiaque, est solidement et directement fixé au squelette et qu'il est fixe presque autant que le bassin. Il ne s'abaisse nullement au moment de l'inspiration et il résulte de là que, dans l'état normal, on peut

Fig. l, empruntée à la Physiologie de Béclard.

examiner indifféremnnent le patient assis ou couché ; ce n'est que dans certains cas pathologiques oîi le poids du cœur a considérablement augmenté et qu'il a vaincu peu à peu la résistance de ses ligaments, qu'on peut observer des faibles déplacements. C'est dans ces cas exceptionnels seulement que M. le docteur Duroziez a pu voir le cœur s'abaisser légèrement dans la position assise et dans l'inspiration (I).

(1) Duroziez, Des rapports du cœur avec les fiâtes et les poumons {Gazette fies hôpitaux, 2 août 1813).

8 TOPOGRAPHIE DU CdUR.

Au contraire, on voit le cœur se déplacer transversalement dans le décubitus gauche et même le décubitus droit.

Page 1