POSITION DU COEUR
place. Ç'a 'été une découverte pour un écrivain fort récent (Euslachi), mais d'autres l'avaient prévenu.
:< Casserius, Barlholin, Diemerbrock, Lower, Bidloo, Vieussens, Verheyen n'avaient pu éviter l'erreur grossière que toutes leurs dissections devaient leur reprocher; c'est apparemment le cœur des animaux qui est la source de cette erreur si générale. Dans les bœufs, dans les moutons, etc., l'axe du cœur est presque parallèle au grand axe de la poitrine, la pointe des ventricules est attachée au diaphragme. La position du corps de ces animaux sur les quatre jambes demandait pour leur cœur une situation différente de celle du corps humain.
« Des observateurs plus exacts n'ont pas cherché dans les animaux la situation du cœur de l'homme. Eustachi représente le cœur humain dans sa véritable position. Vésale avait donné l'exemple à cet anatomiste célèbre. Ruysch a marché sur ses traces. Il a corrigé ceux que l'erreur ou l'exemple avait égarés dans ces derniers temps.
« Suivantles descriptions deces anatomistes, ou plutôt suivant ce que les yeux les plus grossiers peuvent observer, le cœur est couché sur le diaphragme. Ce muscle transversal leur forme une sorte de plancher (i). »
Et plus loin Sénac ajoute :
« Suivant les anciens, la forme du cœur est pyramidale; des modernes qui ont raffiné sans avoir raison, ont dit qu'elle était irrégulièrement conique. Cette irrégularité n'est pas douteuse, car les segments parallèles à la base ne sont pas circulaires. Le cœur est aplati à sa face inférieure, c'est-à-dire dans la surface qui regarde le diaphragme (2). »
Je fais donc comme Sénac et depuis dix ans je décris le cœur sous la forme d'une pyramide triangulaire. Cette figure, qui se rapproche beaucoup plus que les autres de la vérité, donne les facilités les plus grandes pour se rendre un compte exact des rapports du cœur (3).
(1) Sénac, Traité de la striictwe du cœur, de son wtio7i et de ses 7naladiei, t. I", chap. IX, p. 182, 2» édit., Paris, 1783.
(2) Sénac, toc. cit., p. 185.
(3) Voyez mon mémoire intitulé : Du rétrécissement des orifices de l'artère pulmonaire, lu à la Société médicale des hôpitaux le 11 août 1871.