DES SYNCOPES
Dans ce chapitre, il ne sera pas question de la mort par syncope dans les maladies du cœur. Ce sujet sera traité plus loin au chapitre de la mort subite dans les maladies du cœur. Il ne sera question ici que des lipothymies, défaillances et syncopes survenant dans le cours des maladies du cœur.
La syncope est loin d'indiquer fatalement une maladie du cœur, elle peut être simplement le résultat d'une émotion, 4§ la douleur et surtout de la douleur à laquelle on s'attend, comme dans les opérations chirurgicales ; l'anémie et surtout l'anémie rapide par hémorrhagie, sont des causes de syncope. Il y a une dyspepsie à forme syncopale, il y en a unô autre produite par la
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chaleur (mal de théâtre). La syncope des convalescents qui cherchent à se- lever est des plus fréquentes; l'hystérie et le nervosisme l'amènent souvent.
Mais en dehors de ces causes d'origine nerveuse qui peuvent tenir à une excitation du pneumo-gastrique par action rénexe, et plus souvent encore à un manque d'excitation par les nerfs du grand sympathique, je dirai ici ce que je disais de l'angine de poitrine : être sujet à la syncope quand on a des organes circulatoires sains n'a rien de bien effrayant, mais être sujet à la syncope si l'on est atteint d'une affection du cœur ou de l'aorte devient très grave, parce que la syncope peut être mortelle.
De toutes les lésions cardiaques, celles qui prédisposent le plus à la syncope sont les lésions accompagnées de dégénérescence graisseuse du myocarde et plus particulièrement celles qui entraînent, l'atrophie comme la myocardite scléreuse qui accompagne le rétrécissement mitral. Quant aux sujets atteints de maladie de Gorrigan, ils meurent souvent par syncope quand leur myocarde est dégénéré, mais on ne les voit pas sujets à la lipothymie. Le symptôme avant-coureur des syncopes est l'arythmie et l'arythmie suppose toujours une lésion du myocarde.