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LES HOMÉOPATHES ET LE SIMILIA SIMILIBUS

S. Hahnemann.

La loi Ihérapeulique Coiilrarm contrariis et la polypharmacie n'avaient pas satisfait tous les médecins, et quelques protestalions s'étaient fait entendre au seizième siècle.ThomasErastus (1) soutenait que la méthode de guérir, selon la règle similia similibus, était la seule préférable.

Detharting, Bertholon, Thoury (2) l'avaient suivi. De Sloerk et surtout Stahl furent plus explicites. Voici le passage relevé

par Habnemann : . , .

Que la règle adoptée dans la médecine, qu'il fallait guérir par des remèdes opposés aux effets de la maladie {conlraria contrarus) était tout à fait fausse et" absurde. Qu'il était convaincu, au contraire, que par un remède, qui produit une souffrance semblable à celle de la maladie {.imilïa similibus), celle-ci doit être réprimée et guérie. Que c'était ainsi qu'on guérissait des brûlures par rapprochement du feu de la partie brûlée, des membres gelés par l'application de la neige ou de l'eau la plus^ froicle, des inflammations et des meurtrissures par des esprits distilles, et que c'est ainsi qu'on guérissait la disposition aux aigreurs de l'estomac par une très petite dose d'acide vitriolique, tandis que d'autres employaient dans de tels cas, d'une manière inutile, une quantité de poudres absorbantes.

Ml Thomas Eraslus, Disputationum et epstolarium, medicinalium volu-

par certain savant contemporain. n^oa^P 1824

(2) Hahnemann, Organon, trad. de G. do Brunnow, p. bO, Dresde, 1824.

LA THÉRAPEUTIQUE A PRIORI. HAhNEMANN. 661

Hahnemann indique par là qu'il n'est pas l'auteur de la formule Si'milïa similibus, mais qu'elle est la seule rationnelle.

Mais quelle que soit la thérapeutique qu'on essaye, il n'y a jamais à établir qu'une thérapeutique. de symptômes. Hahnemann est là-dessus très explicite.

«On peut bien concevoir que chaque maladie suppose un changement dans l'intérieur de l'organisme humain. Cependant ce changement ne peut être que soupçonné d'une manière obscure et trompeuse par les symptômes de la maladie, mais jamais il ne saurait être reconnu dans toute sa réalité d'une manière nfaillible. Les changements invisibles opérés par la maladie dans l'intérieur de l'organisme, et les changements perceptibles à nos sens, c'est-à-dire la somme des symptômes, forment ensemble une image complète de la maladie; mais cette image n'est visible dans son entier qu'à l'œil du Créateur. Ce n est que la totalité des symptômes qui forme la partie accessible au médecin, mais c'est aussi dans cette somme des symptômes qu'il trouve tout ce qu'il doit corinaître de la maladie pour la guérir. »

Le second point examiné par Hahnemann est celui-ci : Pour bien étudier l'action d'un remède, il ne faut pas l'observer sur un malade, parce qu'il est trop difiicile de faire la part des symptômes de la maladie et de ceux du remède. 11 faut étudier d'abord l'action des remèdes sur des organismes sains, c'est là ce qu'il appelle Vexpérience pure, qu'il a décrite dans son traité qu'il a appelé matière médicale jmre (1).

Ceci établi, Hahnemann ne conçoit que trois manières de faire la thérapeutique :

r La méthode antipathique, ou celle qui emploie des médicaments produisant des elfets spécifiques opposés aux symptômes de la maladie naturelle {contraria contrariis) ;

2° La méthode homéopathique, ou celle qui se sert de remèdes excitant des effets spécifiques semblables à ceux de la maladie en question [similia similibus);

3° La méthode allopathique, ou celle qui use de médicaments produisant des effets spécifiques étrangers aux symptômes

(1) Reine Ârzneimiltellelire, Dresde, 1817.

de la maladie naUirelle, c'est-à-dire ni semblables ni opposés.

C'est bien simple, et comme, lorsqu'on bâtit un système a priori ou ne rencontre pas d'obstacle, il affirme que le médicament qui excite dans des hommes sains des symptômes semblables à la plupart de ceux de la maladie en question, anéantit aussi la totalité des symptômes de cette maladie, c'est-à-dire toute la maladie présente d'une manière rapide, radicale et durable, et que cela réussit dans toutes les maladies sans exception (1).

Un système a priori est toujours absolu, l'expérience est plus modeste.

Hahnemann, on le voit, ne connaissait que les symptômes et niait l'unité de la maladie et son évolution, il ne tenait aucun compte du sujet. Les symptômes produits par le médicament indiquaient ceux que le remède devait guérir.

D'autre part, son similia simillbus diffère-t-il beaucoup du contraria contrariis? Non, puisqu'il ne donnait que de petites doses qui déterminent non pas l'action directe du médicament, mais bien la réaction de l'organisme.

Quoi qu'il en soit, il faut reconnaître que le système de la médecine homéopathique recommandait au médecin d'étudier préalablement l'action d'un remède sur un organisme sain, et créait par là ce qu'on appelle aujourd'hui l'action physiologique, et qu'il convient d'appeler action pathogénétique, en même temps qu'il luttait contre la polypharmacie. « Il ne faut donner au malade qu'un seul et simple médicament à la fois (2). »

Du reste, ajoute Hahnemann, si l'on se trompe de médicament, il n'y a pas grand mal. « Quand môme, par une erreur pardonnable à la faiblesse humaine, un véritable médecin aurait choisi un remède inconvenant, le dommage qui en résultera sera si insignifiant qu'il pourra être bientôt réparé par la force vitale et par un second médicament plus homéopathique que le médecin fera prendre au malade dans une dose également petite. {Organon, p. 254.)

(1) Organon, p. 64.

(2) Organon, p. 245.

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