ANTIPHLOGISTIQUES
A. Saignée générale. Ce moyen a été autrefois en grande faveur.
LES SAIGNÉES. 'l"?
Corvisai't lo prônait (I). Bouillaud formulait ainsi sa pratique : trois ou quatre saignées du bras, de chacune 3 à 4 palettes (375 à 500 grammes], dans les trois ou quatre premiers jours, secondées par l'application de 25 à 30 sangsues ou de ventouses scarifiées donnant de 250 à 300 grammes de sang, réitérées deux à trois fois (2). Sous l'induencc de ce traitement, Bouillaud dit avoir guéri 12 malades sur 15.
Mais il n'a guère convaincu ses contemporains et je tiens personnellement, de personnes qui ont assisté à ces pratiques, que le résultat en était déplorable.
Hope croyait à l'heureuse influence de la saignée au début, « La perte de quelques heures au début de la maladie peut être irréparable et les hésitations ou l'indécision du praticien décident parfois du sort du malade. Si la maladie est récente et si l'état des forces le permet, il faut pratiquer d'abord une large saignée; l'incision de la veine devra être grande et le malade sera saigné debout dans le but de déterminer l'imminence d'une syncope. Aussitôt que ce dernier effet a disparu et que la réaction se montre, et c'est ce qui a lieu dans un temps qui varie de dix minutes à deux heures, on fait sur la région précordiale une application de vingt-cinq à quarante sangsues.
Ces évacuations sanguines, tant locales que générales, sont répétées à deux ou trois reprises, et même davantage, suivant l'état du malade, si, la première fois, la douleur n'a pas disparu complètement. Elles seront pratiquées à des intervalles de huit à douze heures, ou mieux aussitôt que le pouls et l'action du cœur indiquent un commencement de réaction (3).
Mais Hope revient bien vite sur cette pratique et il dit un peu plus bas : « L'emploi du mercure fait cesser, en vertu de son action, l'indication des émissions sanguines assez vite pour que la quantité totale du sang enlevé soit rarement bien considérable. »
Puis viennent les protestations énergiques contre la saignée. Gendrin dit qu'il ne faut employer la saignée que s'il y a un étal
(1) Corvisart, Essai sur les maladies du cœur, p. 27.
(2) Bouillaud, Traité dinique des maladies du cœur , t. I", p. 481.
(3) Hope, cilé par Sl.okes, Traité des maladies du cœur et de l'aorte, p. 84.
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aiigiosthéniquc, parce que la saignée agit peu sur la lésion locale et qu'il y a. danger de coUapsus (I).
Stokes la repousse complèlcment (2).
Depuis ce temps, la saignée a été de plus en plus délaissée; la faiblesse des malades, le refroidissement des membres inférieurs ont décidé les médecins à l'abandonner complètement.
B. La saignée locale sous forme de ventouses est encore quelquefois employée. Je pense que c'est là une pratique fâcheuse, attendu que les ventouses ne soulagent pas la douleur, n'ont pas d'action sur la lésion locale et font des plaies qui peuvent gêner plus fard dans l'application des vésicaloires.
C. Mercuriaux. Les Anglais, très partisans du mercure, l'ont préconisé avec insistance. Graves et Stokes vont môme trop loin dans ce sens en disant que si l'on diffère l'emploi du calomel ou si on l'administre à doses insuffisantes, le malade succombera ou restera atteint d'adhérences ou de lésions valvulaires (3).
Tout ceci est excessif et nous possédons des médications bien plus énergiques, surtout plus rapides que celle du mercure, qui guérissent très bien la péricardite, si elle n'est pas compliquée d'endocardite.
En France cette médication n'a pas été acceptée. Bouillaud n'en parle que pour mémoire et Gendrin l'a combattue avec raison (4). En Allemagne, cette médication, prônée par Vogel, y est abandonnée aujourd'hui.