‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 337 sur 355 · DÉSIGNATION · texte numérisé non relu

DÉSIGNATION

Eau.

Résidu sec.

Caséine.

Beurre.

Sucre.

Sels et .

extractif.

Si l'on compare ces chiffres à la ration quotidienne pour rechercher combien il faut de lait pour équivaloir cette ration, on trouve que l'homme adulte doit consommer par jour :

DIÈTE LACTÉE. 79g

;•, 2 635 grammes

Albiimme secUe ^g.^

Graisse

Hydrate de carbone 350

Trois litres de lait, qui, par l'expérience, se montrent suffisants pour un malade au repos, donnent :

Albumme et caséine jgg gQ

l'''''' .■.*.■.'.■.■.■ m'.so

On voit que c'est là une ration équivalente ; si le malade marche ou travaille, il faut ajouter 1 litre pour le travail dépensé.

La dose ainsi fixée, il reste à établir le mode d'administration. Si le malade est à la diète lactée exclusive, il faut absolument régler ses prises, sans quoi il en boira trop par moments, pas assez • dans d'autres et finalement ne tardera pas à s'en dégoûter.

J'ai l'habitude de faire boire le lait par fractions de "lOO à 200 grammes toutes les deux heures ou toutes les heures suivant les malades, mais toujours par quantité égale, à intervalles égaux.

Pour ne pas dégoûter le malade, il faut, si l'on peut se procurer du lait bourru, c'est-à-dire du lait qui n'a pas encore perdu sa chaleur première, le donner tel quel. Si le lait est trait depuis un certain temps, on le fait bouillir, puis refroidir. Le lait est en général plus agréable frais, c'est-à-dire à la température de Il à 12 degrés.

Pour éviter la saveur fade et un peu pâteuse du lait, on peut y ajouter des eaux faiblement alcalines et un peu gazeuses, comme de l'eau de Soulzmatt ou encore de l'eau de Vais ou môme de l'eau de Seltz naturelle.Enfin, on peut même y mettre de 1 eau de Seltz artificielle.

Certains malades demandent à y mettre du sucre, d'autres du lait, d autres du café, du cognac ou du kirsch. Serre (1) (d'Alais) y joignait de l'oignon cru. Toutes ces additions sont possibles à la condition que les substances ajoutées ne le soient qu'en petites quantités. ^

(1) Serre (d'Alais), BuUeti7i de thérapeutique, 1853.

800 TRAITEMENT DES HYDROPISIES

Quand on diminue le régime exclusif pour aller au régime mitigé, on donne, à midi, un repas composé d'œufs, de poisson et de viande blanche. Puis on permet un léger repas le soir en diminuant la ration de lait du jour, mais en conservant le plus longtemps possible la ration de nuit.

Toutes ces pratiques se rapportent au lait de vache, le plus ordinairement employé dans les maladies du cœur ; elles s'appliqueraient de même au lait des autres animaux domestiques.

Le lait de vache arrivé dans l'estomac y est presque aussitôt coagulé, soit par le suc gastrique acide, soit par la pepsine.

Tout n'est pas cependant coagulé : l'albumine dissoute et la caséine soluble ne sont pas coagulées, mais subissent néanmoins la transformation en peptones. La lactose se transforme pour une petite partie en acide lactique. 11 ne faut, du reste, qu'une faible quantité de suc gastrique pour déterminer la fermentation lactique (Ch. Richet).

Une fois dans l'estomac, le lait n'y séjourne pas plus d'une à deux heures (Gosse (1), de Beaumont (2), Ch. Richet (3), tandis que les autres aliments et en particulier les graines y restent au moins deux heures et quelquefois jusqu'à cinq heures. Dans les cas d'indigestion, le vomissement ne vient quelquefois que huit heures après.

La digestion, commencée dans l'estomac , se termine dans l'intestin, probablement sous l'influence du suc pancréatique.

On a constaté également (4) que les gaz renfermés dans l'intestin varient, tandis que dans l'alimentation azotée c'est l'azote qui domine ; dans l'alimentation végétale, c'est l'hydrogène protocarboné, et dans le régime lacté, l'hydrogène.

La partie qui forme les matières fécales semble constituée surtout par du caséum, de la graisse et des cellules épithéliales. Je ne sais pourq^uoi M. Debove dit qu'il ne reste pas de résidu.

(1) Gosse in Spallanzani, Opuscules de physiologie animale et végétale (trad. Sembler), t. II, p. 379, cité par Debove, Du régime lacté (thèse d'agrégation, 1878;.

(2) Beaumont, Experimenfs and 0//s., 1833.

(3) Cil. Ricliet-, thèse de doctorat et Acad. sciences, 1878.

(4) Ruge, Ke?i7itniss dos Darmgase, Acad. des sciences de Vienne, 1862.

DIÈTE LACTÉE. ggi

Les matières fécales dans Talimentation lactée sont neutres ou faiblement alcalines; chez les enfants qui rendent des selles vertes, les matières sont acides et l'acidité est due en partie à l'acide lactique.

Lorsque j'étais chargé du service des nourrices (1873) je me suis occupé de rechercher ce que c'était que les selles vertes et J ai pu m assurer que la garde-robe normalement jaune devenait verte par la présence d'une matière bleue, sorte d'indigo qui mélangé à la couleur jaune de la garde-robe, donnait du vert!

Quand cet indigo n'existe qu'en petite quantité, il ne se montre pas au moment de la défécation; mais si on conserve la garde-robe à l'air, l'indigo se montre à la surface et d'une couleur tout à fait bleue ; on arrive, dans le sens de la profondeur a du jaune pur en passant par tous les degrés du vert que donnent les différentes proportions de bleu et de jaune. La matière 00 orante est bleue et non pas verte, comme on le dit partout Un autre caractère des selles dans le régime lacté est celui! ci: les garde-robes sont formées par une masse blanche faiblement colorée en jaune par la bile. De sorte que le régime lacté a la propriété de ne faire sécréter au foie qu'une bien minime quantité de bile, tandis que l'alimentation animale ou mixte fait sécréter une quantilé énorme de bile, qui colore la garde-robe en brun; et cette matière colorante est bien due tout entière à la bile, car, dans le cas d'obstruction du canal cholédoque, les fèces n'ont plus qu'une couleur grise. De là l'utilité de la diète lactée dans les maladies à ictère

Je viens de décrire, autant que possible, ce que devient le lait dans 1 organisme; mais il faut se demander maintenant ce que devient le sujet soumis à la diète lactée.

Remarquons d'abord les avantages du lait. Pas besoin de mastication, pas besoin d'insalivation. Une très laible quantité de suc gastrique et de pepsine suffit pour le faire digérer L émulsion toute faite ne demande pas la formation de bile et il •s en fait peu. Toutes les matières principales, sucre, sels, albumine, beurre, eau, sont toutes prêtes à entrer dans le.s chvlières U easéine seule demande plus de travail, aussi form t-ell 1 majeure partie du résidu. Cela est surtout facile à vo r

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