‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 35 sur 355 · EXPLORATION DES MOUVEMENTS DU COEUR PAR LES APPAREILS AUTOMATIQUES · texte numérisé non relu

EXPLORATION DES MOUVEMENTS DU COEUR PAR LES APPAREILS AUTOMATIQUES

Pour mieux apprécier les mouvements du cœur sur les malades, on s'est servi et l'on se sert encore de petits leviers simples. On fixe sur un point mobile de la poitrine un petit levier de papier ou de plume d'oie. J'ai essayé dans ces derniers temps un petit appareil, emprunté à l'horlogerie et qui m'a été gracieusement prêté par M. Redier; il consiste dans une petite plaque mobile dont les déplacements sont grandis vingt fois par une roue et indiqués par une aiguille.

On peut encore employer le mode d'Upham (de Boston), qui transmet le mouvement de la pointe du cœur et de l'aorte à une sonnerie électrique. J'ai répété cette expérience; mais elle ne donne, comme résultat, que le nombre des pulsations, elle n'indique pas même leur durée avec précision et ne donne aucune indication sur leurs autres caractères.

Un autre appareil, plus utilisable, est celui du docteur Scott Alison, qu'il nomme le sphyymnscope ; i\ consiste en deux petits manomètres remplis de liquides colorés et auxquels on transmet le choc de la pointe du cœur ou d'un autre vaisseau, pour en examiner soit le synchronisme, soit la succession. Avec les nouveaux stéthoscopes adhérents, cette expérience est devenue très facile, puisqu'il suffit d'appliquer les tubes de caoutchouc de ces stéthoscopes aux tubes de verre des manomètres.

Un autre moyen, qui peut encore s'employer, consiste à implanter, dans le cœur ou les anévrysmes, des aiguilles fines. Ce procédé a été employé, en physiologie expérimentale, sur les animaux, par Jung (de Bàle) en 1836, puis par bien d'autres

ENREGISTREUR POLYGHAIMIE DE M. MAHEY. 63

Einbrodt (de Vienne) a mis ces aiguilles en i-apport avec des appareils graphiques.

J'ai pu enfoncer ainsi, dans des anévrysmes, des aiguilles à acupuncture japonaises, qui sont très fines, sans aucun inconvénient et même avec avantage, comme je le dirai en parlant du traitement des anévrysmes ; mais je n'ai pas osé en implanter dans le cœur, par crainte d'une syncope. Je crois pourtant que, sur un cœur normal, cette opération, conduite avec prudence, n'aurait aucun résultat fâcheux.

Mais tous ces procédés ne sont rien auprès de la précision et • ' des lumières qu'ont apportées les appareils enregistreurs ou graphiques de M. Marey.

Je renverrai naturellement à ses ouvrages (J) pour tous les détails de physiologie, ainsi qu'aux volumes intitulés : Travaux du laboratoire de M. Mareij. Je veux seulement, pour ce chapitre comme pour tous les autres, rappeler les points de repère physiologiques qui servent de base à la clinique.

11 faut donc remettre sous les yeux du lecteur le tracé fourni par la contraction du ventricule et de l'oreillette. Le tracé, ici, est celui de l'oreillette droite; mais, comme on sait par l'expérience que le tracé des deux ventricules est sensiblement identique, un seul schéma pourra permettre de se rendre compte de la succession et de la durée de chacun des mouvements du cœur.

Le tracé représentant plusieurs révolutions consécutives, le rythme normal se .trouve ainsi représenté :

La figure 12 représente les tracés de l'oreillette droite (n" 1), du ventricule droit (n» 2) et de la pulsation cardiaque (n° 3), pris ' simultanément pendant quatre révolutions complètes du cœur, avec une échelle qui permet de mesurer en fractions de secondes la durée des moindres mouvements de l'organe. Au fur et à mesure que les ondulations de ces tracés sont expliquées, elles sont marquées au trait plein, au lieu de l'être au trait ponctu.

iNous aurons plus d'une fois recours à ce tracé fondamental

(I) Marey, Physiologie médicale de la circulation du sang, 1863. — La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies, Paris, Q. Masson, 1881.

DUnÉË DE CHACUN DES MOUVEMENTS DU COEUR. 65

pour l'interprétation des différents actes qui s'accomplissent pendant une révolution cardiaque. Bornons-nous pour le moment à calculer la durée de chacun d'eux. On savait déjà que, le pouls battant environ soixante ibis par minute, une révolution cardiaque durait environ une seconde. Ici l'emploi de l'appareil enregistreur permet de décomposer avec une précision mathématique les différentes parties de cette seconde.

Le tracé en question, divisé en dixièmes de seconde, comprend, comme on le voit, onze dixièmes de seconde ; il a donc été pris sur un cheval ayant de U à 55 pulsations par minute. Dans ce tracé on peut assigner à chaque acte la durée suivante :

Contraction des oreillettes 2 dixièmes de seconde.

Systole ventriculaire 4

Clôture des sigmoïdes. 1

Diastole /,

La diastole dure donc un peu moins que la systole ventriculaire.

La période d'auscultation des deux bruits peut donc se décomposer ainsi :

Le premier bruit dure 3 dixièmes de seconde.

Le petit silence 2

Le claquement sigmoïde. 1

Le grand silence 5

La totalité d'une révolution cardiaque étant de onze dixièmes de seconde, le premier bruit commence avec le début de la systole ventriculaire, dure pendant une partie de la systole, et le second bruit a lieu au moment de la fermeture des sigmoïdes et du ressaut donné par l'entrée du sang dans le ventricule, qui cesse de se contracter.

Il suit de là que le tracé schématique et l'auscultation ne font pas commencer la révolution cardiaque au même moment. La contraction des oreillettes ne produisant pas de bruit appréciable à l'oreille, le premier bruit ne commence qu'avec la systole ventriculaire, qui comprend le premier bruit et le petit silence puis vient le second bruit et enfin le grand silence, qui comprend non seulement la diastole, mais encore le temps de contraction

c. PAUL,, Mal. du ccEun

Page 1