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DES PALPITATIONS SYMPTOMATIQUES

Ou bien ces intermittences peuvent n'exister qu'au pouls et non plus au cœur, ce sont les fausses intermittences qui indiquent déjà une lésion des fibres musculaires, puis l'arythmie, qui n'est qu'une série de fausses intermittences, avec trouble du rythme. Enfin, l'arrêt du cœur ou la syncope en est le dernier terme. Mais la physiologie de l'innervation du cœur nous a permis de comprendre comment le cœur pouvait s'arrêter brusquement, alors qu'il est loin d'être arrivé au degré d'altération qui donne lieu à l'arythmie.

Occupons-nous d'abord des palpitations. Les caractères des palpitations ont été très bien donnés par M. le professeur G. Sée, qui les résume ainsi (l) :

1° Les battements sont plus fréquents ; c'est là le fait dominant, celui qui caractérise le plus nettement les palpitations ;

2° Souvent aussi les pulsations cardiaques sont plus rapides, c'est-à-dire que la durée de chaque battement est moindre qu'à l'élut normal ;

3° Les contractions cardiaques paraissent plus intenses, et, le plus souvent, elles sont plus facilement perçues ; mais il n'est pas démontré pour cela qu'elles soient toujours en réalité plus énergiques ;

4° Ces battements, plus accélérés, plus rapides, plus intenses en apparence, sont ordinairement accompagnés d'une modification dans le timbre des bruits perceptibles à l'auscultation ;

5° La plupart des palpitations donnent lieu à des sensations spéciales perçues par les malades ; mais, d'autres fois, ces sensations subjectives font défaut ;

6° Enfin, les palpitations peuvent coïncider avec des troubles dans le rythme ou bien avec des intermittences du cœur ; mais ce dernier fait est plus rare, car le pouls est ordinairement ralenti dans ce dernier cas. Quoi qu'il en soit, ce sont des phénomènes indépendants des palpitations et qui viennent seulement compliquer ces dernières.

M. Sée ajoute qu'en pareil cas il y a augmentation d'activité du cœur, mais non pas augmentation d'action. Ceci n'est pas

(l) G. Sée, Diagnostic et traitement des maladies du cœur, p. 129.

tout à fait exact, car il y a des palpitations violentes, accompagnant parfois des lésions valvulaires et, en particulier, des insuffisances mitrales chez des jeunes sujets. Ces palpitations ont certainement une énergie] et une force plus grandes qu'à l'état normal. S'il n'y avait qu'un facteur, la fréquence des battements, ce serait vrai, car la fréquence des battements entraîne à la suite une diminution d'amplitude des oscillations de la tension artérielle (1).

D'autre part, lorsque se présentent des résistances à la circulation artérielle, la tension augmente (2).

D'après M. Marey, les causes qui augmentent la fréquence des battements du cœur sont d'abord l'absence de résistance. Le cœur bat d'autant plus fréquemment qu'il a moins de peine à se vider (3). L'exercice musculaire est une cause d'accélération du pouls à l'état normal (4) ; cette augmentation de la fréquence des battements s'accuse bien davantage quand le cœur est malade.

Enfin une dernière considération ressort de la physiologie des nerfs cardiaques : les palpitations indiquent soit une excitation des nerfs du grand sympathique, c'est-à-dire des nerfs accélérateurs, soit un affaiblissement des pneumogastriques ou du spinal qui forment les nerfs modérateurs. Mais il est bien difficile de savoir, la plupart du temps, par lequel de ces nerfs l'équilibre est rompu.

L'étude des palpitations ne mène donc qu'à rechercher s'il existe d'autres signes des affections du cœur.

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