‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 272 sur 413 · CALCULS · texte numérisé non relu

CALCULS

On trouve quelquefois, clans certaines parties du cœur, près des valvules, des plaques calcifiées et quelquefois ossifiées ; d'autres fois, des concrétions minérales clans des abcès du myocarde guéris par résorption.

Cette calcification ne se produit guère qu'à partir de cinquante ans, et surtout chez les vieillards.

Elle peut n'occuper qu'un point de la paroi et être un mode de guérison de l'anévrysme de Corvisart, comme j'en ai montre un cas à la Société des hôpitaux (Voir Anévrysme de Corvisart). Mais elle est le plus souvent l'aboutissant d'un processus athéromateux scléreux. M. Juhel-Rénoy a rencontré une concrétion dans l'un des piliers du cœur gauche chez un malade observé dans le service de M. Pernet. La pétrification peut en- ■ vahir tout le système ventriculaire et lui former un revêtement dans le ventricule gauche, comme l'a observé M. A. Robin, à l'Hospice des ménages (1), ou bien la pointe et une partie des ventricules (Corvisart), ou enfin la moitié d'une paroi ventriculaire, comme j'en possède une très belle pièce que je dois à l'obli- . geance de M. Mesnet (1883), alors médecin de l'hôpital Saint- Antoine, et aujourd'hui médecin de l'Hôtel-Dieu (obs. XCV1).

Heschl (2) a trouvé, dans un cas de maladie de Bright, une calcification partielle du myocarde. Luken (3) a trouvé une fois, dans le cœur droit, une calcification du muscle papillaire antérieur de la tricuspide. Cette concrétion, longue de 3 centimètres et large de 2, s'enfonçait profondément dans le myocarde et s'opposait à la fermeture de l'orifice auriculo-ventriculaire droit par la tricupside.

Les seuls phénomènes notés dans ces cas sont le volume du cœur, l'irrégularité des battements (arythmie) et une douleur à la pression. Mais ils ne peuvent être diagnostiqués.

(1) Albert Robin, Delà dégénérescence calcaire du cœur (Archives de mêd.. mai 1885).

(2) Heschl, Tfwilweise Verkreidung der Herz musculatur (Oest Zcilsc/irift f. prad. Heilkunde, n° XIV, 1801).

(3) LUken, Die pathologische neubildungen des Mgocardium (Zeitsclirift f. • Pract. Med., XXIII, Heft 3, 1865).

070 NÉOPLASIRS ET PARASITES.

Observation XCVI. Calcification et pétrification du ventricule gauche. — Alexandre Schmidt, âgé de cinquante ans, entre à l'hôpital Saint-Antoine, salle Bichat, n° 2b, le 13 février 1883. Ce malade a la fièvre depuis trois jours, il est atteint d'une pneumonie du sommet du poumon gauche qui ne tarde pas à s'étendre à tout le poumon. Il est atteint de fièvre et d'adynamie. On ne constate ni palpitations, ni souffle cardiaque, ni anasarque.

La pneumonie ne tarde pas à tourner à l'hépatisalion grise et le malade meurt le 23 février.

A l'autopsie, on trouve une hépatisation grise de tout le poumon gauche. Mais on rencontre aussi une singulière altération du cœur. Un tiers environ de la paroi externe du ventricule gauche, depuis la valvule mitrale jusqu'à la pointe, est remplacé par une coque calcaire.

La pièce est ainsi décrite par M. Giraudcau :

L'examen microscopique de la paroi donne les résultats suivants :

A un faihie grossissement une coupe pratiquée dans le sens transversal de l'anévrysme montre que ce dernier se compose de trois couches :

1° Une couche interne épaisse correspondant à l'endocarde, colorée en rose et se confondant sans limites hien distinctes avec la seconde ;

2° Une couche moyenne, rouge vif, d'une épaisseur à peu près égale à la précédente et constituée par le myocarde altéré ;

3° Une couche externe de beaucoup la plus mince qui se distingue nettement du tissu musculaire sous-jacent par sa coloration rose ; elle correspond au feuillet séreux du péricarde. Sa surface externe offre des prolongements fibreux peu serrés, indice de la symphyse cardiaque qui unissait les deux feuillets du péricarde.

A un plus fort grossissement on constate que la couche interne dans sa portion la plus profonde est constituée par des faisceaux conjonctifs denses, fortement serrés les uns contre les autres : un peu plus en dehors elle se compose de lacunes irrégulières communiquant les unes avec les autres et limitées par des bandes conjonctives. Ces lacuues étaient occupées à l'état frais par le dépôt calcaire qui donnait à l'anévrysme sa consistance pierreuse ; non seulement elles existent dans la portion la plus externe de l'endocarde épaissi, mais encore dans les couches les plus internes du myocarde.

En dehors de cette zone calcaire, les fibres musculaires sont peu distinctes, se colorent mal par le picro-carmin et présentent une striation difficile à distinguer. En outre, cette couche musculaire est fort peu épaisse et ne constitue que le vestige de la paroi ventriculaire proprement dite, la majeure partie des faisceaux musculaires ayant disparu sans laisser de traces.

Enfin, la couche péricardique, un peu plus épaisse qu'à l'état normal, est formée de tissu conjonctif ancien, les vaisseaux qui rampent à sa surface ainsi que ceux qui sont contenus dans son intérieur sont oblitérés par du tissu de nouvelle formation et transformés en cordons fibreux.

MYOMES.

En résumé, en tenant, compte de la distribution des lésions et de leur maximum au niveau de la moitié interne de la paroi ventriculaire, le mécanisme do formation de cet anévrysme nous semble être le suivant :

Au début, endocardite aiguë ayant amené par voisinage l'inflammation du myocarde sous-jacent, d'où perte de la résistance musculaire et formation de l'anévrysme au point oit la pression sanguine est la plus forte, c'està-dire au voisinage de la pointe.

Consécutivement les portions enflammées ont subi diverses dégénérescences qui ont abouti à la transformation calcaire clans les points où l'inflammation avait été primitivement le plus intense.

Cette transformation calcaire, tout en enlevant à la paroi ventriculaire la faculté de se contracter, a empècbé la portion dilatée du ventricule gauche de se rompre.

LIPOMES.

En dehors de la' dégénérescence graisseuse du myocarde et de la surcharge graisseuse du cœur, on ne connaît qu'un cas de tumeur graisseuse du myocarde, cité par Albers (1).

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