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PERSISTANCE DU CANAL ARTÉRIEL

On voit bien dans ce tableau que la perméabilité devient de plus en plus rare à mesure qu'on avance vers le vingtième jour, et, par contre, que les cas présentant l'oblitération complète augmentent progressivement.

Après le premier mois, la persistance du canal artériel devient donc un fait pathologique, et il est habituel de rencontrer en même temps d'autres vices de conformation.

Lorsque la persistance du canal artériel existe seule, la vie du sujet peut se prolonger assez longtemps. Voici ce qu'elle a été dans six cas réunis par M. Bernutz :

Observation de Sanders - . 4 mois et demi.

— d'Almagro (1) 19 ans.

— de Bernulz (2) 23 —

de Babington (3) 32 —

— de Duroziez (4) 48 —

— de Luys (S) 52 —

Dans ces six cas, malgré le mélange des deux sangs pour les membres inférieurs, tandis que les membres supérieurs ne recevaient par les artères que du sang rouge, on n'a pas constaté de disproportion entre les membres supérieurs et inférieurs.

Il n'y avait pas chez ces malades de troubles cardiaques bien notables, mais des troubles respiratoires particuliers. Notons que le sang qui arrivait aux poumons était moins abondant à chaque ondée sanguine et plus veineux.

Dans les premiers mois de la vie extra-utérine, les troubles cardiaques ont été légers chez tous ces malades. L'enfant observé par Sanders ne présentait pas de cyanose et peu d'hypertrophie du cœur. Tandis que chez les malades qui ontsurvécu longtemps, on a trouvé une hypertrophie considérable, comme s'il s'était agi d'une insuffisance des valvules sigmoïdes de l'artère pulmonaire.

Ce qui est notable, surtout chez ces malades, c'est la gêne respiratoire toute particulière. Cette gène respiratoire Corail) Almagro, Thèse de Paris, 1802.

(2) Bernutz, Archives de médecine, 1849, t. XX, p. 451.

(3) Babington, London Med. Gazette, mai 1847.

(4) Duroziez, Société de biologie, 1862.

(o) Luys, Bulletin de la Société anatomique, juin 18S5.

raence au bout de deux ou trois ans; elle se montre surtout après les efforts, les cris, les pleurs. Au moindre mouvement, ils sont pris de suffocation avec coloration violette des téguments. Mais notons bien ceci, c'est que, malgré le mélange constant des deux sangs, la cyanose n'était pas constante et ne venait que par accès pour disparaître ensuite. Dans le cas observé par M. Duroziez, la cyanose ne s'est produite qu'au moment des accidents ultimes avec l'asystolie.

L'auscultation a permis d'entendre, dans ces cas, des bruits de souffle, mais ils ont été mal déterminés. Dans deux cas, il n'y avait pas de bruits de souffle ; dans un autre cas, celui de Sanders, il n'y avait qu'un bruit de souffle syslolique; dans les • cas d'Almagro et de M. Bernutz, il y avait deux bruits de souffle, mais il ne faut pas oublier que dans ces deux cas l'aorte était rétrécie.

L'évolution de cette affection est celle des maladies organiques du cœur, caractérisée par une insuffisance des orifices auriculo- • ventriculaires. La cause de cette lésion tient le plus probablement à une étroitesse relative de l'aorte, soit descendante, soit ; ascendante.

Dans un cas observé par James Foulis (1), une jeune fille de vingt-deux ans, ayant les apparences de la cblorose avec anémie et souffle systolique de l'artère pulmonaire, présenta, après la guérison de son anémie, une augmentation du bruit de l'artère pulmonaire. Quelques mois plus tard, elle fut prise de dyspnée, de phénomènes d'asystolie avec cyanose, distension des jugulaires et albuminurie, plus un frottement péricardique. Bt mourut.

L'autopsie montra un cœur hypertrophié partout, avec distension de l'oreillette droite. L'infundibulum de l'artère pulmonaire est dilaté, l'artère pulmonaire mesure 2 pouces anglais 5/8. A ce niveau, le canal artériel persiste et communique largement avec l'aorte. Il est constitué par un tronc vasculaire assez court, présentant un renflement cylindrique au niveau de son abouchement dans l'aorte.

(1) James Foulis, On a case of patent ductus arteriostis, with ancuristnof the pulmonary artery (lidinb. Med. J., p. 17, juillet 1884).

AFFECTIONS DU COEUR DROIT. H'i

L'artère pulmonaire, très dilatée, l'est irrégulièrement et présente une ampoule anévrysmale formée aux dépens de sa paroi gauche. Ce sac anévrysmal est contenu dans le péricarde. Audevant de l'oreillette gauche, il est rempli de caillots fibrineux anciens.

Les valvules sigmoïdes de l'artère pulmonaire sont malades, atteintes d'endocardite végétante. On y voit une perte de substance formée par l'érosion du bord libre. Ceci explique le double souffle observé pendant la vie. Le passage du sang dans le canal artériel pouvait contribuer en outre au premier souffle.

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