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CHAPITRÉ VI

DES MUSCLES ET NERFS DU CŒUR. — DE LTNFLUENCE DU SYSTÈME NERVEUX SUR LE RYTHME CARDIAQUE.

Je n'ai pas l'intention de décrire ici les muscles du cœur, je renvoie pour cela aux traités d'anatomie. Je ne rappellerai que ce qui est nécessaire à l'intelligence de la pathologie et de la thérapeutique.

Le cœur est formé par un muscle compris entre deux séreuses, endocarde et péricarde. Il représente, avec un développement considérable, la couche musculaire des artères. Mais, au lieu de se composer, comme ces vaisseaux, de fibres lisses, le cœur est formé par des fibres musculaires, striées comme les muscles soumis à la volonté. Cependant le muscle cardiaque, qui n'est pas soumis à la volonté, diffère anatomiquement des autres muscles striés. On n'y trouve plus la disposition en faisceaux parallèles et isolés des muscles volontaires, mais, au contraire, des anastomoses très nombreuses qui en font une sorte de reticulum. Aux endroits où ces fibres se réunissent bout à bout, le microscope permet de constater une ligne de séparation nette. Cette séparation fait qu'une fibre du cœur venant à être blessée, la dégénérescence traumatique ne franchit pas cette limite, la fibre cardiaque meurt isolément. Mais elle ne vit pas isolément et la contraction musculaire se transmet d'une fibre à l'autre, si bien que, selon la formule d'Engelmann, « les fibres du cœur vivent ensemble et meurent isolément d.

Le myocarde diffère donc en somme des autres muscles striés par plusieurs caractères, non seulement par les caractères anatomiques que je viens d'énumérer, mais encore parce qu'il est constamment en action. On peut voir en effet, sur le tracé de

M. Marey, que le temps de repos est presque nul par rapport au temps d'action.

Le muscle cardiaque peut donc suffire à lui seul à donner des systoles régulières autant que son état de nutrition le lui permet, c'est-à-dire aussi longtemps qu'il est traversé par du sang artériel. Un animal dont le cœur n'aurait plus de liens avec le système nerveux 'central pourrait donc continuer à vivre. Mais la fréquence et la rapidité de ce rythme sont réglées par les excitations centrifuges qu'amènent au cœur les filets nerveux du nerf vague et du grand sympathique. Nous allons résumer l'état actuel de la science sur cette question.

Les nerfs du cœur proviennent de deux sources : du système cérébro-spinal et du grand sympathique ; ils se réunissent audessous de la crosse de l'aorte, pour former un des plexus les plus importants de l'économie : le plexus cardiaque. Puis, de ce plexus partent un grand nombre de branches qui suivent les vaisseaux, pénètrent dans les tissus du cœur et s'y terminent d'une façon toute particulière. Je suivrai donc les anatomistes modernes et, en particulier, MM. Miot (1) et Reynier (2).

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