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Ces chiffres une fois connus, si l'on veut se rendre compte do leur parallélisme plus ou moins exact, il faut établir; c'est ce que j'ai fait et voici quel en est le résultat :
1° La ligne d'accroissement du volume du cœur chez les garçons est identique à celle des filles, et ce qui surprend, c'est que celle des filles est plus régulière que celle des garçons;
2° Si l'on trace sur une même feuille les ligues qui mesurent le volume du cœur, le poids et la longueur du cœur, on constate avec la plus grande facilité les faits suivants :
De zéro à dix ans, les trois lignes sont parallèles, il y a donc jusque-là un accord parfait entre l'accroissement de ces trois quantités.
A partir de dix ans, il n'en est plus de môme, tandis que la ligne qui indique l'accroissement de la longueur continue à augmenter régulièrement dans les mêmes proportions, les deux
lignes du poids du corps et du volume du cœur s'élèvent parallèlement. C'est-à-dire que l'accroissement du volume du cœur et du poids du corps augmentent pendant l'adolescence, alors que l'accroissement de la taille n'augmente pas et tend à diminuer faiblement tous les ans jusqu'à ce qu'il s'arrête.
Conclusion. On jugera donc mieux de la probabilité du volume du cœur par le poids du sujet que par sa taille. C'est également la conclusion de Beneke.
Recherchons maintenant quel peut être le volume du cœur chez le vivant. Le rapport du poids du corps au volume du cœur pourra donner une approximation, mais nous pouvons faire mieux.
Grâce au procédé de mensuration que j'ai adopté, on peut se rendre compte mathématiquement du volume du cœur; appliquons ces données aux jeunes gens et nous saurons si oui ou non le cœur est hypertrophié.
11 faut pour cela établir une base physiologique. C'est celle qui nous donnera pour chaque âge la mensuration clinique du cœur. N'ayant pas à ma disposition un assez grand nombre d'enfants pour le faire, j'ai chargé de ce travail mon neveu, le docteur H. Ludger, aujourd'hui médecin de première classe de la marine, qui a pu prendre ces mesures chez deux cent quarante enfants âgés de dix à quatorze ans, réunis dans l'établissement des pupilles de la marine, à Brest. Il s'est acquitté de cette tâche avec un soin et une ponctualité dont je suis heureux de le remercier ici (I).
Notons d'abord que ses chiffres ont été pris sur des sujets sains. L'institution des pupilles de la marine, fondée en I8G2,est destinée à recueillir, élever et diriger vers la profession maritime les enfants légitimes des gens de mer de neuf à treize ans. Pour être admis dans l'établissement, les enfants doivent être exempts d'infirmités ou de maladies contagieuses, d'affections scrofuleuses et présenter par leur poids, leur taille et leur constitution physique une aptitude suffisante pour le service de la marine. Voici la taille exigible pour l'admission aux pupilles
(1) H. Ludger, De la mensuration clinique du cœur chez les enfants de dix à quatorze ans. Thèse do Paris, 1883.
telle qu'elle a été fixée pur les plus récentes dépêches ministérielles :
A 9 ans 1,180
— 3 mois 1,191
— 6 mois 1,202
— 9 mois 1,213
10 ans 1,223
— 3 mois 1,230
— 6 mois 1,247
— 9 mois 1,258
11 ans 1,270
— 3 mois 1,281
— 6 mois 1,292
— 9 mois 1,303
12 ans 1,315
— 3 mois 1,326
— 6 mois 1,337
— 9 mois i 1,348
13 ans 1,360
— 3 mois 1,371
— 6 mois 1,382
— 9 mois 1,393
Sur deux cent dix enfants de dix à quatorze ans, M. H. Ludger a trouvé que la mensuration du cœur donnait les moyennes suivantes.
Si l'on considère les résultats généraux du docteur Ludger et qu'on les compare à ceux de Quételet, on verra que ses moyennes sont sensiblement les mêmes, toutefois un peu plus faibles.
TABLEAU RÉCAPITULATIF (h. LUDGER).
AGE
TAILLE
POIDS