III. — Tétanie
Contractures survenant par accès, habituellement localisées aux muscles des extrémités, les mains et les pieds ; s’étendant quelquefois à tout le membre, atteignant exceptionnellement les muscles abdominaux (Herard), les sternocléido-mastoïdiens (Marotte), les muscles de la mâchoire (Barthez et Rilliel), de la face (Trousseau), du larynx, le diaphragme (Duchenne, Lasègue). Dans certains cas ces contractures peuvent rappeler le tétanos ou l’attaque d’épilepsie (Bouveret et Dévie). Les contractures peuvent être très légères et se traduire seulement par le durcissement du muscle; le plus souvent elles produisent des attitudes caractéristiques : la main s’immobilise en forme de cône, dans la position dite, main d’accoucheur ; le pied se place en flexion forcée la pointe tournée en dehors.
Les accès sont variables comme durée et comme fréquence : ils sont augmentés par toutes les excitations sensitives (1).
(1) Pour n’avoir pas à y revenir disons un mot des autres symptômes et du diagnostic de la tétanie.
Il y a souvent des troubles subjectifs de la sensibilité : picotements, fourmillements, arthralgics.
La compression soit des vaisseaux, soit des nerfs provoque un accès (signe de Trousseau).
Les accès pourront quelquefois être provoqués par la compression du sympathique au cou (Weiss), par les oxcilations cutanées.
La percussion du tronc d’un nerf provoque la contraction des muscles qu’il innerve (Chvosteck).
La percussion au niveau do l'angle externe do l’œil provoque une
2° Signification générale des contractions involontaires
Est excessivement vague : la cause d’une contraction involontaire peut se trouver dans le muscle (contractions idiomusculaires), dans le nerf moteur périphérique, dans le neurone moteur central, dans les centres de projection, dans les centres d’association, dans le système nerveux centripète.
La contraction involontaire n’a donc qu’une signification très générale : celle d’un fonctionnement anormal des voies motrices.
En présence d’une contraction involontaire en rechercher la cause.
1° D'abord sur les voies motrices elles-mêmes périphériques ou centrales.
2° Sur toutes les parties du système nerveux capables d’envoyer des excitations aux voies motrices.
contraction brusque fulgurante de la moitié correspondante de la face.
La pression des apophyses épineuses peut provoquer de la douleur et réveiller les spasmes tétaniques (Berger).
Il y a hyperexcitabilité des muscles aux courants galvaniques et faradiques.
Diagnostic cle la cause. — Rechercher une des étiologies suivantes : lo Tétanies infectieuses.
a) Tétanie endémo épidémique.
b) Tétanie survenant au début ou au cours des maladies infectieuses.
2° Tétanies toxiques : A. Par auto-intoxication.
a) Etat puerpéral ; tétanie des femmes enceintes.
b) Lactation : tétanie des nourrices.
c) Dilatation de l’estomac, surtout avec hyperchlorhydrie.
d) Extirpation de la thyroïde : tétanie strumiprive.
e) Tétanie des rachitiques.
/') Tétanie des ostéomalaciquos.
g) Tétanie des urémiques.
B. Par intoxication exogène : alcool, chloroforme, ergot de seigle, extrait de fougère mêle, oxyde de carbone.
Los contractions involontaires n'ont do valeur sémiologique que lorsqu’elles se groupent en syndrome (spasmes, lies, myoclonies, chorée, etc...).
3° Traitement des contracitoxs involontaires (1)
a) II n’y a pas de traitement s’adressant au symptôme contractions fibrillaires,
b ) En présence d’un spasme réflexe, en dehors du traitement causal, si le spasme est gênant par son intensité, on essayera de le modérer par le bromure de" potassium.
Le traitement des spasmes fonctionnels doit être psychique comme leur cause, et avoir comme base la rééducation et l’entraînement suggestif.
c) Le traitement des myoclonies est variable suivant leur forme.
On ne s'inquiétera guère du tremblement fibri liai i e.
Contre le paramyoclonus, en dehors du traitement général s’adressant au terrain de dégénérescence on pourra essayer :
1° L’électricité sous forme de courants continus (LowenfelJ, Iloinen, llenoch), de bains statiques, de franklinisation (Raymond).
2° Les bains sulfureux.
3° l/atropine, Tésérine, l’hyoscyamine, l’hyoscine.
Le traitement des tics est avant tout psychique, comme leur cause.
d) Dans le traitement des mouvements choréiques on s’inspire surtout de considérations étiologiques et pathogéniques. Cependant on peut tirer quelques indications du symptôme lui-même.
(I) Nous n’aurons en vue ici que le traitement s’adressant au symptôme en dehors de toute interprétation pathogénique.
J. Roux. — Maladies nerveuses 5.
Les mouvements choréiques sont légers, peu intenses, la volonté exerce sur eux une certaine action d’arrêt = Parle massage, les mouvements passifs, et surtout la gymnastique et l’exécution de mouvements actifs méthodiquement réglés, on peut accélérer la guérison. Les séances d’exercice seront courtes, ne provoqueront jamais de fatigue ; on s’arrêtera immédiatement si l’on s’aperçoit qu’au lieu d’être diminués les mouvements choréiques sont exagérés.
Les mouvements choréiques sont exagérés par toute excitation sensitive, par l’émotion, par les mouvements involontaires = maintenir le malade au lit dans une pièce isolée, sans bruit.
Les mouvements choréiques sont intenses, généralisés, troublent l’alimentation, épuisent le malade, empêchent le sommeil, traumatisent les téguments — adopter le traitement de Joffroy : chloral à haute dose de façon à obtenir le sommeil, enveloppement dans un drap mouillé.
Veiller à ce que l’alimentation se fasse bien ; faire manger le malade avec patience, essayer même un peu de suralimentation,avec de la viande cruepulpée, avec de la somatose, etc...
Veiller avec soin à l'intégrité des téguments, antisepsie rigoureuse de la peau.
e ) La thérapeutique des tremblements se réduit à peu de chose. Souvent d’ailleurs ce n’est qu’un symptôme accessoire auquel on néglige de s’adresser. Dans les cas où par son intensité, il devient pénible et constitue une gêne considérable, on se trouve souvent désarmé. Parmi les nombreux médicaments qui ont été proposés, retenons simplement ; la solanine (Grasset) (0,10, 0,20 c g. par jour); l’hyoscyamine cristallisée (Charcot) (1 mg. pour commencer, augmenter progressivement jusqu’à b ou 6, puis diminuer progressivement), le chlorhydrate ou le bromhydrale d’hyoscine (1 -3 milligr.).
f) En présence d’une crise convulsive il n’y a habituel-
le ment qu’à lui laisser suivre son cours en prévenant simplement les complications : desserrer les vêtements, empêcher que le malade nese traumatise ; si on le peut, introduire un bouchon entre les mâchoires pour prévenir la morsure de la langue; maintenir le malade sans violence ; prévenir la suffocation, ouvrir les fenêtres ; respecter le sommeil qui suit.
Lorsque la crise est annoncée par des prodromes ou une aura, on peut quelquefois la faire avorter. La compression des carotides peut rarement être utilisée. Lorsqu'il existe une aura bien nette les excitations cutanées partant de cette région peuvent empêcher la crise. Les cas les plus favorables sont ceux où il y a une aura aux extrémités des membres, la crise peut alors souvent être prévenue par une traction violente exercée sur cette extrémité ; par une constriction au-dessus du siège de l’aura soit avec la main, soit avec un bracelet spécial, soit par un lien circulaire.
Dans d’autres cas la crise est arrêtée par des excitations périphériques très variables suivant les sujets, toujours les mêmes, chez le même sujet : flagellation, eau froide, ingestion d’un verre d’eau, excitations sensorielles...
Lorsqu’il y a une aura psychique, le sujet peut parfois arrêter sa crise, en fixant fortement son attention sur un autre objet.
Ces divers moyens, lorsqu’ils réussissent, sont précieux, car ils donnent au malade une grande sécurité, en lui donnentla certitude qu’il n’aura pas sa crise dans un lieu public, dans l’exercice de ses fonctions, etc...
Malheureusement la crise arrêtée laisse souvent à sa suite une impression de malaise persistante, au lieu de l’allègement que provoque la décharge motrice.
Dans certains cas très rares celte méthode peut même devenir curative. Lorsqu’il y a une aura partant d’une extrémité, en plaçant au-dessous un vésicatoire circulaire, on peut supprimer les crises pour un temps. En renouvelant
le vésicatoire la cessation peut être permanente. Souvent alors l’aura se déplace, passe à un autre membre; on la poursuit alors par les mêmes moyens. En poursuivant ainsi 1 aura de place en place on a pu dans certains cas très rares amener une guérison permanente.
Lorsqu’il s’agit d’unecrise convulsive hystérique, le mieux est habituellement de lui laisser suivre son cours, en éloignant toutefois de la malade toutes les personnes qui n’ont pas manqué d être attirées et dont l’empressement curieux et indiscret est du plus fâcheux effet. La malade étendue sur son lit, maintenue sans violence, protégée contre les traumatismes, déroulé sa crise sans qu’on intervienne. On pourrait souvent juguler la crise par la compression d’une zone hystérogène, il vaut autant s’en abstenir. Ce n’est que lorsque la crise entre dans sa période délirante, et surtout si elle tend à se prolonger qu'on interviendra pour provoquer le sommeil. Nous sommes peu partisan des manœuvres de suggestion et d’hypnotisme, qui d’ailleurs échouent le plus souvent, et peuvent avoir des conséquences fâcheuses en mettant le malade dans un état somnambulique. Mieux vaut ici avoir recours aux agents médicamenteux : faire respirer du chloroforme à faibles doses, puis lorsque la malade est calme, commence à somnoler, administrer un lavement avec 2-4 gr. de chloral. Si cela est possible donner 1-2 gr. de sulfonal par la bouche.
Le traitement de la tétanie doit avant tout s’inspirer de la cause. Contre le symptôme convulsif : obscurité, silence, éloignement de toute irritation sensitive ou sensorielle ; bains chauds, bromure, cbloral s’il y a de l’insomnie.