‹ Diagnostic et traitement du cancer de l'estomacChapitre 31 sur 47 · Pouls : 94; sentses forces revenir un pen · texte numérisé non relu

Pouls : 94; sentses forces revenir un pen

(4) Le sang a été pris sur un individu, fort et vigoureux, ancien soldat, exerçant actuellement la profession de donneur ae sang, position philanthropique et lucrative. Peu de jours avant, il avait fourni du sang pour deux transfusions.

Cr. 1 ds

10. — Il a été agité; il se plaint d’uhe soif insatiable. Pendant les jours qui suivent, son état reste stationnaire, un peu faible mais sans comparaison avec l’élatexangue d'avant la transfusion.

18. — It prend un peu de viande crue, qui est bien supportée.

Dans la nuit du 49 au 20, vomissement noir de suie, le malade est plus pâle, très déprimé.

Cetie hématémèse a été la seule. — Peu à peu, il s'améliore.

4 juin. — Depuis huit jours, il prend chaque jour six œufs dans son lait. — Pendant le mois de juin, il se maintient toujours dans un état relativement bon; on le nourrit avec du lait, des œufs et des lavements de peptone. — Vers le15, il prend de l’eau chargée d'oxygène et s'en trouve bien.

Juillet. —- [l est toujours faible et très pâle ; malgré cela, son état s'améliore. Il mange maintenant de petites quantités de viande et un peu de légumes ; il continue le lait et l’eau chargée d'oxygène. Tout est bien supporté.

Août. — Le mieux continue ; le malade se lève et se promène au jardin ; les aliments sont bien supportés. Son visage est toujours pâle, mais ses traits reprennent un peu de vivacité, et il commence à quitter cet air de prosiration qu'il avait depuis plusieurs mois.

Septembre. — Mème état, ni mieux ni plus mal : peu brillant en somme. Dans le courant du mois, ennuyé de se trouver depuis si longtemps à lhôpital, il quitte le service, sans avoir repris beaucoup de forces.

Nous avons su depuis (novembre) qu’il était chez lui, très affaibli, incapable de travailler.

Examen des urines : pas d’albumine ni de sucre, pas d’indican ni d’acétone.

Date. Urine. Urée. Régime et Observations.

Mai 3 620 gr. 9 gr. 52 Pendant ces deux jours, le — 4 930 11 91 malade n’a pris aucune — 5 et 6 1750 28 08 nourriture.

— 220 24 88 La transfusion a été faite — 8 1600 28 68 le 5, ce sont les urines — 10 2700 28 04 de deux jours, ce qui + 41 2900 he d7 donne 14 04 pour chaque — 42... 4700 28 30 jour. — Lait et champa- — ASOTS0 41 38 gne frappé. — Lavements

— 14 2000 31 29 de peptone (un par jour).

Date Urine Urée Régime et observations Mai 15 1200 16 14 Ce jour-là, une partie des — 16 2400 36 98 urines a été perdue.

— 47 1800 29 97 — 18 1590 26 47 — 1927100 26 89 — 20 2200 33 81 — 21 1400 21 51 — 29 2100 32 27 — 80 1700 23 95 Juillet 20 1900 17 24 Un degré. -- 2 pots de — 21 750 9 60 lait. — Eau chargée — 22 : 1200 16 90 d'oxygène. — Urines aci- —— 23 700 8 96 des, pas d’albumine.

— 2% 4500 13 4h — 25. . 4820 43 97 — 26 1700 13 05 r Août 1 1300 9 88 Urines alcalines : abondant — 4 2000 20 48 dépôt de matières blan- — 5 24500 14 33 châtres, pas d’albumine.

— 6::::4700 45 33 — Le 4, les urines sont —— Del 100 9 85 redevenues claires et aci- — 10 1400 1192 54 des; elles ne renferment = HA LDO 9 85 ni indican, ni acétone. — 120150) 10 36 REMARQUE. — Nous avons eu ce malade en observation pendant toute l’année ; c'est ce qui explique la longueur de ce récit. — Il est intéressant à plus d’un titre: 1° Clinique-

ment ; quel diagnostic porter en présence d’un malade semblable ? C'est, ce nous semble, un fort bel exemple de faux cancer ; 2° Au point de vue de l’urée ; 1l y a, aussitôt après la transfusion. une augmentation considérable de la quantité des urines, et du taux de l’urée qui s’est toujours maintenu, pendant un mois, à un niveau très élevé, malgré la faible quantité de nourriture ingérée. La nutrition cellulaire a été activée par cet apport d'un sang nouveau, riche en matières albuminoïdes,et a pu fournir ainsi des déchets excrémentitiels en abondance. Mais le dosage fait 2 et 3 mois après,

montre une décroissance notable, ce qui prouve que le malade, n'apportant personnellement qu'une faible quantité de matériaux de combustion, avait déjà consommé une grande partie de ceux qui lui avaient été fournis par une source étrangère. Nous sommes persuadé que si.nous avions l'occasion d'examiner de nouveau l’urée de ce malade, nous trouverions une diminution encore plus accentuée. — Pour nous:servir d’une comparaison peut-être un peu vulgaire, le combustible versé dans la machine animale Ja ranime et lui donne une vitalité nouvelle, mais peu à peu il s'épuise, et la machine est bien près de s'éteindre; — 3° La transfusion du sang et une opération facile, doit toujours être tentée quand des hémorrhagies considérables ont rendu l'organisme presqu'exsangue. On voit quels bons résultats elle peut donner, alors même, comme dans le cas précédent, que le malade est mourant. On remarquera aussi qu'à partir de ce jour, le malade, qui avait une intolérance absolue pour toute espèce d'aliments, a pu prendre et garder du lait et des œufs.

OBSERVATION XLIII (Personnelle...) Gastrile ulcéreuse.

D... Emile, 62 ans, chaisier, entré le 31 décembre, salle Beau, n° 40, hôpital Cochin, service de M. Dujardin-Beaumetz.

Père et mère morts à un âge très avancé ; un frère mort tuberculeux ; quatre sœurs bien portantes.

Pas de scrofule ni de rhumatisme ; chancre induré à 920 ans; peu d'accidents ; a toujours eu des digestions difficiles.

La maladie semble avoir débuté, il y a deux ans, par des douleurs à l’épigastre, lérébrantes, continues, moins vives après les repas; son appétit était bon, mais ses digestions étaient pénibles; vomissements pituileux survenant l'après - midi ;: trois mois après, vomissements alimentaires rares ; en même temps, il maigrissait beaucoup et ses forces diminuaient.

ISRS

En septembre 1883, premier vomissement noir. Il entre à Saint-Antoine, où on l’améliore avec le régime lacté et les poudres de viande ; nouvelle hématémèse en décembre. Il entre à Cochin le 31 décembre. :

Le malade est affaibli, pâle : il a beaucoup maigri; il se plaint de douleurs à l’épigastre, de perte d’appétit, de vomissements alimentaires ; rien de particulier à la palpation de l'estomac, légère dilatation, pas de tumeur. On le met au régime lacté.

” Quelques jours après, il a un vomissement noir, ef il est pris de douleurs très violentes à l’épigastre.

15 janvier. — Il est mis au lavage d’estomac.

19. — Hématémèse (1 litre 4/2); lavage avec eau et perchlorure de fer, 15 gouttes ; lait glacé ; gavage à la poudre de viande.

Depuis cette époque, ses douleurs ont diminué; son état général s’est amélioré ; il n’a plus eu de vomissements. Il prend quatre litres de lait et deux œufs, mais tout autre aliment est immédiatement rendu.

5 mars. — Le malade a eu hier soir un point de côté et une température de 89°6 ; ce matin, à l’auscultation de la poitrine en arrière, en bas et à droite, râles crépitants très nets, et souffle tubaire ; traitement ordinaire.

14. — La pneumonie a évolué régulièrement. Comme elle a eu lieu à la base, on pense, en l'absence de toute autre cause appréciable, qu’elle a pu être causée par les lavages à l’eau froide.

A partir de ce jour, il fait des lavages à l'eau tiède.

A Paques, le malade cesse le gavage, et prend un peu de viande et de légumes.

Juin. — L'état général est assez bon; il ne se lave que tous les trois ou quatre jours ; il prend 2 degrés (viande et légumes) et un peu de vin, le tout bien supporté; mais il se plaint de douleurs constantes au niveau du pylore.

Juillet. — Toujours mêmes douleurs ; ses digestions devenant pénibles, on le remet au régime lacté et aux poudres (craie et magnésie); vers le 40, il a quelques vomissements bilieux ; il mange un peu de viande ; prend de l’eau chargée d'oxygène.

Août. — Régime lacté absolu ; continue le lavage.

10 septembre. — Il prend quatre cuillerées d’eau sulfocarbonce, ce qui soulage ses douleurs.

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