TECHNIQUE
Je crois utile de donner ici quelques indications sur la technique la plus convenable pour arriver à établir le diagnostic histologique de fragments de tissu utérin obtenus soit par curettage, soit par simple excision.
- Je n'ai pas à me préoccuper ici de la façon dont le curettage doit être fait ; c’est là une opération de petite chirurgie que tout gynécologue doit posséder à fond et que les débutants peuvent apprendre dans tous les hôpitaux et dans tous les traités classiques.
En revanche, je m'étendrai sur toute une série de précautions, qu'il convient d'observer lorsqu'on veut ultérieurement soumettre des pièces à l'examen histologique.
Je ferai tout d’abord remarquer que le même traitement convient à toutes les pièces provenant de l'utérus, qu'il s'agisse de produits de curettage, de fragments simplement excisés, ou même de débris expulsés spontanément. D’ailleurs, dans ces deux dernières circonstances, la situation du gynécologue est fréquemment la même que dans le cas de produits curettés à proprement parler : le diagnostic est hésitant, l’utérus vient à expulser une masse dont l'étude histologique peut seule révéler la valeur; ou encore la nature d’un point spécial du col, d’une production anormale
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étant douteuse, on prélève alors à l’aide du bistouri ou d’une curette un fragment destiné à l'examen microscopique.
Quelle que soit l’origine des tissus dont la constitution histologique est à déterminer, voici comment il faut procéder :
Au fur et à mesure que les fragments de muqueuse sont ramenés au dehors, ceux-ci sont recueillis soigneusement sur une compresse légèrement humectée avec du sérum artificiel; on s'attache à réunir tous les fragments en évitant soigneusement de les comprimer, de les tirailler et de les mouiller avec les diverses solutions antiseptiques; peu importe que des caillots sanguins englobent le tout, l'important, au cours du curettage, c'est de recueillir la plus ‘grande quantité possible de tissu suspect, en observant les précautions indiquées plus haut. :
Dès que le curettage est terminé, on doit se préoccuper de fixer, le plus tôt possible, les fragments destinés à l'examen histologique. Mais il faut tout d’abord dégager ceux-ci des caillots qui, la plupart du temps, les englobent.
Avec une pince et des aiguilles montées, on s'attache à dégager, du sang coagulé dans lequelils sont englobés, ‘ tous les morceaux de tissu visibles ; ceux-ci se distinguent, d’ailleurs, sans peine, par leur aspect clair et gélatineux sur le fond rouge des caillots. Cette précaution est indispensable, car le sang ne peut fournir aucune indication sur la nature de l’altération utérine en question, et ne fait qu'occuper inutilement dans les coupes la place d’éléments significatifs ; on s’exposerait autrement à préparer toute une série de lames uniquement composées de sang coagulé.
Avant de plonger les pièces dans le liquide fixateur, il