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fléau. Cependant, quelque grande que soit la mortalité de la tuberculose pulmonaire, il est admis par tous aujourd’hui que sa morbidité est plus considérable encore.
Nous empruntons les lignes suivantes à une clinique faite par M. le professeur Grancher à l'hôpital des Enfants- Malades et parue dans le Zulletin médical (1):
« On juge trop souvent, dit-il, de l'expansion de la tuberculose, par les statistiques officielles de mortalité ; mais si prépondérante que soit, dans ces statistiques, la part imputable à la tuberculose, elle n’est cependant rien à côté du nombre énorme de cas non suivis de mort. Cette proposition devient évidente, si l’on compare la mortalité par tuberculose d'après les tables officielles à la morbidité de cette maladie telle qu'on peut l’établir d’après certains documents que je vais vous soumettre.
Selon les statistiques officielles, la mortalité totale en France est de vingt-deux décès pour mille individus et par an ; sur ce chiffre, trois à quatre décès sont dus à la tuberculose, soit un sixième du nombre total des décès. Cepéndant M. le professeur Brouardel, sur les cadavres autopsiés à la Morgue, a trouvé soixante fois sur cent, des tubercules au sommet du poumon.
Il s’agit pourtant, dans ces cas, non d’autopsies de malades, mais d’autopsies d'individus morts de mort violente, le plus souvent en pleine santé ; en sorte que l’on pourrait admettre que ce chiffre de soixante pour cent ne
dépasse pas de beaucoup la proportion des tuberculeux
(1) Grancher. Fréquence et curabilité de la tuberculose. Bull médic., 16 oct. 1895.
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dans certaines couches de :la population parisienne. »
Il résulte de cette citation que la mortalité, pourtant si fréquente de la tuberculose, est infime par rapport à sa morbidité, et que nombreux sont les individus ayant toutes les apparences de la santé, et qui sont porteurs de tubercules au sommet du poumon.
Tous les médecins sont d'accord, à l'heure actuelle, pour déclarer que la tuberculose pulmonaire chronique peut guérir lorsqu'elle est reconnue et traitée au début de son évolution : et c’est en parlant des premières étapes de la maladie que le professeur Grancher a pu dire que « la tuberculose est la plus curable des maladies chroniques ».
Forts de cette notion consolante et convaincus de la nécessilé d’un diagnostic précoce, tous les médecins se sont appliqués à découvrir des moyens leur permetlant d’arriver à reconnaitre les lésions bacillaires du poumon à leur extrême début. Depuis la découverte du bacille de Koch dans les crachats et principalement dans ces dernières années, il semble que les efforts des chercheurs se soient concentrés surtout sur les procédés de laboratoire et les moyens d'expérimentation. Nous n'avons pas l'intention d'exposer ces différentes méthodes, encore moins d'apprécier leur valeur réciproque, mais nous voulons essayer de montrer quegles ressources de la clinique proprement dite, ressources que tout médecin instruit porte toujours en luimême, suffisent à elles seules pour faire le diagnostic précoce de la tuberculose pulmonaire.
Pendant l'année d’externat que nous avons eu le grand avantage de passer dans le service de M. le docteur Auclair, à la consultation ‘de médecine de la Pitié, nous avons
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vu souvent notre maître se servir, pour examiner la poitrine d’un malade qu'il supposait atteint d’un début de bacillose, de la méthode d’auscultation de M. le professeur Grancher, et trouver, grâce à elle, à un sommet du poumon, un trouble de l'inspiration lui permettant de faire le diagnostic d’une tuberculose à la période de germination. Initié par notre maître à reconnaitre ces modifications respiratoires grâce à une auscullation méthodique et attentive, nous avons été vite convaincu de leur valeur séméiologique, importante au début de la phtisie, Aussi, à l’instigation de M. le docteur Auclair, et guidé de ses conseils, nous avons entrepris de montrer, dans notre thèse, l'excellence, pour le diagnostic précoce de la tuberculose pulmonaire chronique, chez l'adulte, des signes d’auscultation et de la méthode d'examen clinique préconisés depuis plus de vingt-cinq ans par M. le professeur Grancher. Après un rapide aperçu historique, nous aborderons le sujet que nous nous sommes proposé ; nous terminerons notre travail en publiant quelques observations qui ont contribué à former notre conviction. Puissions-nous réussir
à entrainer celle de nos lecteurs !