DÉLIVREZ-NOUS DU MAL
(Il s'arrête.)
Gamin. — Et puis?
DoMussE. — C'est tout. Ainsi soit-il. Conviens que c'est une belle prière ?
Gamin. — Ma foi oui. C'est plein de bonnes choses. Et clair. Ça paraît certain. C'est bâti. Alors c'est ça la religion?
Domusse. — C'est ça.
Gamin. — Oui, oui...
(Il sourit.)
DoMussE. — Qu'est-ce qui te fait sourire ?
Gamin. — Parce que ce Pater... pendant que tu le déroulais, je me disais : Mais je connais... J'ai déjà entendu ça quelque part... Et puis maintenant ça me revient... C'est de maman qui s'en servait aussi tous les jours, quand j'étais petit et qu'elle me le faisait réciter... Je me rappelle.
DoMussE. — Tu vois bien ? L'as-tu en core, ta mère ?
Gamin. — Elle n'est plus. Depuis longtemps.
DoMussE. — C'est peut-être elle qui t'a protégé ?
Gamin. — Ça se pourrait bien,
DoMussE. — Alors tu diras sa prière ?
(Gamin fait signe que oui. Domusse l'embrasse discrètement, sans qu'il résiste. Et en silence ils se séparent.)