‹ Dialogues et entretiens philosophiques (volume 2)Chapitre 71 sur 80 · n'est pas nécessaire de dire comment Dieu punira · texte numérisé non relu

n'est pas nécessaire de dire comment Dieu punira

et récompensera. Absolument nécessaire.

172-27. Je leur demanderai qui leur a dit que Dieu ne punit pas. Echappatoire familière aux déistes. C'est à eux de prouver ce qu'ils avancent. On ne nie que parce qu'ils affirment.

172-38. Un philosophe doit annoncer un dieu, s'il veut être utile. Toujours le même sophisme. Il apparaît ici avec la dernière évidence. Qu'il y ait ou non un dieu , la société humaine n'en sera pas moins constituée d'une façon quelconque, et des contacts des hommes entre eux naîtra toujours une morale quelconque établie en vue de l'utilité commune. Dès lors où est l'utilité d'un dieu ?

XXI. A ET B , sur la Liberté. (1764, Dict. philosophique.) 172-8. Le petit dialogue suivant est ce qui m'a paru le

plus net. Voltaire a bien raison. Jamais les partisans du libre arbitre absolu ne répondront à cette critique péremptoire.

XXII. BoLDMiND ET MÉDROso. (1765. Dict. phH., article Liberté de penser./

XXIII. Galimatias dramatique. {1765, Nouveaux Mélanges philosophiques , historiques, etc., sans lieu d'impression, 3 vol. in-8°, tome III, n° 23.) Selon Decroix, ce dialogue a été écrit en 1757, à l'occasion des querelles religieuses qui . depuis 1750. troublèrent la France.

183-9. ^^ grâce est donnée à tous. C'est dire qu'il n'y a pas de grâce et que les œuvres font tout. Telle était bien la thèse des jésuites ou molinistes; et il n'est pas douteux, qu'au point de vue de la raison la plus élémentaire, ils n'eussent entièrement raison.

i83-i6. La grâce est- donnée à peu. Les jansénistes empruntaient à Augustin et à Paul cette criante iniquité du fatalisme providentiel.

184-.. Le Quaker, l'Anglican, le Puritain. Voir les Lettres anglaises de Voltaire.

184-34. In, cum. sub : dans, avec, sous le pain eucharistique. Les luthériens y admettaient la présence réelle du Christ, mais en distinguant le pain du dieu. Les catholiques tiennent que Thostie consacrée est Jésus lui-même. La différence est minime: cependant elle a servi de transition vers la doctrine des autres sectes protestantes qui ne voient dans le pain du sacrifice qu'une commémoration de la cène et, par suite, de Jésus.

185-24. Alle^ renfermer tous ces pauvres fous. Par malheur, ce sont eux qui, depuis Constantin (iv« siècle), font enfermer ceux qui ne sont pas fous.

XXIV. Mélinde et Sophronie , l'éducation des filles. (1765, Nouveaux Mélanges, tome III, n» 24.) Decroix veut que ce dialogue ait été écrit en 1761 , alors que Voltaire achevait l'éducation de Marie Corneille, qu'il avait généreusement recueillie.

\S-j-22.Ce peu que fai de raison. A méditer, par ce temps de Sacré-cœur.

XXV. Le chapon et la poularde. (1765. Nouveaux Mélanges, tome III. n° 39.) On donne cette charmante fantaisie, sans preuves, comme de 1763.

191-13. On en avait rôti plus de vingt mille. A l'adresse de l'Inquisition.

192-7. Un beau livre contre les broches. Traité de l'abstinence de la chair des animaux. Traduit en 1747 par Lévesque de Burigny.

193, 8-10. Cette espèce de grange. Une église. Un homme qui parlait seul devant d'autres hommes qui ne parlaient point. Ex^-ellente définition du prédicateur.

193-15. Cette défense positive. Genèse, voir la Bible expliquée.

XXVI. Tuctan ET Karpos. (1765, Dict. phil.j A rapprocher du « pourvu que je porte mon bât », de Phèdre et de la Fontaine.

195, 7-8-14. Agion pneuma. Le Saint-Esprit: tou patrou. du Père, tou viou, du Fils.

XXVII. Osmin ET SÉLiM. (1765, Dict. phil., article Nécessaire.)

Aux prises avec la question de la nécessité, Sélim tergiverse. Tantôt, et c'est là le fond de sa pensée, il admet qu'il était « nécessaire à la nature divine qu'elle fît ce qu'elle a fait » ; et dés lors à quoi bon une nature divine, puisqu'elle coïnciderait avec la nécessité des

choses? Tantôt, pour décharger Dieu de la responsabilité du mal, il cherche à distinguer entre permettre, vouloir et faire, ce qui exclut l'idée de nécessité. Aussi Osmi!lui dit-il avec raison , p. 202, I. 17 : « Je croyais que vou^ m'instruiriez, et vous ne m'apprenez rien. »

XX'VIII. Des païens et des sous-fermiers. (1765, Nouveaux Mélanges.)

2o3-3. Les quarante colomies de l'Etat, a Oui, dit le marquis de Souvré, ils soutiennent l'Etat comme la corde soutient le pendu. » (Note de Kehl.J

203-10, « Q«z n'écoute pas l'Eglise. » Mathieu, XVIII. verset 17.

XXIX. Lucien, Erasme et Rabelais. (1765, Nouveaux- Mélanges, T. III , n» 32. i

Lucien, de Samosate, célèbre philosophe et polvgraphe grec, auteur d'excellents dialogues, né à Samosate, en Assyrie, sur l'Euphrate, vécut entre 120 et 200 après J.-C. D'abord avocate Antioche, il parcourut l'Asie Mineure, la Macédoine, la Grèce, l'Italie et la Gaule, faisant partout des lectures et des conférences.

Erasme, érudit, théologien, polvgraphe, auteur des Colloques (i5i8) et de V Eloge de la 'Folie (i5o8), (Gérard de Gérard, puis Désidérius, en grec Epa^ao;) , naquit à Rotterdam en 1467 et mourut à Bâle en 'i 536. Il était enfant naturel. Morne et prêtre malgré lui, il erra presque toute sa vie en France, en Angleterre, en Italie, en Brabant, en Allemagne et vint se fixer en i52i à Bâle, cuis en i529 à Fribourg, enfin à Bàle pour y mourir, en I335. Il écrivait en latin.

Rabelais (François), né vers 1490 à Chinon, mort probablement à Paris, vers 1 553. Moine, médecin , curé, auteur de Gargantua et de Pantagruel ^ passa d'abbaye en abbaye , visita Rome, vécut à Montpellier, à Lyon, toujours suspect aux orthodoxes et protégé à grand'peine

S ar François l" , par Henri II, surtout par le cardinal e Chàtillon. Ces trois grands penseurs ont tous les droits

du monde à figurer dans la galerie des Vagabonds, peinte

avec tant de verve par Mario Proth. 207-14. Je passai pour être beaucoup plus plaisant que je

ne l'étais. Ici Erasme est Voltaire.

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