UN CONSEILLER ET UN EX-JÉSUITE
L 'ex-jésuite. — Monsieur, vous voyez le triste e'tat où la banqueroute de deux marchands missionnaires m'a re'duit. Je n'avais assure'ment aucune correspondance avec frère La Valette et frère Sacy ; j'e'tais un pauvre prêtre du colle'ge de Clermont dit Louis-Ie-Grand, je savais un peu de latin et de catéchisme que je vous ai enseigné pendant six ans, sans aucun salaire. A peine sorti du collège, à peine, ayant fait semblant d'étudier en droit, avez-vous acheté une charge de conseiller au parlement, que vous avez donné votre voix pour me faire mendier mon pain hors de ma patrie, ou pour me réduire à y vivre bafoué avec seize louis et seize francs par an, qui ne suffisent pas pour me vêtir et me nourrir, moi et ma sœur la couturière devenue impotente. Tout le monde m'a dit que ce désastre était advenu aux frères jésuites, non-seulement par la banqueroute de La Valette et Sacy, missionnaires, mais parce que frère La Chaise . confesseur . avait été un