M. MARCELLIN BERTHELOT
Plus d’une fois, en retrouvant dans ces pages certaines idées dont nous avons mille fois causé ensemble, je me suis demandé si elles étaient de vous où de moi, ant nos pensées se sont depuis trente ans entrelacées, tant il m'est impossible, dans notre intime association intellectuelle, de dishinguer ce qui est men de ce qui est vôtre. C’est comme si l'on voulait partager les membres de l’enfant entre le père et la mère. Tantôt l'embryon de l'idée est de vous et le développement m'appartent; tantôt le germe est venu de mor, et c’est vous qui l'avez fécondé. Tout ce que j'ai pu dire de bon sur l’ensemble de l'univers, je veux qu'on
le regarde comme vous appartenant. D'un autre as
LM voire esprit le à jet n'en aurai meilleure. f
de décembre. Puis, quand nous fûmes a suivre la France dans la voie où elle s'était eng
sants.
A M. MARCELLIN BERTHELOT. in
Verrons-nous enfin de meilleurs jours, et notre vieillesse sera-t-elle comme larrière-saison du poële hébreu, que récolta dans la joie la moisson qu’il avait semée dans les larmes ? Vous l’espérez, et puissiez-vous avorr raison ! Tant de fautes ont été commises qu’il en est beaucoup qu’on ne peut plus commettre. Si la France veut jouer une fois de plus sa belle partie de sympathie, de liberté, de dignité pour tous, le monde l’aimera encore. Sa défaite aura mieux valu que la plus éclatante victoire, si elle donne l'exemple d’une nation sage sans guides et intelligente sans maîtres. Que volontiers j'effacerai alors toutes mes lugubres prophéties ! Comme je serai heureux de me rétracter !.. En attendant, notre tâche est bien simple : redoublons de travail. Je sens en mor quelque chose de jeune et d’ardent; je veux imaginer quelque chose de nouveau. Il faut que M. Hugo et M"° Sand prouvent que le génie ne connaît pas la vieullesse. Il faut que Taine, About, Flaubert fassent dire que leurs meilleures œuvres jusqu'ici n'ont élé que des essais. Il faut que
Claude Bernard et Balbiant découvrent d’autres