PERFECTIONS DE DIEU
(Suite)
MarRtE.—Hâtons-nous de passer à l’importante question du Catéchisme : Où est Dieu ? Un évêque fit un jour la même demande à une petite fille ; savez-vous la réponse qu’il en obtint ?
LouisE.—Dieu est partout, tout partout.
MaRte.—Nullement, “Monseigneur, répondit-elle, que Votre Grandeur me dise d’abord où Dieu n’est pas ; ensuite, je vous dirai où 1l est.”
Et en effet, qui pourrait trouver un endroit où Dieu ne serait pas présent ? %O Seigneur, disait David, si je monte au ciel, vous y êtes ; si je prends les ailes d’un oiseau pour m’envoler jusqu'aux extrémités de la terre, c’est votre main qui m’en ramènera.” Dieu est en tous lieux par son immensité.
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CLAIRE.—Immensité ! Cela veut-il dire que Dieu est présent partout, qu’il remplit le ciel et la terre ? Quand j'étais petite, je m’imaginais que Dieu était seulement au ciel, ainsi qu’on le dit dans le Pater : Notre Père, qui êles au cieux...
AGATHE.—Comprends-tu maintenant que cette expression, qui êtes aux cieux, a surtout pour but d’élever nos cœurs vers le ciel, le lie1 où Dieu règne dans sa gloire, où nous espérons le posséder un jour ?
Mais, de fait, Dieu est présent partout, sur le terre comme au ciel. Par sa science, il connaît tout ; par sa puissance, il conserve cet univers qu’il a créé ; par son essence, il donne à toutes choses l’être, le mouvement et la vie.
Car, de même que l’oiseau a besoin d'air pour voler, et le poisson d’eau pour vivre et nager, ainsi nous avons un besoin absolu de Dieu pour vivre, agir et exister. Dieu est donc présent ici, avec nous, en nous, et dans le monde entier.
Luore.-—$i le bon Dieu voulait créer encore d’autres mondes, pourrait-il y être présent ?
AGATHE.—Sans aucun doute ; car, l’immensité de Dieu n’est pas limitée par les bornes de l’univers actuel, ni de tous les mondes possibles ; Dieu est infini.
Lucre.—Que Dieu est grand, et que nous sommes peu de chose en sa présence. Tous les hommes sont devant lui moins que des grains de poussière, ou comme des fourmis qui s’agitent et que l’on peut écraser de la pointe du pied.
Rose.—Ils sont donc bien téméraires les pécheurs qui offensent la majesté de Dieu ! Ils mériteraient d’être aussitôt écrasés par la colère divine ! Pour moi, je prends la résolution de ne jamais plus pécher.
ANNE. — Pour éviter le péché, rien n’est plus utile que la pensée de la présence de Dieu. La chaste Suzanne fut un jour vivement sollicitée au mal par deux vieillards .infâmes ; elle leur répondit : “ J'ai. Merais mieux mourir que pécher en présence du Seiÿneur.”
ROSE — Belle réponse ! Mais Passons à la question : “Si Dieu est partout, Pourquoi ne le voyons- Nous pas ?”
MaRrEe—]] n’y a qu’à citer le Catéchisme : “Nous ne voyons pas Dieu, parce que c’est un Pur esprit, qui ne peut être vu des yeux du Corps.”
que si la lumière se réfléchit sur cet objet et vient ensuite frapper notre œil, lequel devient alors comme un petit miroir > Mais, si l’œil est fermé, ou si] est malade, où s'il n’y à pas de lumière, nous ne pouvons voir les objets même les plus rapprochés.
Or, nos yeux ne SOnt pas capables de voir les esprits ; au ciel, nous aurons la lumière de la gloire et notre corps lui-même sera glorifié,
LOUISE.—En attendant, je voudrais savoir si les esprits nous voient, Puisqu’ils n’ont pas de sens : ni yeux, ni oreilles, ni Pieds, ni mains. .?—Le bon Dieu lui-même NOUS :voit-il ?
CLAIRE. — Tin doutes-tu ? Se Pourrait-il que Dieu ait formé l'œil de l’homme, et qu'il n’aurait pas luimême la faculté de voir ?
Non, assurément : Dieu nous voit.
Quant à savoir Comment Dieu nous voit, ce n’est Pas aisé de l'expliquer : nous Connaissons si peu Ja nature des esprits et leur manière d'agir,
De fait, Dieu nous voit ; c ’est incontestable. En
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Jui, il n'y a point de ténèbres ; ses yeux, dit le psalmiste, considèrent les enfants des hommes.
AGATHE.—J’ai trouvé l’autre jour une image qui m’a beaucoup frappée. Elle représentait un grand œil, qui semblait regarder de tous côtés ; au bas, on lisait ces deux vers que j'ai bien retenus :
11 est un œil, c'est l'œil de Dieu,
Qui nous voit toujours, en tout lieu.
LuciE.—Non seulement Dieu nous voit, mais t veille sur:nous, par sa Providence. (C’est pour cela, que le premier article du Symbole donne à Dieu le titre de Père : Je crois en Dieu /e Père...
in effet, si Dieu veille sur tous les êtres qu'il a créés, il a certainement une sollicitude particulière pour l’homme, la créature privilégiée de Dieu. Pour nous, Dieu est le meilleur des pères ; il nous aime plus qu'aucune mère n’aime son enfant.
On ne peut douter que ce qui nous arrive de fàâcheux et d’agréable, la maladie ou la santé, la richesse ou la pauvreté, le succès ou le revers, ne nous vienne de Dieu et de son amour pour nous. C’est ce qu’il juge, dans sa sagesse, plus utile pour le bien de notre âme et sa gloire.
RosEe.—('omment ! Si le bon Dieu nous envoie des souffrances, des malheurs..., il me semble qu’il ne nous aime plus.
Lucie.—Pardon ; est-ce que le bon Dieu n’aimait pas le saint homme Job, lorsqu'il permit au démon de l’affliger de toutes manières, pour l’éprouver ?
Lorsqu’il nous arrive des peines ou des revers, c’est souvent une épreuve ; d’autres fois, c’est pour nous empêcher de trop nous attacher aux choses de ce
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monde et nous rappeler à lui ; d’autres fois, c’est pour nous faire expier nos péchés, en ce monde ; dans tous les cas, soyons assurés que Dieu ne nous abandonne jamais, et que pas un cheveu ne tombe de notre tête sans sa permission.
ANNE.—Il y a pourtant une chose que je ne puis m'expliquer : c’est de voir assez souvent des gens sans religion, ou appartenant à une fausse religion, mieux réussir et être plus riches que debons catholiques, honnêtes, fidèles à tous leurs devoirs !
Louise.—Il ne faut pas vouloir expliquer tous les secrets de la Providence ! D’abord est-il certain que les méchants sont plus heureux que les bons ? N’ontils pas, au fond du cœur, des remords cachés et cuisants ?
De plus, il est rare que même les plus méchants ne fassent pas un peu de bien. Or, comme Dieu ne laisse rien sans récompense, il leur donne en ce monde ce qu’il ne pourra leur donner dans l’autre.
CLAIRE.—De sorte que la prospérité sur la terre n’est pas toujours une marque de plus grande bienveillance divine ; et si les justes affligés savent supporter l’adversité avec patience et soumission, :ils recevront au ciel une félicité éternelle.
AGATHE.— Voilà une consolante vérité ! Pourtant, il ya dans le Catéchisme une question qui m’effraie : “ Dieu connaît-il tout ? ?—* Oui, Dieu connaît tout : nos actions, nos paroles et même nos pensées les plus secrètes.”
Rose.—Il n’y a là rien d’effrayant ! Voyons, quand on aime une personne, on est content de la voir près de soi, de savoir qu’elle nous regarde, qu’elle nous approuve et nous sourit lorsque nous faisons le bien.
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Il en est de même pour le bon Dieu ; si tu l’aimes, tu dois être heureuse de sentir son regard paternel te suivre dans toutes tes démarches et tes actions !
ANNE.—Je trouve en effet qu’il est bon de vivre ainsi en la présence de Dieu, de le prier, de converser avec lui, à toutes les heures du jour et de la nuit.
LucrE.—Puisque Dieu voit clairement les pensées de notre esprit et les désirs de notre cœur, eët-il nécessaire de lui adresser des demandes et des prières ?
ANNE.—Oui ; car Dieu veut que nous lui exposions nos besoins, afin de nous ifaire mieux sentir notre faiblesse et nous obliger de recourir à Lui.
AGATHE.—Est-il bien certain que Dieu connaît tout, le présent, le passé et même l’avenir ?
ANNE.—Parfaitement : pour Dieu, il n'y a ni passé, ni avenir ; tout lui est présent.
LucrE.—Je conçois que Dieu connaisse le passé et le présent, tout ce qui est arrivé depuis le commencement du monde et toutice qui se passe actuellement sur la terre ; mais comment peut-il connaître sûrement l’avenir, ce qui arrivera d'ici à la fin du monde ?
ANNE.—Comment Dieu connaît-il l’avenir ? C’est son secret. En tout cas, il est certain qu’il le connaît parfaitement ; par exemple, Dieu n’a-t-il pas fait annoncer d'avance par les prophètes une foule de choses qui ne devaient arriver que des centaines où des milliers d’années plus tard ?
Du reste, si Dieu ne connaissait pas l’avenir, sa science ne serait pas infinie, Dieu ne serait pas infiniment parfait. Or, l’Ecriture affirme que : “ Toutes
choses sont nues et découvertes à ses yeux ;—que le
Seigneur est le Dieu des sciences ;—et que même nos pensées lui sont connues d'avance.”
AGATHE.—Est-ce que les démons, les sorciers et les diseurs de bonne aventure ne connaissent pas nos pensées, et même l’avenir ?
CLAIRE.—Nullement ; la connaissance du cœur de l’homme, ainsi que de l’avenir sont des privilèges exclusifs de Dieu, ou de ceux à qui il plaît à Dieu de les révéler.
Le démon, il est vrai, cherche à connaître ces secrets ; il fait des conjectures, mais il ne peut pas avoir la certitude ; il arrive souvent qu’il se trompe ou qu'il ment. Au contraire, Dieu n’est jamais capable de se tromper, ni de nous tromper ; il est la Vérité même.
MARIE.—Parlons maintenant de la perfection divine qui m'étonne le plus, la T'oute-puissance. Dismoi, Rose, est-ce que Dieu peut faire toutes choses ?
RosE.—Oui, Dieu est tout-puissant, et rien ne lui est impossible ; c’est ce que veut encore dire le premier article du Symbole, par ces mots : Je crois en Dieu le Père fout-puissant, créateur du ciel et de la terre.
Manie.—-En effet, pour créer le ciel et la terre, il a fallu une puissance infinie ; car créer, c’est faire quelque chose de rien.
Les hommes'peuvent travailler sur la matière, mais ils ne peuvent pas créer seulement un grain de sable.
Or, Dieu n’a pas créé un grain! de sable, mais l’univers entier : /a terre, qui est une énorme boule de plus de dix mille lieues de circonférence ; le soleil, qui est un million de fois plus gros que la terre ; les étoiles, dont chacune est plus grosse que le soleil...
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AGATHE.—Que dis-tu là ? Le soleil plus gros que la terre, alors qu'il ne paraît pas plus gros que ma tête ? Les étoiles, qui se touchent presque les unes les autres, ne brillent que comme de petits lampions !
MARIE.—Pauvre enfant ! Tu sais bien que lorsqu'un objet est éloigné de nous, il paraît plus petit qu'il n’est réellement ; et même, s’il est très éloigné, on ne l'aperçoit pas du tout.
Eh bien ! il y a des étoiles tellement éloignées qu'il faut pour les voir ‘de grosses lunettes ; celles que nous remarquons à l’œil nu nous paraissent si petites, à cause de leur incommensurable éloignement. Sais-tu, par exemple, à quelle distance de nous se trouve le soleil ?
AGATHE.—Pas du tout ! Je ne sais si quelqu'un a pu la:mesurer, ou si on est monté en ballon...
MaRie.—Ce n’est pas en ballon qu'on peut monter au soleil, qui est tout en feu ; mais, supposons qu'on put:y arriver. Sais-tu le temps qu'il faudrait à un ballon qui ferait dix lieues par jour ? Il ne lui faudrait pas moins de dix mille ans ; et, pour 'arriver aux étoiles les plus proches, il faudrait plus de cent mille ans.
Je ne puis t’expliquer aujourd'hui comment les savants, qu’on appelle astronomes, ont pu calculer ces distances, par:le moyen de la lumière ; mais, tu peux croire comme certain ce que je te dis...
AGATHE.—Comme cela donne une grande idée de la puissance: de Dieu, qui a créé et arrangé toutes ces grandes choses ! Que Dieu est grand et qu'il mérite bien nos hommages et nos adorations !
LouIsE.—C’est d'autant: plus juste que Dieu a fait l'univers par pure bonté ; car Dieu est infiniment
Bon et bienfaisant. C’est pourquoi, il est ordinairement appelé le bon Dieu.:
ANNE.—(Comment se fait-il donc que Dieu, qui est infiniment bon, menace et punisse d’un enfer éternel ceux qui meurent en péché mortel ?
LouIsE.—C’est précisément parce qu’il est bon, que Dieu nous menace de si terribles châtiments, afin de nous faire éviter le:mal par crainte, si nous ne l'évitons pas par amour ; ainsi doit agir un bon père, qui menace et punit un‘enfant indocile, pour le corriger et le retenir dans le devoir.
CLAIRE.—I1 ne faut point oublier que si Dieu est infiniment bon, il est infiniment juste ; par conséquent, il ne peut laisser la vertu'sans récompense ni le vice sans punition. Il récompense d’une manière admirable, il punit d’une manière terrible, comme Dieu seul peut le faire.
LuciE.—-Tl semble pourtant que l’enfer, pendant l'éternité, est une punition bien sévère ?
CLAIRE.—Sans doute : néanmoins sois assurée qu'elle n’est pas plus sévère qu’il ne convient ; car Dieu, étant infiniment juste, récompense les élus et punit les damnés selon:le degré de leur mérite ou de leur démérite.
Rose.—La rigueur des peines éternelles me fait comprendre mieux que toute autre considération la grande malice du péché mortel ; je veux désormais l’éviter et le détester.
Louise.—Oui, détestons le péché ; car Dieu l’a en horreur. “Saint, Saint, Saint est le Seigneur,” chantent les Anges dans le ciel.
Personne ne peut entrer :dans le Paradis, s’il n’est pur de tout péché, ou s’il n’a fait disparaître par la
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pénitence les moindres traces de ceux' qu’il a commis !
CLAIRE.—En effet, Dieu est infiniment saint ; et il veut que nous soyons saints.
AGATHE.—Je ne comprends pas ce que signifient ces mots : Dieu est infiniment Saint. Cela veut-il dire:qu’il n’a jamais commis de péché ?
CLAIRE.—Cela signifie que Dieu, non seulement n'a pas commis de péché, mais que, de sa nature, il agit toujours d’une manière ‘conforme à ses perfections infinies. Il n’y a pas, au-dessus de Dieu, de loi à laquelle il doive conformer sa volonté ; la Sainteté de Dieu c’est Dieu lui-même, faisant tout pour sa propre gloire, voulant que toutes les créatures le glorifient, en atteignant la fin pour laquelle il les a créées.
Lorsqu'une créature s’écarte de sa fin, Dieu ne peut que la réprouver et la châtier, au nom de son infinie Sainteté.
LuciE.—-Il faut être saint pour entrer dans le ciel ; mais, lorsqu'on a:eu le malheur de pécher, ne peut-on pas espérer de pardon ? Dieu n'est-il pas miséricordieux ? |
Rose.—Ah ! oui; Dieu, infiniment juste, infiniment saint, est encore infiniment miséricordieux.
Depuis le péché d'Adam, Dieu n’a cessé de témoigner aux hommes son infinie miséricorde. I] aime à être appelé de ce doux nom : “ Le Seigneur compatissant et miséricordieux.”?
Lucte.—La miséricorde de Dieu, qui'a pitié des pauvres pécheurs et est toujours disposé à pardonner tous les péchés, quels qu'ils soient, voilà la perfection de Dieu que je trouve la plus belle.
Dieu, c’est le bon Pasteur qui cherche ses brebis égarées ; Dieu c’est le père miséricordieux de l’en-
fant prodigue. Voulez-vous, pour terminer ce long chapitre, que je vous raconte la parabole de Jésus- Christ sur l’enfant prodigue ?
Tl'oures.—Volontiers, elle est si belle !
“Lucre.—Un homme avait deux fils ; or, le plus jeune dit à son père : “ Mon père, donnez-moi la portion de bien‘qui doit me revenir.” Et le père fit le partage de son bien.
Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant réuni tout son avoir, partit pour un pays lointain ; et là il dissipa sa fortune:en une vie débauchée.
Après qu'il eut tout consommé, survint une grande famine dans ce pays ; et il commença à manquer de tout. Alors, il alla se mettre au service d’un habitant de cet endroit, qui l’envoya à sa ferme pour y garder des pourceaux.
Et, afin d’assouvir sa faim, il convoitait les rebuts
que mangeaient les pourceaux, mais personne ne lui en donnait.
Rentrant enfin ‘en lui-même, il dit : “Que de domestiques, dans la maison de mon père, ont du pain en abondance ; et moi ici je péris de faim ! Je me lèverai, et j'irai vers mon père, et je lui'dirai : Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre vous ; je ne suis plus digne d’être appelé votre fils ; traitez-rmvi comme un de vos serviteurs.
Et se levant, il vint vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut ; et, touché de compassion, il accourut, se jeta à son cou et l’embrassa.
Alors le fils lui dit : “Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre vous : je ne suis plus digne d’être appelé votre enfant.”
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Mais le père dit à ses serviteurs : “ Vite, apportez la plus belle tunique, et revêtez-l’en : mettez-lui un anneau au doigt et des chaussures aux pieds. Amenez aussi le veau gras et tuez-le ; mangeons et réjouissons-nous ; Car mon fils que voilà était mort, et il revit ; il était perdu, et il est retrouvé.”
Ils commencèrent alors un grand festin.
Or le fils aîné était dans les champs ; et comme il revenait et approchait de la maison, il entendit la musique et la danse.
Il appela un des serviteurs et demanda ce que c'était. Celui-ci lui dit : “ Votre frère est revenu, et votre père a tué le veau gras, parce qu’il l’a recouvré sain et sauf.”
Le frère aîné fut indigné et ne voulait pas entrer. Le père étant sorti se mit à le prier ; maïs, répondant à son père, l’aîné dit : “ Voilà tant d’années que je vous sers ; et jamais je n’ai transgressé vos ordres ; or jamais vous ne m'avez donné un chevreau pour faire bonne chère avec mes amis ; mais dès que cet autre fils, qui a dévoré son patrimoine avec des courtisanes, est revenu, vous avez tué pour lui le veau gras.”
Le père lui dit : % Vous, mon fils, vous êtes toujours avec moi, et tout ce qui est à moi, est à vous. Mais il fallait faire un festin et se réjouir, parce que votre frère que voici était mort, et il revit : il était perdu, et il est retrouvé.”
ANNE.—Oh ! la touchante histoire ! Comme elle nous montre bien la miséricorde de Dieu, notre Père céleste ! Ne soyons jamais des enfants prodigues !
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