‹ Diane de Chivri drame en cinq actesChapitre 10 sur 49 · M- DE KERMIC, MARTHE, DIANE · texte numérisé non relu

M- DE KERMIC, MARTHE, DIANE

DIANE DE Cllll.UI.

di tes qu'on voit de si loin, écoutant les vogues murmures du vent, les cri* de» bergers qui passent, cherchant dans l’air un son de cette voit que j’ai tant émulée, pleurant de ne rien entendre, me penchant J» celte fenêtre pour qu'il me vil, moi qui ne puis le voir, et ne comptant que le bruit des heures qui ine disaient qu’il ne venait pas.

dk kbrmic. Hélas 1 n'cst-ce pas ainsi tous les jour»?

ni ANS, nwe désespoir. Oui, ma mère, j’ai dormi comme je teille ; je l'ai attendu.

*•" i>B kbruic. Diane, espère encore, mon enfant, espère.

nu»*, te levant. Et que puis-je espérer, depuis un an qu'il a fui l'asile que nous lui avions donné, depuis celte affreuse nuit où, pour la seconde fois, je le sautai de In mort, depuis celte nuit honteuse, où, pour prude son salut, il me laissait' déshonneur?... Rien. pas un souvenir de lui, aucune nouvelle. .

«*»» nt a tn me. Pauvre Diane!

Dit»*, virement. Aucune, n'est-cc pas?

M m " dr k pii uk'. Aucune ... mais tu sais que. condamné à mort, il a été obligé de se réfugier en Angleterre.

punk. Mais autrefois, mon père aussi, sauve par ma mère et proscrit comme Léonard Asthun. . moo père aussi s’est réfugié en Anglcttrie, et il voua écrivait... il n'a donc pas voulu écrire..,?

u*'* dk KRnucc. Oublies-lu qu'il y avait entre vous un secret qui t'appartenait encore plus qu'à lui, et qu'il m pOUTljt le confier à des lettres que tu n'aurais pu lire...

t»» tut k eh vie, û Marthe. Marthe, dès tiue V.Vci:cn sera revenu de .Nantes, tu ramèneras iei. iisrthb. Oui, madame, a*" ne KKftmc. Quelle heure est-il?

munir. Di» heures.

de kbruic. La nuit est bien noire et doit rendre les chemins difficiles. Il np sera peut-être pas ici avant minuit... cela serait fichcus.

nartur. Madame attend donc des nouvelles bien importantes ?

k"* dk KtRMic. Oui, bien importantes! il fau- ;

dra donc que tu veilles jusque-là! , DURE. .Mais lorsque vous avei surpris ce secret

r va nu. El vous veillerez aussi, faible cl ma- ! j m»" désespoir, vous lui avez écrit, vous... il lade canne vous êtes ? »'• «tonc P** voulu vous répondre?

u"* ru Kcnmc, fui mentrant Diane. Ce n'est I M"* m: ue«u:c Mes lettres ont pu s'égarer ; car pu moi qui suis la plus malade, ma bonne Marthe! | il m’a fallu lui écrire au hasard, sans savoir où il MiRitie. Ah ! oui... la pauvre enfant! depuis I était, uu in elle est bien changée! Cé n'est plus notre ! mark. .Mais il se cache donc bien, ou vous ne jeune bonne maîtresse si heureuse et si gaie au- l’avez guère cherché ? irefois: maintenant elle est devenue triste et si - 1 m KBWMIC Diane!

u : J"' me ÏHEÏ'JÏrîSijK »■««• Cu «Olin CM jour, L, 11, que .cl,

' i 2 Lu 7 d h,. .ïï ,l£ i > 0 U|« »C lire .numlcn.m, Il, disent le, mo.iidr. .

: «Ci.™ d'homme, don. I. non, c.l ob.rur i eii.e Z '! 1 “" ,llr de celui de Leone, d A.lhon. Hier, il, innocence,

« «Ile attend,,, quelqu un ! ,, „ prince d’un pcHeril, et ce

« a * db kerviic, ù part. Ab ! fasse lo ciel qu'il proscrit n'était qu'un pauvre paysan vendéen; vienne, celui-là I .Haut.) Dis- moi. .Martial est-il j l’autre jour ils racontaient la fuite d’un cou-

| damné, et ce condamné était un des soldats de ■surir. (lui, madame; il est allé, d’après vos Léonard Aslbon. Ils parlent de tous excepté de lui. désirs, « I* létc que donne le nouveau proprié- 3!a mère, je vous crois, car je ne puis voir dan» taire du château de monsieur do Furières. Il nej ce silence... mais une heure de clarté, une heure, rentrera sans doute que fort tard dans la nuit. 1 et je saurai qui me trompe.

H* 1 * DR KRRMtc, à part. Je l'espère. {Après t‘drr j „■« DE kbruic. Ma fille I frrr/. Ce (Test qu’a des boinni"* qui pourront la ... . . ., »

'cn r , r que j e dois dire ce fatal seeîet/si ma der- »“"»*. *• » € » ,,c moi - n . mêh < l ue - thon

Bière espérance est trahie... i •** dédaignai! de tue parler, je ne te saurais pu... , vALÉRttx Oui, madame, je l’ai vu

^ il verrait mes pleurs, il me regarderait en riant vanmi». amh, uwuami:, je i ai vu.

■ mm. Madame, la voilà qui s’éveille. i peut-être, et moi, je pleurerai» toujours. . je ne » mr DE kf.iiuic. Et la lettre que je rai remise

■ lw i>E KF.Huic, ricement. Laisse-nous, etii’ou- pourrais pas même me tuer... je ne le verrais pour lui? blte pas de m’envoyer Valérie». ! pas ! 1 ’ Valérie*. Il a refusé de la recevoir.

«“♦ de K RAM ic. Diane I chaise ces horribles don- , DE kp.rmic. Refusé de la recevoir 1 (i part. J SCENE II. ! us "‘ peux-tu me soupçonner? Ah! c'est le derme'* outrage! Ah! malheur à loi.

I Diane. Mais enfin, osez médire toute ta vérité .. ! léonard Aslbon, malheur à loi!

DIANE, M*» DE KERMIC. Est-il mon ?

' «"* dr kermic- Il vit, je le le jure.

traverse. C’est le pasjl’un homme, c’est celui de Valérien; on me trompe, il est entré là.

m** oe kermic. Diane, voilà qu’il se fait tard ,* n’oublie pas combien le repos, même sans sommeil, ' est nécessaire à ta santé.

dianr, A part. C’est cela, ell| veut m'éloigner, nx kermic. Ne penses-tu pas à le retirer chez toi ?

DTA» R. Oui, oni, ma mère! je vais rentrer dan» ma chambre. {A part.) Valérien est là ; mais je veux tn’etl assurer; ear il parlera lui. peut-être, f Haut.) Bonsoir, ma mère! bonsoir!

vt m * r.E kfrviic. Bonsoir, Diane... bonsoir! ne t'effraie pas si tu entends reite nuit le bruit d’une voiture; lu sais que .Martial est allé à la fête, et qu’il rentrera tard au château.

pianb. Je lésais. (.1 part.) Et je sais aussi que c’cst malgré lui qu’il m’a quittée! Oh! je saurai tout! i Elle va au fond, et revient du râle’ de F endroit où est entré Valérien ; madame de Kermic la suit des yeux et lève les mains au ciel.)

M“ 8 db ki r.vnc, Diane, tu te (rompe*.

diane. Ali! c*e»t que .. e’est que .Marthe n’est pas là pour me conduire.

u» r dk krrviiC, appelant. Marthe! Marthe!

uiRTHR, entrant du tâté opposé. Madame?

pi.vxk, à port. J'cr. étais «dre, on me trompe: Hle n’était pas la ; c'est bien Valérien.

“* de kermic. Conduisez Diane dans sa eham lire.

DM.vr, à part. Ab! je reviendrai. Elle sort avec Marthe.)

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