‹ Diane de Chivri drame en cinq actesChapitre 29 sur 49 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

LASCY, LÉONARD, rentrant par la porte du fond à droite.

Léonard, s'asseyant. Tu avais raison, Lascy ; celle affaire cache un homble mystère.

i.ascv. Et cependant, quand j'y peoae, tu avais raison aussi... Après l'insulte qu’on l'avait foite, il nly avait pas d'otpliealion à demander.,. Il fa|. lait se battre.

Léonard, réfléchissant. Deux frères qui s’entendent pour me provoquer!,., deux frères!... et lorsque celui qui m’a insulté tombe frappé do mort, l'autre prend sa place, cl m'attaque à sou tour.

l*sct. Oui, aussi froid, aussi résolu que s'il n’avait pas vu tomber son frère.

Léonard. Ah ! je n’avais pas compris le geste terrible avec lequel il nous a imposé silence quand il a saisi son épée... Mais quand j'ai vu s'avancer vers nous cette pâle figure de vieillard, qui, le* mains levée* vers le ciel, semblait le piier et mu

maudire, j'ai senti comme un rflnorii... etj’ali hr* ii* a accepter rc «'•rond combat ; mai» l'in- SCnsé m a frappe au ti-age du pial de WD épée : je n'ai plu» rien vu alors querel homme. je uie guis détendu en aveugle comme il m'attaquait... j'avais suif de son eoinuie lui du mien-., cl je ne inc suis réveille de ce funeste délire que lorsqu'il est tombé eu appelant son pere... car c’était leur père qui était là.

la si: y. Oui, leur père.

léonard. Un père qui assiste au duel de ses (ils !... mais c'est horrible !

lascy. Et rien ne t’eiplique cet acharnement fatal? ... car c’était une haine profonde que celle qui poussait ce père, ces deut fils, et jusqu'à ce faible enfant...

i. ko y» ar>. Oui, jusqu'à ce faible enfant, qui, arrivé tout haletant sur ce champ de bataille, a rania*»é pour la troisième fois cette épée inutile à ses deui frères, et qui me criait dan» le transport de ta douleur : A moi* à moi! a moi!... je suis un Chiiri aussi!... je suis le dernier frère de Diane. Le dernier frère de Diane ! lu l’a» entendu, LsiCJ ?

user. Oui: et ce qui m’a surtout frappé, rc sont les parole» solennelles de ce malheureux vieillard. lorsqu II a entraîné son dernier (ils, cc brave et généreux enfant : tiens... viens, lui a-i-il dit : il nous a jeté la honte... c’est la bonté que je lui rendrai.

léonard. La honte, à moi’ la honte!... Et pour quel aime... pour quelle lâcheté ?

lasc y. l’uur uu crime ou pour une lâcheté. . non... Mais dans no» folies d’ofiieiro, nous avau» plus d’une lois, pour un bon mol, joué la réputa tion de plus d une belle dame... El un propos inconsidéré sur quelque femme de la famille de M. de Chivii...

léonard. Jamais... jamais:... car c'est un jeu où l'on perd a la fois son honneur et celui des autre» . mais d'aille«rt. il y a une heure, je ne connaissais m M.de Chivri, ni ses fils, ni sa fille, s'il en a une.

laSCT. J'aperçois Vigneu! ; il a dû interroger l'un des bfliéicrs qui servaient de témoin» a MM. de Chtfri: il saura quelque chose. ( Viyncul tntn.)

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