SCENE VI
VALERIEN, seul. i
Non, je n'irai pas; car je crois qu'il est temps que je m'en aille tout-à-fait, mais par un autre ?hemin ; ce que je croyais il y a quinze mois une ruse sans conséquence pour faire échapper M. de Furières à ses créanciers est devenu une affaire sérieuse, à ce que je vois. Depuis un an qu'il a quitté le château, voilà dix lettres que M""^ la marquise me charge de mettre à la poste pour ceiui qu'elle a sauvé; et, comme de juste, elles sont adressées à M. Léonard Asthon. Quant à moi, qui pensais bien qu'elle lui parlait des deux mois de séjour qu'il est censé avoir fait dans le pavillon, et qui savais que les réponses du véritable Léonard Asthon eussent dévoilé le mystère, et m'eussent fait chasser, j'ai tout bonnement jeté les lettres au feu, et M. Asthon a passé pour un ingrat qui avait oublié le service qu'il a reçu • d'ailleurs, je n'avais pas à redouter une explication tant que le véritable Asthon était à l'étranger; Mais voilà qu'il est revenu pour faire purger sa contumace en France, à Nantes, à quelques lieues de ce château. J'aurais dû partir alors; mais I M^e de Kermic me promit une très-belle récom- !
pense si je pouvais lui faire parvenir une lettre dans sa prison. Cette récompense, je l'ai reçue, mais je ne l'ai pas gagnée: et cette lettre a été rejoindre les autres Enfin elle m'en a remis une ce matin, en me disant que ce serait la dernière ; il m'a bien fallu dire que j'avais vu M. Asthon, puisqu'il est libre maintenant ; mais cela tournera-t-il comme je l'espérais? l'arrivée de M. de Chivri et de ses fils, la tristesse de M''^ Diane, l'ordre que j'ai reçu de ne jamais lui parler des lettres que j'ai portées; il y a eu quelque chose de plus que je ne crois dans tout ceci, et quoique je ne sois pas probablement le plus coupable, je serais le plus puni! Il est donc prudent de fuir, et de fuir au plus vite.
Diane entr'ouvre la porte à gauche de l'acteur v\Avv\v\Avv\^'V\w\w\\'ww\w\'v^\v^■\w\.vv\'VV\w■w\\w*\ww^/^