‹ Diane de ChivriChapitre 22 sur 57 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

DIANE, IVURTIAL.

MARTIAL, entrant.

Ma foi, en voilà assez pour une nuit des bals de province... (Apercevant sa sœur.) Diane I DIANE.

C'est Martial 1 (Elle va vers lui.) Martial, mon firère, mon ami, veux-tu me sauver ?

MARTIAL

Diane, qu'as-tu?... quel désordre!... Tu as pleuré, tu pleures!...

DIANE

Ce n'est rien; tu m'aimes, n'est-ce pas? (Le faisant passer à la table.) Wi bien, vicBS, viens...

prends ces journaux, et lis-moi ce qu'ils contiennent.

Elle prend les journaux et les lui présente. MARTIAL.

Ces journaux 1 ces journaux!... mais en quoi peuvent-ils t'inléresser ?... dis-moi plutôt ce qui te cause le désespoir où je le vois.

DIANE

Te le dire... mais tu me tromperas aussi, Martial: écoute-moi. Maniai, ne m'abandonne pas...

AIARTIAL.

Jamais!

DIANE

Eh bien I si tu ne veux pas que je devienne folle, lis-moi ces journaux.

MARTIAL, a part.

Il faut la satisfaire. {Haut.) Tu le veux? soit !

DIANE

Eh bien, je t'écoute.

MARTIAL

Pauvre Diane i ,

DIANE

Mais je t'écoute.

MARTIAL, lisanc.

« Nouvelles d'Afrique... »

DIANE

S>f?»n, ce n'est pas cela ; en France ! en France î

■- — MARTIAL

«Paris... »

DIANE

Paris I

MARTIAL

« Hier il y a eu bal à la cour... »

Bal I... Mais ce n'est pas cela, cherche donc ailleurs.

MARTIAL

Mais je ne puis trouver.

DIANE

Tune peux trouver... tu y vois cependant: à quoi te sert donc le jour, mon Dieu?... Ah! ma raison, ma raison s'en va.

MARTIAL, à pan.

Elle m'épouvante!... [Haut.) Eh bien, Diane, voyons, calme-toi!... dis-moi ce que tu veux savoir, je le trouverai, je te le promets.

DIANE

Tu me le diras ! tu me le diras, n'est-ce pas?

MARTIAL

Oui, je te le jure.

DIANE

Eh bien, dans ces journaux, on a parlé d'un proscrit, d'un condamné, qui est venu se constituer prisonnier.

MARTIAL

De beaucoup.

DIANE

Mais je ne te parle que d'un seul.

MARTIAL

Lequel ?

DIANE

Cet homme que tu hais ; eh bien, Léonard Asthon !

MARTIAL

Léonard Asthon, comme tous les autres, il a été acquitté.

DIANE

Acquitté !

MARTIAL

Depuis huit jours, à Nantes, à quelques lieues d'ici...

DIANE

Acquitté!... depuis huit jours à Nantes, et il n'est pas venu... Et ma mère se tait ; et Valérien me fuit... Ah 1 malheureuse ! malheureuse!

MARTIAL

Diane, qu'as-tu donc ?

DIANE, saisissant la main de Martial, et avec une résolution exaltée.

M'aimes-tu ?

MARTIAL

En peux-tu douter ?

DIANE

Il faut que tu me conduises à Nantes.

MARTIAL

Toi!

Il y va de ma vie !

MARTIAL

Mais...

DIANE

De ma vie, et de mon honneur peut-être I

MARTIAL

Grand Dieu !

DIANE

Ta voiture est encore prête î

MARTIAL

Sans doute !

DIANE

Eh bien 1 qu'elle nous attende.

MARTIAL

Diane, je ne puis consentir sans savoir...

DIANE

Tù le sauras.

M^e DE KERMic, en dehors, M. Martial est rentré ?

UN DOMESTIQUE, de même.

Oui, madame, il est dans le salon.

Ohl c'est notre mère! Tais-to;,^ <,„ g g^j^ due ! i V

Perdue !

MARTIAL

DIANE

] Oh ! va faire c«» que je te demande ; attends-moi chez toi; alors, je te dirai tout, et tu décideras s'il I faut que je meure.

MARTIAL, à part.

j Ah! ne la perdons pas de vue ; car il y a un ter 1 rible mystère dans ce désespoir.

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