‹ Diane de ChivriChapitre 30 sur 57 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

LÉONARD LASCY, VIGNEUL, avec les épées, et LES JEUNES Gens.

Oh! merci, mon Dieu, de m'avoir rendu assez maître de moi-même pour que je n'aie pas

étendu mort à mes pieds le misérable qui m'a insulté !

LASCY

Il ne perdra rien pour attendre, sans doute ; mais tu nous diras sans doute le motif de cette insulte.

LÉONARD

Le motif de cette insulte!... Eh ! mon Dieu I Vigneul te le disait tout-à-l'heure; ils viennent réformer mon arrêt. Ah .' c'est le leur qu'ils ont prononcé.

LASCY

Non ; ce n'est pas une querelle politique, ils m'auraient accepté pour second; c'est une querelle personnelle, ce Philippe l'a dit.

LÉONARD

Personnelle ou non, il faut que je tue ces deux hommes, il le faut!

LASCY

Et c'est trop juste; mais enfln, l'un de nous pourrait aller s'informer des motifs d'une pareille insulte. Quand on tue un homme, encore faut-il savoir pourquoi.

LÉONARD

Pourquoi ? {Il montre sa boutonnière.) Ahl je ne les connais ni l'un ni l'autre, Lascy; j'ignore si, sans le savoir, je les ai blessés dans leur fortune ou leur réputation ; je ne sais pas davantage s'ils sont de ceux qui prétendent réformer par leur épée le jugement qui m'acquitte; mais j'aurais déshonoré leur mère ou leur sœur, j'aurais, dan? la guerre d'où nous sortons, porté la mort dans leur famille, qu'après un pareil outrage, je les tuerais, vois-tu, sans remords, sans pitié. Vigneul et toi, vous allez m'accompagner.

VIGNEUL

Nous sommes prêts.

LÉONARD, aux autres.

Messieurs, je ne croyais pas que notre réunion serait troublée d'une manière si fatale; je croyais avoir tout fait pour prévenir un semblable malheur; des misérables ont voulu engager une lutte nouvelle, cette lutte, je l'accepte contre eux; je l'accepterai contre tous nos ennemis s'il le faut. Adieu , messieurs , quelle que soit l'issue de ce combat, une fête ne saurait le suivre. {Ils sortent à droite de l'acteur; au dowes.'j^ue.) Louis, dites que l'on fasse rentrer le chevaax, [Aux umoins.) Messieurs, à la fontaine du bois,

lis sortent du côté opposé.

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