MARTIAL, M. DE CHIVRI, M. DELAUNAY
DELAUNAY, bas à Martial.
J'espérais vous parler seul.
M. DE CHIVRI.
Monsieur, je puis entendre ce que vous avez à dire.
DELAUNAY
Monsieur le comte , j'aurais voulu vous épargner la douleur d'entendre les détails dont je venais faire part à M. votre fils.
M. DE CHIVRI.
Parlez, monsieur, parlez I
DELAUNAY
Veuillez m'excuser, monsieur... mais...
M. DE CHIVRI, vivement.
Ce n'est pas un secret entre vous, je suppose.
DELAUNAY
Hélas ! non, monsieur; mais je ne me sens pas la force de dire...
M. DE CHIVRI.
Ah ! prenez garde !... ce n'est pas vous qui devriez manquer de courage.
DELAUNAY
Eh bien , monsieur, nous avons dû, après le combat, faire transporteries corps de vos... M. DE CHIVRI, pleurant.
0 mon Dieu!... mon Dieu!...
DELAUNAY
Mais tout cela est inutile... et...
M. DE CHIVRI, se remettant.
Continuez, monsieur, continuez.
DELAUNAY
Ils sont demeurés dans la chaumière où ils ont été transportés. L'autorité, avertie de ce déplorable événement, s'est présentée...
M. DE cuirs*, v' «
1,'autorilét
MAGASIIN THEATRAL.
DELACNAV.
Oui, monsieur, et elle a ordonné qu'ils seraient iobumés sur le territoire de la commune où le combat a eu lieu.
M. DE CHIYBI.
Je vous remercie, monsieur, des tristes soins que vous avez pris... Mais pourquoi... pourquoi celle inhumation ne peut-elle avoir lieu dans la ville de Nantes même ?
DELACWAY.
Monsieur le comte, tous les hommes honorables partagent votre affliction; mais les magistrats ont craint qu'un si funèbre cortège, traversant les rues d'une ville où tant de passions murmurent encore, n'excitât contre l'auteur de vos malheurs, et peut-ôtre contre tous ceux de son parti, un soulèvement qui pourrait amener les plus coupables excès.
H. DE CHIYBI.
On aurait raison, monsieur, si l'on considérait comme un duel politique le combat où mes ûls ont succombé... Mais j'espère que demain la ville de Nantes saura combien leur conduite a été sainte et légitime... En attendant, permettez-moi de vous demander un nouveau service.
DELACMÂT.
Disposez de moi, monsieur. Je suis à vos oi^ Jres ; j'ai été l'ami, le camarade de Georges.
M. DE CHIYRI.
Merci, monsieur. Veuillez attendre un moment. {A Martial.) Maintenant, mon fils, à notre d©- Yoirl...
Qu'allez-vous faire?
ai. DB CHITRI.
Venger tes frères 1... il est temps.
Il t^assied et écrit.
MARTIAL, amenant Delaunay de l'autre côté de la scène.
Monsieur, rendez-moi un service aussi à moi ?
DEL ADN AT.
Lequel 7
MARTIAL
Demandez à mon père que je vous accompagne...
DELAUNAY
Vous roulez quitter votre père, monsieur?
MARTIAL
Il le faut... je le dois.
DELAUNAY
Vous voulez, n'est-ce pas, vous rendre chez M. AsthonT
MARTIAL
Non, monsieur, non, cela ne m'est plus permis... J'ai juré sur l'honneur à mon père de ne pas provoquer un nouveau combat!... Le devoir que j'ai à remplir est plus douloureux que vous ne pouvez le supposer.
DBLADNAT.
Je ne veux savoir qu'une chose. Vous ne sorta pas pour vous battre ?
MARTIAL
Non, je vous le jure.
DELAUNAV.
Alors, j'essaierai.
M. DE CHIYRI, se levant avec la lettre.
Soyez assez bon, monsieur, pour vouloir bien aller porter vous-même cette lettre à M. le procureur du roi. En lui donnant avis de l'accusation que je dois porter, je ne lui ai peut-être pas suffisamment expliqué ce qui m'empêche de me rendre chez lui, comme je le devrais... mais, quand vous lui aurez dit la vérité, quand vous lui aurez dit que c'est un père au désespoir, il comprendra que je ne puis sortir, et voudra bien venir près de moi.
DELAUNAY
Je n'en doute pas, monsieur... Mais ne pensezvous pas que si monsieur votre fils m'accompagnait...?
M. DE CHIYRI, allant vivement à Martial. Lui, me quitter, monsieur I... luil non, monsieur, non!...
MARTIAL
Mais, mon père!...
M. DE CHIYRI, avec tristesse et reprocha. Martial!... ô Martial!...
Je reste, mon père... je reste!
DELAUNAY
Je me retire...
Il salue et sort.
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