SCENE PREMIERE
LE PRÉSIDENT, LÉONARD, LE PROCU- REUR DU ROI, LES JUGES, LES JURÉS, UN HUISSIER.
LE PRÉSIDENT
Messieurs, nous venons d'entendre les dépositions de messieurs de Lascy et de Vigneul ; mais nous voudrions savoir quelles conséquences l'accusé prétend en tirer, car ces dépositions sont entièrement étrangères à l'affaire qui nous occupe.
Elles prouvent que j'ai été insulté chez moi, par messieurs de Chivri, sans provocation de ma part, sans explication de la leur; elles prouvent que j'ai été forcé d'accepter un combat dont j'ignorais le motif.
LE PRESIDENT
Vous prétendez que vous l'ignoriez î
LÉONARD
J'espère le prouver ; car dans ce malheureux duel, messieurs, c'est moi qui demandais une réparation, je ne la donnais pas.
LE PRÉSIDENT
Vous aurez à justifier cette prétention , et maintenant, écoutez-moi : on va appeler les témoins qui doivent déposer contre vous ; avant cette solennelle épreuve, je dois vous demander encore si vous persistez dans votre refus de répondre aux questions que je vous ai adressées?
LÉONARD
J'y persiste.
LE PRÉSIDENT
Durant l'instruction de cette affaire, vousar^i
toujours refusé toute explicatioi^ en disant que TOUS vous justifieriez devant vos juges; vous êtes en leur présence, il est temps de parier.
LÉOXARD.
Pas encore, monsieur le président.
tE PRÉSIDENT.
Songez que ce silence obstiné peut être facilement interprété contre vous.
LÉONARD
Je le sais.
LE PROCUREUR DU ROI, avec douceur.
N'oubliez pas non plus qu'il peut nous autoriser à demander le renvoi de cette cause à une autre session.
LÉONARD
Cela ne serait pas juste, monsieur; j'attends que toutes les accusations soient portées contre moi pour y répondre ; et peut-être, après l'audition des témoins et les explications que je m'engage à doqner, trouverez-vous que ma conduite a été ce qu'elle devait être.
LE PRÉSIDENT
Il suffit I qu'on appelle M. de Chivri.
V Un huissier sort,
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